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L’Olympique de Marseille peut enfin se targuer d’avoir un vrai entraîneur après une année de galère. Si le passage de Michel ne restera pas dans les mémoires, on se souviendra en revanche de celui de Franck Passi comme du dernier sous l’ère Louis-Dreyfus. L’OM a enfin un coach digne de ce nom sur le banc de touche. Avec Rudi Garcia, le club phocéen peut retrouver son rang rapidement. Si l’objectif final est de gagner la Ligue des Champions, l’OM made in USA devra d’abord régner en France. Avec Garcia, les supporters marseillais peuvent croire au retour du club ciel et blanc.

Le nouvel homme fort marseillais

Quand les supporters marseillais harcelaient Jacques-Henri Eyraud pour rapatrier Marcelo Bielsa, le nouveau président phocéen n’avait qu’une idée en tête pour plaire au nouveau propriétaire : faire signer Rudi Garcia. N’en déplaise aux plus pessimistes, l’ancien coach du LOSC a tous les attributs pour réussir à Marseille. Un palmarès, un doublé coupe de France  – Championnat en 2011 remporté avec la manière au nez et à la barbe de l’OM après un scénario rocambolesque… S’en suivra un podium malgré les départs de nombreux cadres et un jeu toujours aussi attrayant.

L’ancien adjoint de Robert Nouzaret à Saint-Etienne est également reconnu pour sa grande gueule.  Il n’hésitera pas à s’en prendre à l’arbitrage durant son passage à la Roma ou à provoquer la Juventus en conférence de presse. Une grande gueule qui lui a valu d’être catalogué par certains médias en Italie et par ses propres tifosi.

Concernant le terrain, Rudi Garcia est une référence en France, et son 4-3-3 a vendu du rêve au supporters du LOSC. Un milieu bagarreur mais assez technique pour sortir du lot et des ailiers d’exceptions auront fait la réputation du Sergent Garcia. Si en France il était vu comme un des meilleurs, en Italie il a rapidement été assimilé à la masse. Ne sortant pas du lot tactiquement, il ne laissera pas une grande emprunte dans le jeu du côté de la Roma malgré deux saisons historiques sur le plan comptable dont la meilleure saison de la Roma avec 85 points, derrière les 102 points extraordinaires de la Juventus. Le 4-3-3 de la Louve se reposait énormément sur les individualités au milieu, avec notamment Strootmann lors de ses six premiers mois, puis sur le niveau impressionnant de Pjanic et Nainggolan. Hormis Gervinho, aucun ailier ne s’est réellement imposé en tant que titulaire malgré les nombreux essais. Que ce soit Iturbe, Ibarbo, Iago Falqué, Florenzi ou Ljajic, personne ne s’est démarqué sur l’autre aile. Après une saison exceptionnelle avec une seconde place au compteur, la Roma a eu plus de mal ensuite, son jeu devenant plus prévisible. Garcia n’hésitera pas à délaisser son 4-3-3 en situation de crise pour un 4-2-3-1 censé solidifier une défense devenue de plus en plus friable. Un pragmatisme qui a plu notamment à Arrigo Sacchi qui n’hésitera pas à lui adresser quelques louanges au micro de Sky Sports.

Côté management, le Français aura laissé les supporters sur leur faim. Sa gestion des cas Ljajic et Destro a fait parler du coté du Stadio Olimpico quand celle du capitaine Totti était irréprochable. En effet, lors de son premier exercice à Rome, Mattia Destro finira meilleur buteur de la Roma sans en être un élément indispensable du XI romain. L’ancien attaquant de Sienne possédait un crédit limité auprès du mister, pareil pour le Serbe qui n’aura jamais eu le privilège d’enchaîner les matchs malgré l’absence de concurrence au poste. Si les avis sont partagés chez les supporters, c’est aussi le cas dans le vestiaire. Si De Rossi se disait fan des méthodes de Garcia et « remerciait Dieu chaque jour d’avoir un tel entraîneur au club », Morgan De Sanctis aura un discours moins mesuré. Après le licenciement de son entraîneur, il avouera préférer le management de Spalletti à celui du Français. Selon lui, il ne traitait pas tous les joueurs de la même façon. Une méthode qui a surpris en Italie mais qui est monnaie courante en France. Le passage du néo coach marseillais aura en tout cas marqué les joueurs malgré les crises et un jeu monotone ; un gagnant de la sorte à Rome, ça n’a pas de prix. A lui de faire pareil à Marseille.

Quel avenir pour Garcia à l’OM ?

Depuis jeudi, les supporters marseillais et Rudi Garcia marchent main dans la main, et quoi de mieux qu’un Classique pour débuter une histoire d’amour sur de bonnes bases. Lui qui a réussi à rester invaincu face à la Lazio avec trois victoires et deux matchs nuls, un bilan plus que positif face au rival historique. Ce n’est pas ce Classique qui dictera l’avenir de l’ancien romanista mais il lui permettra de rentrer dans les cœurs des supporters en cas de bonne performance.

Concernant l’avenir entre les deux parties, il devrait être radieux. En bon communiquant, l’ancien coach manceau s’est déjà mis les supporters dans sa poche avec l’anecdote de l’écharpe. Maintenant les actes sont attendus, en termes de jeu et de résultats notamment. L’objectif minimum est la 5ème place qui permettrait au club de jouer l’Europa League avant les grandes manœuvres estivales. Le mercato d’été marquera définitivement la nouvelle ère marseillaise. Une période durant laquelle le nouvel homme fort de l’OM aura son mot à dire, lui qui ne s’est pas fait remarquer par son flair en termes de recrutement à la Roma. Lorsqu’il était du côté du LOSC, il a permis au club de flairer des bons coups comme Joe Cole, Salomon Kalou ou les arrivées de Basa, Enyeama ou Gervinho entre autres. Mais à la Roma, ses choix ont laissé perplexe. Bastos, Vainqueur, Yanga-Mbiwa, Doumbia ont laissé les Tifosi sur leur faim. Seuls Keita et Gervinho ont réussi à se faire une place dans le cœur des Romanisti. Malgré ces quelques ratés, le nouveau board phocéen veut faire de l’ancien de la Louve une des pierres angulaires du projet OM Champions. A tel point que le nouveau coach a été convié aux réunions avec les potentiels directeurs sportifs. Que ce soit Campos ou Zubizaretta, l’entraîneur français a donné son ressenti sur les deux hommes. La preuve encore que JHR veut responsabiliser le coach phocéen rapidement et en faire un des hommes forts du club.

Concernant le terrain, l’objectif devrait être logiquement atteint par Garcia, et le plus intéressant sera la saison suivante. Si sa connaissance de la L1 n’est plus à démontrer, sa capacité à faire évoluer ses équipes en coupe d’Europe et notamment en Ligue des Champions fait douter. Sur ses 20 matchs en LdC, l’entraîneur français ne l’a emporté que trois fois pour 6 nuls et 11 défaites dont quelques gifles avec le LOSC et la Roma. Le fameux 6-1 à l’Allianz Arena avec le LOSC était presque logique, le 1-7 pris à domicile face au même Bavarois était indigne pour une équipe du niveau de la Roma. Pareil pour le 6-1 pris au Nou Camp. Rajoutez à ça les humiliations face au Bate Borisov avec le LOSC 3-1 au Stade Pierre Mauroy puis le 0-3 face à la Fiorentina en Europa League, et vous avez les résultats marquants de Garcia en coupe d’Europe. Aucun match référence pour l’ancien dijonnais, et ce paramètre pourrait faire peur aux Marseillais qui aimeraient retrouver l’Europe sans pour autant être humiliés comme sous Baup.

Que les supporters de l’OM ne s’inquiètent pas : le club est entre de bonnes mains. Le nouveau coach marseillais va disputer sa 14ème saison en tant qu’entraîneur principal et sa 7ème sur un banc de Ligue 1. Des chiffres flatteurs pour un coach qui n’a que 52 ans et qui a déjà un titre de champion et une expérience dans un très grand club Européen. Garcia reste relativement jeune et n’espère qu’une chose, pouvoir progresser en même temps que le projet OM Champions.

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