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Il y a quelques mois, la France se prenait une énorme claque à domicile devant des millions de personnes et devant le monde entier, qui lui rappelait que son heure n’était pas encore venue, et que la gloire allait se faire désirer pendant encore minimum deux ans. Cette claque, elle lui était infligée par le petit discret de la classe, le chétif au grand cœur, celui qui marche dans l’ombre par peur d’être aveuglé par la lumière du soleil s’il parvenait à l’atteindre. Elle lui était infligée par celui qui travaille sans relâche, sans jamais redouter la défaite, car il sait que la victoire n’en sera que plus belle et exaltante. Il sait surtout que dans la vie, on goûte plus souvent aux désillusions de la chute qu’aux joies du rebond. Ce petit-là, c’est le petit de Fernando Santos. Et ce petit-là, il a contaminé tout un pays de sa soif de succès. C’est pourquoi il est légitime en période de coupe d’Europe de se poser la question suivante : après l’Euro, et si nous visions l’Europe ?

Benfica, le triplé gagnant

Après les trois premiers matchs de cette phase aller, Benfica a réalisé le triplé parfait : une victoire, un nul, une défaite. Privés de leur meilleur buteur -si ce n’est de leur meilleur joueur- Jonas, les aigles ont entamé leur campagne européenne par un match mitigé, au cours duquel ils ont été condamnés à partager les points avec leur adversaire turc du jour. Ironie du sort, c’est Talisca, le joueur prêté par le club, qui s’est rappelé à leur bon souvenir en enroulant magistralement son coup-franc, comme il avait pu le faire face à Neuer il y a de ça une saison à peine. Pour Benfica, c’est l’intenable Cervi qui a encore frappé.
Pour la deuxième rencontre, c’est un déplacement au San Paolo qui attendait la team de Rui Vitoria. Un jeu agréable, des occasions multiples, mais un score sévère au final. Une victoire 4-2 de Naples qui venait déjà entamer les chances de qualifications de Benfica, même si ce n’était pas le match à gagner absolument. Côté buteurs : le jeune Guedes très en forme en ce début de saison, et l’habitué Eduardo Salvio.
Pour le dernier match, le club de Lisbonne se déplaçait du côté de Kiev, pour un match aussi tendu que froid de réalisme. Ederson, inquiété à multiples reprises par les actions adverses, a finalement réussi à garder le score vierge et à ramener un cleansheet à l’Estadio Da Luz. Le gardien adverse en revanche n’aura pas la même chance, se faisant crucifier sur pénalty par Salvio, puis par Cervi (encore lui), qui augmente donc son compteur réalisations.
Avec quatre points en trois matchs, Benfica pointe à la troisième place, à seulement deux points du leader, et devra accélérer si il veut apercevoir la phase finale de la plus prestigieuse des compétitions.

Sporting Portugal, pas si loin de l’exploit

Tel un microcosme de la vie, le football n’attribue pas les mêmes chances à tous. Il ne dote pas chaque équipe du même potentiel de réussite, comme la vie n’offre pas le même avenir à chaque individu. Le Sporting fait partie de cette classe handicapée dès le commencement. Placé dans la poule du Real Madrid de Ronaldo et du Dortmund de Tuchel, la tâche était plus que rude pour le groupe du magicien Jorge Jesus. Désireux de faire ses preuves au plus haut niveau, le moment était donc venu pour le tacticien portugais, et cela dès le match 1, celui du sacrifice. Confrontés aux merengues dans leur antre du Bernabeu, les chances des sportinguistas étaient plus que réduites. Cependant, la conjonction de la folie et du talent de Gelson Martins, révélé aux yeux du monde ce soir-là, et de la solidité défensive de l’équipe auront presque suffi à faire chavirer le bateau madrilène, vainqueur en fin de match grâce à deux buts tardifs de ses agitateurs offensifs CR7 et Morata. Côté Sporting, c’est Bruno Cesar qui avait ouvert le score.
La semaine suivante, il fallait déjà réagir à domicile face au Legia Varsovie pour ne pas anéantir toute chance de qualification, que ce soit en phase finale ou en Europa League. Et c’est avec brio que l’équipe a disputé la totalité du match. Un but de l’esthète Ruiz suivi d’une réalisation de l’ogre Dost, et l’affaire était réglée.
Malheureusement, ils n’ont pas connu pas la même réussite pour leur dernier match face au Borussia Dortmund. Une défaite imméritée deux buts à un comme face au Real Madrid, avec de nouveau un but de Bruno Cesar.
Tout comme le voisin lisboète, il faudra commencer fort la phase retour pour espérer doubler l’un des deux premiers de la classe.

Porto peut remercier sa jeunesse  

Après trois matchs de Ligue des Champions, Porto affiche le même nombre de points et le même parcours que Benfica. Dans un groupe largement à sa portée, le club de Nuno Espirito ne sait pas encore sur quel cheval miser. Entre le championnat et l’Europe, la ligne directrice n’est pas encore bien délimitée, en tout cas dans les résultats, ce qui amène à un bilan global partagé. Placé partout, premier nulle part.
Pour son premier match international de l’année, le FC Porto recevait Copenhague. Un réel piège au bout des quatre-vingt dix minutes, comme en atteste le nul final, malgré une bonne demi-heure en supériorité numérique. Un but d’Otavio suffira pour repartir aux vestiaires avec un point. Un début moyen, mais un début tout de même.
Pour la seconde rencontre, pas grand-chose à redire, à part peut-être le but de la bête noir Slimani, buteur avec le Sporting avant son départ, et de nouveau contre Porto avec Leicester. Une défaite un but à zéro au goût amer, et une obligation de résultat dans le plat pays.
La troisième et dernière rencontre aurait pu tourner au cauchemar en terres belges si le jeune André Silva n’avait pas frappé tardivement de son empreinte de serial-buteur. Encore menés en début de match, les Dragons se sont réveillés sur une frappe monumentale de Layun qui est venue se loger dans la lucarne du gardien de Bruges, notre cher Ludovic Butelle, après une contre-attaque d’école emmenée par Otavio.
En fin de match, c’est le jeune mexicain Corona qui est venu défier Claudemir et a obtenu un pénalty incontestable, par la suite transformé sans trembler par la vedette Silva. Encore une fois, Porto peut remercier ses jeunes qui lui auront sauvé la mise et les trois points sur ce troisième match. Il faudra faire le grand saut pour sortir de ce groupe plus qu’abordable et ne pas subir une énième désillusion.

P.S: Il n’est pas question dans cet épisode de Braga et de l’Europa League, car il ne concerne que la Ligue des Champions. Un épisode leur sera plus tard consacré.

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