0

En 2014 l’Allemagne était sacrée championne du monde, marquant la victoire de toute une génération dorée destinée à être couronnée et reconnue par tous. Aujourd’hui ces cadres voient arriver petit à petit des jeunes tout aussi talentueux qui pourraient potentiellement reprendre le flambeau après les départs progressifs de ceux qui ont écrit leurs noms en lettres d’or dans l’histoire du football allemand. Justement lorsqu’on regarde les noms de ces jeunes qui font leur trou plus ou moins rapidement dans leurs équipes respectives, on peut se dire que l’avenir peut être abordé relativement sereinement. Alors il est temps de faire un tour d’horizon pour savoir qui fera les beaux jours de la Mannschaft.

Le premier rempart de l’équipe 

Si on doit commencer par un poste c’est certainement celui de gardien. Qui va pouvoir passer après un géant tel que Manuel Neuer ? Et bien la réponse semble assez facile à trouver lorsque l’on se penche sur ce secteur car déjà il y a des joueurs tel que les grands ennemis M-A Ter Stegen et Bernd Leno pour assurer la relève, sans oublier Timo Horn. De ce fait il n’y a pas à s’inquiéter de la succession du capitaine de la Mannschaft puisque derrière, les jeunes sont également très talentueux et promis à un avenir brillant. Ce poste ne semble donc pas poser le moindre problème pour les hautes instances du football allemand qui savent déjà que l’avenir est assuré.

Passons au rempart suivant actuellement composé notamment de la charnière bavaroise qui est presque intouchable. Alors encore une fois on se demande comment il va être possible de passer après deux géants comme Jérôme Boateng -qui n’est autre que le meilleur défenseur du monde à ce jour- et Mats Hummels ? Et bien quand on se nomme Jonathan Tah ou Niklas Süle on se dit que cela n’est peut-être pas si compliqué. Respectivement au Bayer Leverkusen et au TSG Hoffenheim, les deux jeunes centraux montent en puissance petit à petit et s’affirment dans leur club malgré leurs jeunes âges.

Chaque weekend ils étalent leurs qualités aux yeux de tous sur les terrains de Bundesliga. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si l’un a remporté une médaille d’argent lors des derniers Jeux Olympiques et que l’autre a été convoqué par Joachim Löw pour l’Euro 2016 afin de palier au forfait d’Antonio Rüdiger. Les deux joueurs savent qu’ils sont dans les plans du sélectionneur et ceci est logique quand on y regarde de plus près. Tah est souvent comparé à J. Boateng dans son jeu : sa qualité de relance et sa façon de défendre debout sont excessivement semblables à celles du champion du monde. A tout juste 20 ans, le joueur du Werkself a, qui plus est, une grande marge de progression donc tous les voyants sont au vert pour le retrouver d’ici quelques années dans le 11 de départ allemand.

Pour ce qui est de N. Süle, la ressemblance se fait plus avec Mats Hummels puisque lui aussi est un adepte des longs ballons mielleux qui ont tendance à briser toutes les lignes possibles et imaginables. Mais ce n’est pas tout, physiquement le joueur de 21 ans est déjà impressionnant puisque du haut de son mètre quatre-vingt-quatorze il est difficile de le battre dans les airs, et ceci ne l’empêche pas d’être relativement rapide. Tout comme son compatriote il peut encore faire de grands progrès du fait de son jeune âge qui ne lui empêche pas de garder les pieds sur terre puisqu’il préfère grandir sous la houlette de Julian Nagelsmann plutôt que de se brûler les ailes au BVB ou à Liverpool qui voulaient s’en emparer l’été dernier.

Avec ceci, l’Allemagne devrait encore une fois être tranquille pour les années qui arrivent puisque le talent ne manque pas du côté des classes inférieures.

Latéral c’est un peu synonyme de bricolage

On peut ensuite se pencher sur le cas des latéraux qui se révèle être un point sensible pour l’Allemagne au même titre que les autres nations à vrai dire. En effet, depuis quelques années les bons ou très bon latéraux se font de plus en plus rares ce qui oblige souvent les entraîneurs à faire du bricolage. Ce n’est tout de même pas tout le temps le cas au haut niveau ce qui permet donc de tempérer ce constat.

Pourtant Joachim Löw fait partie de ceux qui doivent opter pour le bricolage, notamment à droite où Philipp Lahm a tout de même laissé un véritable vide. Mais après avoir vu un Emre Can peut convaincant à ce poste c’est le très talentueux Joshua Kimmich qui s’y est essayé… Avec succès. Le jeune bavarois a alors ajouté un poste à sa palette déjà bien garniz et ceci ne semble pas lui poser de problèmes car il enchaîne les bonnes performances. Mais le jeune de 21 ans pourrait finir par retrouver sa place au milieu puisque de vrais arrières droits commencent à pointer le bout de leurs nez un peu partout en Allemagne.

D’abord on peut citer Felix Passlack qui à tout juste 18 ans semble avoir une place de choix aux yeux de Thomas Tuchel dans la rotation au Borussia Dortmund. Capitaine de sa sélection, mais aussi au BVB avant qu’il intègre le groupe professionnel, le latéral a déjà montré une certaine maturité en plus de son niveau relativement impressionnant en dépit de son âge. Défensivement comme offensivement son travail est toujours juste et conséquent ce qui laisse miroiter de belles choses pour les années à venir.

 Ensuite vient Lukas Klostermann, l’arrière-droit du RB Leipzig est lui aussi un vrai prétendant à une place avec la Mannschaft puisqu’il n’a de cesse de montrer ses qualités – sauf actuellement puisqu’il souffre d’une rupture des ligaments croisés du genou droit. Défenseur physique, il est toutefois moins impressionnant sur le plan offensif que Kimmich ou Passlack mais sur le plan défensif ce qu’il fait est vraiment bon. Alors dans une équipe en progrès constant, on peut s’attendre à ce que lui aussi s’affirme de plus en plus au fil des saisons -enfin s’il revient bien de sa blessure.

Et puis on peut rajouter Benjamin Henrichs, qui à 19 ans a déjà montré des bribes de son talent avec les jeunes du Bayer Leverkusen mais aussi avec les professionnels… Milieu offensif de formation, le dernier vainqueur de la médaille Fritz Walter (médaille récompensant le meilleur jeune joueur allemand chez les U19 et U17), est lui très polyvalent au même titre que le bavarois. Il possède une intelligence de jeu assez impressionnante, ainsi que des qualités défensives comme offensives certaines et ce malgré son poste de formation. Mais il faut juste le laisser se développer convenablement entre les mains de Roger Schmidt pour que lui aussi explose aux yeux de tous.

Dans une moindre mesure, Jogi Löw pourrait s’intéresser à Mitchell Weiser qui après avoir quitté la Bavière pour la Vieille dame de la capitale s’est affirmé match après match au sein de l’équipe de Pal Dardai. De ce fait s’il venait à être appelé cela serait juste logique au vu de ce qu’il produit chaque weekend avec le Hertha Berlin.

Enfin concernant le poste d’arrière-gauche les choix sont beaucoup plus limités et il est difficile de savoir qui pourra prendre la suite de Jonas Hector qui est bien installé à ce poste. Ce secteur est un vrai point d’interrogation puisqu’à l’heure actuelle la seule option crédible (malgré le jeune âge d’Hector) semble être Jeremy Toljan qui évolue du côté d’Hoffenheim. Lui aussi est polyvalent : il est capable d’évoluer à gauche comme à droite, et a déjà prouvé qu’il était parfaitement capable de faire le travail à gauche. Il s’était d’ailleurs illustré à ce poste lors des derniers Jeux Olympiques puisqu’il avait réalisé un tournoi impressionnant. Alors peut-être qu’au fil des mois un vrai candidat va apparaître mais pour le moment il est le seul plausible.

Le milieu ou le symbole de l’excellence allemande 

Maintenant concentrons-nous sur le milieu de terrain, soit le secteur qui peut permettre à l’Allemagne de se pavaner encore pour de longues années. Ce qui est totalement justifié lorsque l’on voit qui va succéder aux géants actuellement en place. Effectivement, à ce niveau le champion du monde en titre est encore très bien fourni. Entre Toni Kroos, Ilkay Gündogan ou encore Sami Khedira, le sélectionneur n’a pas vraiment de souci à se faire. Mais il peut même carrément dormir sur ses deux oreilles car il a Julian Weigl, Leon Goretzka, Mahmoud Dahoud, Joshua Kimmich (on peut le mettre de partout celui-ci de toute façon), Max Meyer, Benjamin Henrichs (oh lui aussi tiens) ou encore Maximilian Mittelstädt sous la main. Pas besoin de s’étaler sur le milieu borussen qui est la version miniature de Sergio Busquets, ni sur le bavarois ou le jeune crack de Gladbach puisqu’ils sont déjà connus et reconnus.

En revanche Leon Goretzka est moins mis en lumière, pourtant il est lui aussi très talentueux, mature et déjà expérimenté du haut de ses 21 ans. Il sait tout faire, le travail disgracieux comme celui plus avantageux puisqu’il peut jouer à tous les postes au milieu de terrain. Il est peut-être plus discret que les autres pourtant il serait idiot de l’oublier puisque lui aussi mérite largement d’intégrer la Mannschaft à l’avenir (et encore plus si son corps le laisse en paix). Et lorsque l’on écoute le discours du sélectionneur on peut se dire qu’il finira par avoir sa chance étant donné qu’il semble le tenir en grande estime. Mais s’il finit par être appelé ça ne sera pas pour cela mais bien pour les qualités qu’il montre chaque match avec son équipe ou en sélection, lui le capitaine des U21.

Toutefois à Gelsenkirchen ce n’est pas le seul à pouvoir prétendre à une place au sein de l’équipe première puisque Max Meyer représente lui aussi le futur de l’Allemagne. Le jeune milieu offensif de 21 ans aux 101 apparitions en Bundesliga déjà s’affirme doucement mais sûrement. Excellent dribbleur et rapide, il dit lui-même qu’il doit beaucoup au Futsal qu’il a pratiqué et qui semble avoir été précieux pour lui. De ce fait s’il y a bien un joueur que l’on peut s’attendre à voir avec le maillot de la Mannschaft d’ici quelques temps c’est bien lui.

Pour continuer on peut citer encore une fois Benjamin Henrichs qui, comme déjà évoqué auparavant, est très polyvalent. Même en étant vraiment convaincant en tant qu’arrière droit, il ne fait pas oublier qu’il est milieu offensif en théorie et quand on voit sa technique et sa vision de jeu on comprend rapidement pourquoi. Le joueur formé au Bayer Leverkusen est également doté d’une intelligence de jeu plutôt remarquable du haut de ses 19 ans. Lui aussi fait partie des joueurs allemands à suivre avec attention.

Enfin il me semble judicieux de citer Max Mittelstädt ici car il a quelque chose en plus que les autres joueurs de sa génération. Le joueur de 19 ans a effectué toute sa formation au Hertha Berlin et a fait ses débuts en Bundesliga contre l’Eintracht Frankfurt en mars 2016. Et comme bon nombre de milieux allemands, il a une intelligence assez hors norme, ce qui associé au reste peut faire des ravages. En résumé, l’Allemagne est déjà parée pour les années à venir au milieu puisque tous les postes de ce secteur regorgent de jeunes joueurs talentueux qui ne demandent qu’à briller avec leur sélection nationale.

La vie sans Miroslav Klose n’est pas si facile

Enfin pour finir ce tour d’horizon on peut s’intéresser au secteur offensif de la Mannschaft qui se trouve être, là aussi, prometteur. Plus besoin de présenter Leroy Sané, ailier droit et ancien joueur de Schalke 04 aujourd’hui entre les mains de Pep Guardiola à Manchester City, ou encore Julian Brandt, (merveilleux) ailier gauche qui affole déjà toute l’Allemagne et surtout le Bayern Munich du haut de ses 20 ans.  Ces deux-là savent déjà que s’ils continuent sur cette voie ils seront forcément avec les A.

Pour ce qui est du poste d’avant-centre, il pose aujourd’hui un problème à l’Allemagne puisque c’est Mario Götze qui doit s’y coller mais ça ne fonctionne pas. Alors pourquoi ne pas donner sa chance à Timo Werner, joueur du RB Leipzig, qui semble lentement monter en puissance avec son nouveau club ? Le jeune attaquant est rapide et bon dribbleur, la seule chose qui lui manque c’est une bonne finition, toutefois ceci semble s’arranger quand on y regarde de plus près. Alors si tout se passe bien, peut-être que lui aussi aura sa chance, en tout cas il faut l’espérer puisque l’Allemagne ne pourra pas se permettre de bricoler encore pendant des années à ce poste capital qui a longtemps fait sa renommée.

Comme vous le voyez, le vivier allemand n’est pas prêt de s’épuiser, d’autant plus que de nombreux joueurs peuvent être ajoutés à cette liste mais il faut faire des choix. En tout cas s’il y a bien une nation qui peut se targuer d’avoir un bel avenir c’est bien l’Allemagne. Il n’y a plus qu’à espérer que cela se poursuive encore et encore.

Crédits photos : AFP PHOTO / PATRIK STOLLARZ