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Avec cette victoire à l’arrachée contre Rostov, l’Atlético est officiellement qualifié pour les 1/8èmes de finale de la Ligue des Champions. Pour la 3ème fois d’affilée, les Colchoneros affronteront le gratin européen et espèrent un nouveau parcours historique. Si voir l’Atlético tutoyer les sommets est devenu une habitude, cette situation surprend encore chez les supporters. Les Rojiblancos ont longtemps eu une réputation d’équipe de seconde zone. Retour sur équipe qui a souvent fait rire en Espagne avant d’être considéré définitivement comme un des 5 grands de Liga.

Patlético de Madrid

A l’époque où Téléfoot était la seule plate-forme pour voir des buts européens, l’Atléti était un club inconnu au bataillon en France. Avant que Griezmann et Gameiro soient les Français à la mode du coté du Vicente Calderon, Peter Luccin était le seul représentant tricolore chez les Matelassiers. Le seul moyen pour voir les Colchoneros à la télé française, c’était d’observer les branlées face au voisin madrilène ou au FC Barcelone.  Dans l’ombre du grand Real, les rouge et blanc ont toujours essayé de se faire une place sans faire trop de bruit.

Mais après des périodes troubles au début du mandat d’Enrique Cerezo, le second club de Madrid va commencer à se faire un nom. Le club n’hésitera pas à s’endetter pour construire une équipe plus que correcte, avec des noms ronflants censés faire peur à la Liga.  20 millions sur Simao Sabrosa, 20 millions sur Kun Aguero au nez et à la barbe du Bayern ou 21 sur Diego Forlan constitueront, avec Maxi Rodriguez, le carré d’or de l’Atlético durant plusieurs saisons.

Malgré un quatuor génial, le reste de l’équipe ne sera jamais au niveau. Avec une assise défensive très faible malgré des noms impressionnants comme Ujfalusi, Coupet, Pablo Ibanez ou Mariano Pernia, les Rojiblancos auront la réputation d’une équipe décousue. Le match qui résume parfaitement cette équipe restera la déculottée 6-1 au Nou Camp en 2008-2009 avec un Gregory Coupet délaissé par ses défenseurs. Une équipe qui a donc toujours navigué entre le chaud et le très froid.

Le club va aussi enchaîner les flops sur le marché des transferts : Kezman, Maniche, Coupet, Seitaridis pour ne citer que eux font partie des joueurs qui ont échoué à Madrid.

Quand Javier Aguirre arrive après une saison historique avec Osasuna, le Mexicain est un des premiers coachs sous Cerezo à mettre l’Atléti sur les bons rails. Une participation à la Ligue des Champions, des grosses parties au Vicente Calderon face au plus gros ont réussi à convaincre les supporters. Malgré son licenciement, l’ancien coach d’Osasuna a toujours la cote du côté de Vicente Calderon.

Abel Résino, légende du club, prendra le relais pour finir à son tour 4ème. Le match retour face au Barça restera dans l’histoire des supporters avec une victoire 4-3 inattendue.

C’est ensuite avec l’arrivée de Quique Sanche Flores que le club va passer dans une nouvelle ère. L’ancien entraîneur de Valence va réussir un exploit avec la victoire en Europa League après avoir battu Liverpool en demi-finale puis Fulham à Hambourg. Une équipe qui restera dans les cœurs des supporters colchoneros, et une épopée qui permettra au club de se faire une place dans le haut gratin européen. Le temps de rentrer définitivement dans une nouvelle ère pour l’Atléti.

La réussite de toute une direction

Depuis 2012, le club s’est installé parmi les plus grands clubs européens. Cette réussite est due à deux choix forts de la part du président Cerezo.

Si l’arrivée de Simeone a été primordiale dans le renouveau du club, celle d’Andrea Berta l’a été tout autant. Son nom ne vous dit peut-être rien, mais l’Italien est considéré aujourd’hui comme étant un des meilleurs directeurs sportifs d’Europe. Transfuge du Genoa, Berta a rejoint le club durant le mercato d’été de 2012.

Avant son arrivée, l’Atlético passait son temps à fricoter avec Gestifute pour organiser ses mercatos. Les pensionnaires de Vicente Calderon étaient devenus une succursale pour Jorge Mendès. Si les contacts avec le Portugais ont permis au club de faire signer Radamel Falcao, Simao Sabrosa, Quique Sanchez Flores et même Diego Simeone, le club devenait dépendant de l’agent le plus influent du monde. La contrepartie de l’arrivée de noms ronflants est que le groupe portugais peut se permettre de vous envoyer ses joueurs pour « compléter » votre effectif. Ruben Micael, Silvio, Pizzi, Diego sont issus du mariage entre Gestifute et l’Atlético. Des joueurs qui n’auront pas laissé un souvenir impérissable aux supporters.

L’arrivée de Berta va diminuer l’influence de Mendès à l’Atlético. Malgré qu’il soit le principal responsable de l’arrivée de Jackson Martinez à l’Atlético, le président Cerezo a fermé les portes du club au Portugais. L’ancien directeur sportif du Genoa est devenu une référence.

Durant son mandat à Gênes, l’Italien a permis aux Griffoni de se reconstruire après les départs de Diego Milito et Thiago Motta. Miguel Veloso, Rafinha, Palacio, Toni ou Chico Flores sont venus au Genoa grâce à lui. Il était l’un des rares en Italie à avoir un réseau développé dans toute l’Europe. Face à l’impulsif président Enrico Preziosi, Andrea Berta a toujours su gérer les mercatos, devenant une référence en Italie.

Son arrivée à l’Atlético a permis au club d’exister sur le marché des transferts. A la différence de son expérience au Genoa, l’Italien est en échange perpétuel avec son entraîneur. Le but est d’anticiper les manques de l’effectif et les demandes de l’Argentin. Quand Simeone demande un défenseur central en 2013 pour concurrencer Miranda et Godin, Andrea Berta ramène Toby Alderweireld et José Maria Gimenez pour 7 millions. Si le Belge a la cote sur le marché, sa venue en a surpris plus d’un tant le monde du Foot le voyait évoluer en Angleterre. Quand à l’Uruguayen, il signera libre dans l’indifférence générale. L’international Belge qui aura du mal à s’acclimater au jeu de l’Atlético finira par quitter le club seulement un an après son arrivée avant de rallier Tottenham pour 15 millions. Le retour de Filipe Luis, Oblak , Carrasco, David Villa, Savic sont des idées de Berta. Quand Simeone cherche un profil de joueur, il lui amène le joueur parfait pour son football.

L’Argentin a une confiance totale envers son directeur sportif malgré quelques accrocs qui ont détérioré quelques fois leur relation. Les arrivées d’Alessio Cerci et Josuha Guilavogui sont longtemps restées en travers de la gorge d’El Cholo. Arrivés en fin de mercato à chaque fois, les deux joueurs étaient à l’opposé des attentes du technicien. Recruté pour 10 millions, l’international français sera cédé pour … 12 millions à Wolfsburg en ayant cumulé moins de 100 minutes sous le maillot matelassier. Cerci s’entraîne aujourd’hui à l’écart du groupe pro Colchonero après des prêts ratés à Milan et au Genoa ; l’ancien du Toro est un des rares échecs du directeur sportif.

Désormais considéré à sa juste valeur, l’ancien homme fort de Parme prend de plus en plus d’ampleur dans le monde du football. Il est devenu tellement important à l’Atlético qu’il a été l’un des éléments clés concernant le contrat de Simeone. Les relations entre El Cholo et le directeur général Miguel Angel Gil Marin se sont détériorées après la prolongation du contrat de l’Argentin jusqu’en 2020. Au point où le technicien envisageait clairement un départ après la défaite en Ligue des Champions. Il aura fallu l’intervention d’Andrea Berta pour convaincre l’ancien coach de San Lorenzo de rester au club et le directeur général de trouver un compromis. Le deal sera la réduction du contrat de l’Argentin jusqu’en 2018, « La meilleure décision pour tous le monde » dixit Diego Simeone. 2018 qui correspondrait à l’arrivée du nouveau stade, sachant qu’il aimerait coacher au moins une fois dans ce stade. Un souhait qu’il partage avec Antoine Griezmann.

Concernant le directeur sportif, son contrat se termine en 2017. L’Italien avait été contacté par Mourinho lui-même pour le suivre à Manchester United. Refus du principal concerné qui veut aller au bout de son contrat. L’été prochain s’annonce primordial pour le club Matelassier si il veut continuer à progresser.

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