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Il y a maintenant un peu plus d’un an, André André, celui qu’on surnomme ‘’DéDé’’ signe dans son club de cœur, le FC Porto, 31 ans après son père Antonio. Dès son arrivée il n’a qu’un seul objectif en tête : devenir capitaine de l’équipe qu’il chérit tant.

Le 24 août 1989, André naît à Vila do Conde dans le nord du Portugal. Son père le sait : son fils deviendra joueur de foot. Ce qu’il ne savait pas c’est qu’il suivra presque à le lettre la carrière de son paternel : milieu de terrain polyvalent pouvant jouer en sentinelle devant la défense, en organisateur de jeu ou encore en 10 et passé par le Varzim Sporting Club avant de signer à Porto. Durant sa carrière, André père connaîtra 400 apparitions parmi lesquelles 42 buts (clubs et sélection compris). Coïncidence ou pas, c’est également le nombre de buts que compte André fils à l’heure où j’écris cet article.

Work hard, play hard

 

Dès son plus jeune âge la culture du football lui est inculquée par son père. À 10 ans, il est inscrit au Varzim SC. Il y gravit tous les échelons : benjamin, minime, cadet jusqu’à être considéré espoir en 2007, quand il rejoint le FC Porto. André pense alors que ça y est, il va devenir professionnel dans le club qu’il aime. Mais Jesualdo Ferreira – disposant alors de bons éléments au milieu comme Guarin, Lucho ou encore Meireles – n’est pas convaincu par son talent et André repart dans le club de Varzim où il signe son premier contrat pro.

Entre 2008 et 2010, il joue 49 matchs au cours lesquels il marque 6 buts. António Araújo, un célèbre agent portugais propriétaire de l’entreprise OnSoccer, devient alors son agent. Il fait transférer André au Deportivo La Corogne comme nombre de ses joueurs à fort potentiel, ce que fera un certain Jorge Mendes après lui… Malheureusement il est vite mis sur le banc et ne joue que 3 matchs. Il demande donc à rentrer au pays ; retour à la case départ en D3 portugaise. Il y effectue sa meilleure saison en inscrivant 12 buts en 37 matchs et Varzim monte en D2. Il tape alors à l’œil des recruteurs du Vitória Guimarães où il joue jusqu’en 2015 et monte en puissance. André le sent, le moment qu’il convoite depuis 7 ans maintenant est proche. Le 1er juillet 2015, il signe au FC Porto pour la modique somme de 1,5 millions d’euros. En peu de temps il explose et est appelé à 3 reprises en sélection A, il y inscrit 1 but.

Le 20 septembre 2015, jour de Clássico contre Benfica, victoire impérative. Le match est intense et peut basculer d’un côté comme de l’autre. Arrive alors la 86ème minute. Brahimi sert Varela qui talonne pour André, il n’a plus qu’à ajuster Julio César. Ce que le Portugais fait avec brio ! 1-0 pour Porto, le score ne bougera plus, André est considéré comme un héros par les supporters portistas. Cependant Porto termine 3ème, Lopetegui, qui avait relégué André au poste de remplaçant, est contraint de démissionner.

La nouvelle saison commence alors avec la nomination de Nuno Espirito Santo au poste d’entraîneur. Il accorde les clés du jeu à André qui effectue un très bon début de saison. Il n’est cependant pas totalement satisfait. Le brassard de capitaine n’ornemente toujours pas son bras. Presque arrivé au bout de son rêve de gosse, il sait qu’il ne doit pas abandonner ses efforts. Le travail paie toujours…

Arrive alors le samedi 10 septembre de cette année ; il est 19h30 au Portugal quand tombe la composition du FC Porto pour affronter Guimarães dans le derby du Minho. André va être capitaine contre son ancien club. C’est le travail d’une vie qui est achevé pour le Portugais. Après tant de galères, il vient d’accomplir son rêve.

Il n’est pourtant pas arrivé au bout de ses péripéties avec le club portista. Après la défaite 1-0 contre Leicester le 27 septembre, André chauffe le banc ou parfois pire regarde les matchs des tribunes. En plus d’un mois, il n’a joué que 32 minutes et ce contre Bruges en Ligue des Champions. Une situation considérée injuste par les supporters portistas et même certains socios qui se plaignent de son absence. On croyait tout d’abord à un pépin physique. Mais cette hypothèse a été rapidement contredite par le club. Il semblerait donc que cela soit la conséquence d’un conflit avec son entraîneur même si les raisons restent floues. Tactiquement, il est remplacé par Herrera avec qui ils formaient un bon duo (Porto joue en 4-3-3 avec deux 8) depuis le début de saison (avec l’arrivée d’Oliver Torres, Herrera est passé remplaçant). Ce choix est cependant contesté puisque les montées du Mexicain, qui étaient compensées par la présence de André, sont maintenant préjudiciables puisque Oliver Torres est un joueur offensif de formation. Herrera qui a d’ailleurs fait une grossière erreur face à Benfica qui a coûté le match nul à Porto.

Celui qui était considéré comme le héros de toute une ville un an auparavant fait maintenant banquette au grand désarroi des supporters.

Pourtant, André est re-titularisé le vendredi 18 novembre à l’occasion d’un match de Coupe face à Chaves. Cependant, il est aligné auprès de quelques joueurs remplaçants. Malheureusement, Porto s’incline aux tirs aux buts et André a été remplacé par Layun à la 91ème. A mon avis, la titularisation de André ce n’est pas encore pour tout de suite… On sait cependant qu’il saura se relever de cette énième épreuve psychologique pour revenir plus fort. Sa routine en fin de compte…

Un milieu polyvalent

 

À l’image de cette nouvelle génération de milieux de terrains portugais tels que Adrien Silva, Renato Sanches ou autres João Mario, André André possède une polyvalence hors norme qui fait le bonheur de ses coachs mais également le notre, admirateurs du beau football.

André est doté d’une vision du jeu lui permettant d’effectuer des longues transversales non sans rappeler un certain David Beckham. Cette vista époustouflante l’autorise également à offrir des caviars à ses coéquipiers pour les mettre dans de bonnes dispositions au moment de la frappe. Enfin, cette qualité lui a permis de développer ce que l’on peut appeler sa ‘’spéciale’’ : les ballons piqués au-dessus de la défense synchronisés avec le départ dans la profondeur de l’attaquant. Geste fatal pour l’équipe adverse.

DéDé possède également une qualité de frappe hors pair. On le voit souvent tenter de tirs de loin une fois arrivé dans les 25 mètre adverses. C’est d’ailleurs comme ça qu’il marque la plupart de ses buts.

Pour terminer, André André c’est un repli défensif dont il le est seul à posséder le secret. Capable d’effectuer des courses de 50 mètres pour revenir défendre, il est essentiel à la stabilité au milieu de terrain de son équipe. Ces trois qualités réunies, c’est un délice de joueur qui est créé. Délice qui a réussi à accomplir son rêve envers et contre tous.

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