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Catégorie footballeur sous-côté. Indice pour vous qui nous regardez, en bas de votre écran.

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TOP. Arrivé tel un inconnu, je fais lever la foule du stade Louis II régulièrement et suis l’un des métronomes de l’équipe entrainée par Jardim. Discret sur et en dehors du terrain, je n’en suis pas moins l’une des meilleures recrues de l’époque Vasiliev. Prince de la ville, je suis le monégasque le plus en vue, le plus constant et sans doute celui disposant de la plus grande valeur marchande. J’ai failli partir tout l’été mais je suis finalement resté et je parle portugais à mes coéquipiers, je suis je suis ? Bernardo Silva ? C’est non.

Hé oui, comme beaucoup, vous êtes tombés dans le piège. A vrai dire, on ne peut pas vous en vouloir, difficile de faire de Fabinho l’égérie de l’ASM version 2016-2017 tant le bonhomme est discret sur les prés le week-end, comme à la ville en semaine. Arrivé sur la pointe des pieds sur le Rocher, le Brésilien entame sa 4ème (et dernière ?) saison en Principauté, saison qui sera, sans nul doute possible, celle de la confirmation et de l’explosion.

Repéré par le Real de Mourinho en 2012, le jeune Fabien, formé au Brésil et débarqué en Europe via le Portugal et Rio Ave, ne convainc pas Florentino Perez de lever l’option d’achat posée sur lui. Pire il ne fera même qu’une seule apparition en Liga (créditée d’une passe D) pour 30 avec la Castilla. C’est suite à ce prêt raté qu’il débarque en Ligue 1, où il ne tardera pas à tout casser. Avec Kurzawa, Ocampos et Ferreira-Carrasco, ils forment les 4 Fantastiques sur les ailes monégasques. La concurrence de Raggi, chauve tenace, ne lui fait pas peur, et il pousse progressivement ce dernier à rejoindre l’axe en complément du duo Abidal-Carvalho.

Depuis, Fabinho saute toutes les haies le menant au très haut niveau. Sous la houlette de Jardim, il change progressivement de positionnement. Fini le pur-sang galopant à toutes enjambées dans son couloir droit, place désormais au cheval de trot, souple et distingué, qui régule à merveille l’entre-jeu monégasque. Son repositionnement il le tient à sa polyvalence, sa justesse technique et surtout son acharnement. Véritable bourreau de travail, le Brésilien profite du recrutement de Sidibé (à moins que Sidibé profite du replacement de Fabinho pour signer à l’ASM) pour s’installer au coeur du jeu et devenir le véritable lien entre la défense et l’attaque monégasque.

De son propre aveu, Fabinho aime sa nouvelle vie de milieu de terrain. Et elle lui ouvre aussi plus de portes. Si son potentiel en tant qu’arrière droit n’est plus à prouver, son explosion au milieu était tout sauf une certitude. Désormais solidement installé, Fabinho se verrait bien intégrer la Seleçao au milieu de terrain. Actuellement, en pleine bourre, difficile cependant de certifier que le Brésil ne peut pas se passer de lui. Lui qui se voit toujours comme un latéral veut quoi qu’il arrive conquérir le coeur de son pays et de l’Europe à court terme.

Protégé de Jardim, qui ne tarit pas d’éloges à son sujet, le petit Fabien vit certainement sa dernière saison en France, saison qu’il commence sur les chapeaux de roues avec 5 buts en 9 matchs en début de saison. Des stats qui ont longtemps fait trembler Falcao en coulisses. Devenu un rouage essentiel de la machine Jardim, Fabinho s’est même mué en tireur de pénalty génial. Sur ses 10 dernières tentatives, il a, à chaque fois, inscrit un goal. De quoi organiser un duel face au spécialiste Micka Landreau ? Toujours est-il que ces lignes de stats suivent la courbe de son potentiel global : en progression constante.

Dès lors, difficile de voir Monaco le conserver bien longtemps … A l’instar d’un Bernardo Silva, Fabinho risque de rapidement se voir proposer un contrat max dans un club phare de notre Europe du football. Notre petit doigt nous dit même qu’il a plus que tapé dans l’oeil des deux Manchester. Jeune et ambitieux, parfois vicieux, Fabinho veut devenir prince de la ville. Et si possible d’une ville de football. Le Rocher est devenu trop petit pour lui. Amoureux de Ligue 1, profitez-en encore 6 mois …

Crédits photos : Jean-Christophe Magnenet