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Internet ne dit pas toujours la vérité. Le problème c’est qu’Internet n’oublie (presque) jamais. Quand vous y dites une connerie ou quand quelqu’un en écrit une sur vous, les traces sont indélébiles. La preuve avec l’étude de l’e-réputation de Romain Alessandrini.

Jouer au football à haut niveau, c’est un métier. Une profession que certains embrassent avec plus de sérieux, de dévouement et d’abnégation que d’autres. C’est vrai. Mais, contrairement à ce que de nombreuses personnes adeptes du port de chaussettes blanches dans les mocassins et de la caresse génitale devant le flux cathodique débile pensent, être footballeur professionnel, c’est loin d’être simple. C’est un travail comme un autre. Ok, on touche beaucoup plus que dans n’importe quel autre job. Mais, niveau stabilité de l’emploi et relation avec les patrons et les collègues, on fait mieux.

Là où c’est le plus chaud, c’est niveau exposition publique. Quand t’es footballeur professionnel, tout le monde se permet de juger la façon dont tu bosses. C’est comme si t’étais plombier et qu’après chaque journée de taf, y’avait 10 connards qui se réunissaient pour parler du bidet que t’as installé, du siphon que t’as débouché ou du chauffe-eau que t’as remplacé. Surtout que, dans le lot, y’a toujours un ou deux mecs qui te détestent et qui, peu importe la qualité de ton intervention, feront en sorte de te descendre.

D’autant plus que maintenant, avec Internet et les réseaux sociaux, tout le monde peut faire la même chose. Twitter, c’est comme pour Jésus avec les pains : la multiplication des connards.

Et, quand on se penche sur la e-réputation de certains joueurs professionnels de football, on se rend malheureusement compte que la communication et la gestion de l’image en ligne, ben là aussi, c’est un métier.

Pour vous le prouver, nous avons décidé de nous pencher régulièrement sur le cas de certains footballeurs. On commence tout en finesse avec Romain Alessandrini de l’Olympique de Marseille.

Google, que nous proposes-tu ?

Pour se faire une idée globale de ce qui intéresse les internautes à propos d’une personnalité, il est intéressant de taper son nom dans Google, sans valider.

Le moteur de recherche nous propose une série de suggestions pour préciser notre recherche, établies en fonction des requêtes les plus fréquentes associées au nom de la personne concernée.

Pour le cas de Romain Alessandrini, cette démarche nous apprend que les utilisateurs des Internets cherchent à en savoir plus sur sa femme et à voir ce qu’il poste sur Instagram.

Mais ils sont visiblement aussi très nombreux à vouloir se foutre en peu de sa gueule en matant les photos prises lorsqu’il avait décidé de teindre ses cheveux en blond. Où est le respect, sérieux ?

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Femmes mariées, « Hot Boy » et taux d’homosexualité

C’est un bon début. Mais le meilleur moyen pour trouver les contenus les plus étonnants sur une personne reste quand même de ne taper que son prénom et son nom dans Google.

Bon, quand le mec est plutôt très connu, comme c’est le cas pour Romain Alessandrini, pas la peine de s’attarder sur les 7 ou 8 premières pages de résultats. C’est plus loin que ça devient intéressant.

On peut notamment tomber sur un article d’avril 2015 qui classe les joueurs de l’OM et du PSG qui font le plus fantasmer les femmes mariées. Et figurez-vous que Romain Alessandrini figure en bonne position dans ce palmarès. Il est 3e derrière Javier Pastore et Salvatore Sirigu. Bon, la méthode pour obtenir ce classement n’est pas précisée et il est vrai qu’on ne peut pas non plus accorder trop de crédit à un article qui parle du « coquin Lavezzi », du « BB Brunes Adrien Rabiot » et du « bad-boy Florian Thauvin »…

Sur ce, creusons encore un peu plus les strates des résultats Google. Quelques pages plus loin, surprise ! On tombe sur un article de Pink Soccer, journal en ligne dédié au football mais sous l’angle gay. Intitulé « Hot Boy / Janvier 2013 : Romain Alessandrini », il propose plusieurs photos et une vidéo du joueur sous le maillot du Stade Rennais et se conclut de la manière suivante : « entre kéké et bad boy, on aime sa puissance, sa beauté brute et son regard ténébreux. » Oh oui, Romain, mets la au fond. Tout au fond !

D’ailleurs, pour rester dans le thème, il existe un site un peu inutile mais néanmoins divertissant baptisé « Gay or Straight » (homo ou hétéro, Ndlr). Il propose d’évaluer le pourcentage d’homosexualité d’une personnalité grâce à la précision irréfutable du « gaydar » (contraction de « gay » et « radar »). Romain Alessandrini y obtient un très net 77 % ! C’est 8 points de plus que la moyenne (69 %). Le site le qualifie ainsi de « hautement gay ». A titre de comparaison, Cristiano Ronaldo n’est qu’à 74 %. Freddy Mercury obtient 84 % et Elton John 90 %. Quand à Donald Trump, son taux d’homosexualité est évalué à 51 %.

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Ma petite entreprise…

Nous avons également trouvé une information surprenante. Elle a non seulement attiré notre attention, mais aussi titillé notre curiosité. D’ailleurs, si Ultimo Diez avait plus de thunes, nous nous serions fait un plaisir d’enquêter pour en savoir plus. #MobilisezVous #FaitesVosDons

Figurez-vous que, sur Societe.com, on apprend qu’une entreprise basée dans les Bouches-du-Rhône porte le nom « Alessandrini Romain ». Mais elle a été radiée du registre du commerce et des sociétés (RCS) le 28 septembre 2016. Elle a été placée en liquidation judiciaire. Et le liquidateur n’est autre qu’un certain Jean Alessandrini.

L’entreprise Alessandrini Romain était une société par actions simplifiée (S.A.S.). Elle a été en activité pendant 4 ans dans le secteur du conseil en relations publiques et communication. Avec un capital social de 2 500 € et aucun employé, elle avait réalisé un chiffre d’affaires de 15 000 € en 2014.

L’entité commerciale sus-mentionnée (la classe, non?) était domiciliée au 1734 chemin des Frères Gris, à Aix-en-Provence. Cherchez l’adresse sur Google Street Vieux, voilà ce que vous trouverez…

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Grosse ambiance non ?

Sur Twitter, pas l’idole des supporters de l’OM…

Voilà pour le journalisme d’investigation. Passons à des considérations plus légères avec les réseaux sociaux. Sur Facebook, mis à part quelques homonymes et autres footix, on trouve quelque pages de fans de Romain Alessandrini.

Parmi ces dernières, il y en a une qui est intitulée « Romain Alessandrini le buteur magique ». Rien que ça ! Bon, quand on se penche sur son contenu, on se rend compte que plus rien n’y a été publié depuis le 26 décembre 2012… Il semblerait que la magie de Romain n’opère plus depuis un bon moment.

Non, c’est définitivement sur Twitter que le contenu sur Romain Alessandrini est le plus digne d’intérêt. Pas sur @Ralessandrini11, présenté comme le compte officiel du joueur, et qui n’est plus alimenté depuis juillet 2015. Mais plutôt dans les time-lines de certains supporters de l’OM plus que dubitatifs face au niveau de jeu proposé par le gaucher.

En voici une petite sélection :

https://twitter.com/DailyMarseille/status/802617866721918976

Sur Youtube aussi, on se marre bien avec Romain Alessandrini. Surtout grâce aux montages « Crazy Skills » du talentueux LinoTreize diffusés sur la chaîne d’OM Forum.

Ces vidéos détournent les clips qui fleurissent sur Youtube et qui sont censés présenter, en quelques minutes, les qualités des joueurs de football. Sauf que là, les vidéos en question ne proposent que des actions ratées par Romain Alessandrini. C’est très bien fait et c’est très marrant. Ou désespérant. C’est selon.

Romain Alessandrini est également présent sur Instagram. Mais nous ne sommes malheureusement pas en mesure de vous décrire ce qu’il y poste car son compte est privé et notre demande d’abonnement n’a pas encore été acceptée.

Nous n’avons pu que consulter la photo du profil où on voit le joueur poser torse nu aux côtés de sa « wag », Fiona Lucchesi, elle-même en maillot de bain.

Qu’en pense Wikipedia ?

Pour finir, faisons un petit détour par Wikipedia. Sur la page dédiée à Romain Alessandrini, on peut suivre le fil de sa carrière, de ses débuts au CA Plan-de-Cuques jusqu’à sa conquête du banc de l’OM en passant par ses exploits à Clermont et à Rennes.

On se fend aussi un peu la poire en découvrant le « palmarès » du joueur : finaliste de la coupe de la Ligue 2013 avec Rennes, finaliste de la Coupe de France 2014 avec Rennes et finaliste de la Coupe de France 2016 avec l’OM. Et côté distinctions individuelles, 2 présences dans l’équipe-type de Ligue 2 en 2010/2011 et 2011/2012 et l’obtention du prix « Orange Médiafoot » qui récompense le joueur marseillais le plus apprécié des journalistes qui suivent le club en 2015…

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L’encyclopédie participative nous apprend enfin qu’Alessandrini est un nom aussi porté par un médecin et zoologue italien du 19e siècle, Antonio, deux médecins italiens des 16e et 20e siècles, tous deux prénommés Giulio, un musicien italien né en 1960, Rinaldo, un réalisateur italien Goffredo, et un illustrateur et écrivain français, Jean né en 1942.

Crédits photos : AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS