0

Ce soir, l’Olympique Lyonnais peut rentrer à nouveau dans l’histoire du foot français. Éliminés de la Ligue des Champions à la mi-temps du match à Zagreb, les Lyonnais sont toujours en course grâce au but d’Alexandre Lacazette et à la victoire de la Juve au Sanchez-Pizjuan. L’OL pourrait réussir l’exploit de renverser une situation inespérée face au FC Séville. Tout le football français espère voir l’OL réussir un exploit considérable et inattendu.  Cette petite finale est le meilleur moyen pour nous rappeler les 10 plus grands coups d’éclat des clubs français en phase de poules de la plus grande des compétitions européennes.

10- AC Milan 0-2 LOSC

C’est un soir de décembre que le Lille Métropole va entrer définitivement dans l’histoire du football français. Le LOSC de Claude Puel est actuellement 3ème et  se déplace du côté de San Siro pour affronter un Milan AC déjà assuré de terminer 1er de sa poule. Les coéquipiers de Mathieu Bodmer sont dans l’obligation de gagner à San Siro et espèrent une défaite de l’AEK Athènes face à Anderlecht pour se qualifier. En cas de défaite à Milan et de victoire des Belges, le LOSC terminerait dernier de sa poule. La pression est à son paroxysme pour la dernière journée de Champions League. Mal en point en championnat (15ème après 14 journées), Carlo Ancelotti décide de faire tourner en titularisant notamment Marco Borriello et Yoann Gourcuff. Et ce sont les Lillois qui en profiteront. Dans un San Siro vide, Peter Odemwingie et Kader Keita vont permettre au LOSC de l’emporter 2-0 d’et être le premier club français à s’imposer à San Siro. Dans l’autre match, l’AEK Athènes est tenu en échec par Anderlecht : le LOSC va, pour la première fois de son histoire, se qualifier en 8ème de finale de la Ligue des Champions.

9- Liverpool 1-2 OL

Nous sommes à la troisième journée de la Ligue des Champions et l’Olympique Lyonnais compte déjà 6 points sur 6 possibles. Du côté de Liverpool, la victoire face à Debrecen aura vite été oubliée après la piètre performance à Artemio Franchi face à la Fiorentina de Cesare Prandelli. Parti avec le statut d’outsider à Liverpool, l’OL a matière à faire un résultat à Anfield malgré la pénurie de défenseur central. Boumsong, Lovren, Cleber Anderson et Mathieu Bodmer sont tous absents, Cris reste le seul défenseur de métier disponible dans l’effectif Rhodanien. C’est avec une charnière Cris-Toulalan que les hommes de Claude Puel (encore lui) débuteront la partie. Les Reds prendront la mesure de l’événement en ouvrant la marque grâce à Yossi Benayoun. Et l’actuel coach de Southampton vient de perdre son dernier défenseur de métier après un contact avec Dirk Kuyt. Coup dur pour l’OL et Claude Puel qui doit envoyer Maxime Gonalons, milieu défensif de formation et 2 matchs de Ligue des Champions dans les jambes, sur le terrain. L’histoire retiendra que pour son premier match à Anfield, Captain Max’ égalisera avant que Chelito Delgado ne vienne crucifier Liverpool dans le temps additionnel. Coaching payant de Puel qui avait fait rentrer Gonalons juste avant la mi-temps et l’Argentin 5 minutes avant son but. L’OL est à 9 points, Liverpool vient d’enchaîner une 4ème défaite de rang et est définitivement en crise. Lyon finira derrière la Viola et Liverpool se fera renverser en Europa League.

8 – LOSC 1-0 Manchester United

Considérée comme la plus belle victoire sur la scène européenne à l’époque, la victoire contre Manchester en 2005 restera longtemps gravée dans la tête des supporters des Dogues. Nous sommes à la quatrième journée de la Ligue des Champions et la bagarre continue dans le groupe D. Manchester United est leader avec 5 points, suit ensuite Benfica avec  4 points, 3 points pour Villarreal et Lille ferme la marche avec 2 points. Dans un groupe très homogène, personne n’arrive à se détacher malgré le statut de favori de United. Après un 0-0 à Old Trafford, le LOSC accueille les Red Devils au Stade de France, le stade de Villeneuve d’Ascq n’étant pas homologué par l’UEFA. 65 000 supporters vont accueillir les stars de Manchester : c’est le premier très grand rendez-vous du LOSC qui se considère comme un petit poucet de la LdC. Et c’est finalement le petit poucet qui va l’emporter grâce à un but d’Acimovic. Surpris par l’engagement et l’agressivité des hommes de Claude Puel  (OUI ENCORE PUEL), Sir Alex Ferguson explique en conférence de presse que la pelouse n’a pas aidé ses joueurs. Pour l’entraîneur du LOSC, le résultat était mérité tant l’équipe a été solide et a su être réaliste. Cette victoire sera la seule du club nordique en phase de poule et permettra aux Dogues de terminer 3èmes, juste devant Manchester United qui finira bon dernier de sa poule à la surprise générale.

7- Bayern 0-2 Bordeaux

C’est l’une des plus grandes démonstrations de force de la part d’un club français face à un grand d’Europe. Si le Bayern Munich n’avait rien à voir avec le rouleau compresseur actuel, une victoire à l’Allianz Arena reste un moment particulier surtout pour un club français. Les Girondins de Bordeaux vont réussir un exploit considérable en l’emportant 2-0 face à des Bavarois apathiques. Sous la houlette de Laurent Blanc, les Marines et Blanc vont littéralement marcher sur le Bayern. Alors que le FC Hollywood est en total reconstruction, les Girondins font office d’épouvantail. L’actuel champion de France fait peur aux grands d’Europe. Le jeu prôné en Ligue 1, le pragmatisme de Laurent Blanc, la classe de Gourcuff et la facilité à marquer sur coup de pied arrêté font parler au point où l’on se demande si Bordeaux ne peut pas aller jusqu’au dernier carré de la coupe aux grandes oreilles. Yoann Gourcuff et Marouane Chamakh auront raison des 65 000 Bavarois venus voir leur équipe se faire martyriser par le champion de France. Les Girondins finiront 1er avec 16 points mais se feront éliminer par un Olympique Lyonnais qui réalisera la meilleure campagne européenne de son histoire.

6- Olympique de Marseille 1-0 Manchester United

Un match beaucoup plus vieux mais tout aussi historique pour le football français. Nous sommes en 1999 et l’OM se doit de l’emporter face à Manchester United après sa défaite 2-1 à Old Trafford. Le Vélodrome accueille les champions d’Europe en titre et sûrement l’équipe la plus forte du vieux continent. Manchester se déplace avec ses stars dans la cité Phocéenne, Beckham, Scholes, Giggs, Stam sont là. Mais le danger est clairement en attaque avec la légendaire doublette Yorke – Cole. Les hommes de Rolland Courbis sont au courant de la puissance offensive affichée par les Red Devils mais l’OM se doit de faire plaisir à des supporters en quête d’un exploit incroyable. En effet, Manchester est sur une série de 18 matchs sans défaite sur la scène européenne. Le coach marseillais tente un coup en laissant Ravanelli seul devant dans un 4-5-1 très défensif. Le coup de poker de l’ancien coach du Stade Rennais va s’avérer être payant. Les joueurs de Sir Alex Ferguson ne vont rien proposer avant de voir William Gallas ouvrir la marque après un action de grande classe conclue par un pointu des familles. Les supporters sont surexcités par la tournure des événements. Et si l’OM réussissait un exploit qui ferait parler dans toute l’Europe ? Manchester va pousser toute la fin de match mais rien n’y fera, c’était la destinée des Red Devils de s’incliner à Marseille ce soir là. L’OM mettra fin à la folle série des champions en titre dans un Vélodrome en liesse.

( à partir de la 24ème minute)

5- Lens 1-0 Arsenal

Bien avant la victoire de Monaco à Wembley contre Tottenham, une équipe française avait réussi l’exploit de s’imposer sur une des terres mythiques du football européen. 25 Novembre 1999, le RC Lens de Daniel Leclercq se déplace à Londres pour affronter Arsenal. Privé de Manu Petit, de Dennis Bergkamp et de Patrick Vieira, Arsène Wenger doit bricoler pour composer un XI compétitif. Dans un groupe E extrêmement relevé avec le Panathinaikos et le Dynamo Kiev, toutes les équipes peuvent tirer leur épingle du jeu tant le niveau est serré. 6 points pour le Pana et 5 pour les autres équipes, cette cinquième journée sera le tournant de cette phase de poule. Une victoire et l’une des deux équipes aurait un pied au prochain tour. C’est finalement le RC Lens qui va s’imposer à Wembley à la surprise générale grâce à un but Mickael Debève. Pour la première fois de l’histoire, une équipe française s’impose à Wembley et le RC Lens rentre dans l’histoire du football français. Avec cette victoire, le RCL peut espérer terminer leader de sa poule. Les Lensois s’inclineront 3-1 face au Dynamo Kiev avec notamment des buts de Kaladze et Shevchenko, les deux futures stars du Milan AC. Les hommes de Daniel Leclercq ont dû disputer ce dernier match sans Rool, Sikora et Vairelles (injustement exclu contre Arsenal) suspendus et qui ont dû jouer pratiquement tout le match à 10 à cause de l’expulsion de Dehu.

4- Lazio 1-3 Nantes

Quand on parle de jeu à la nantaise, on pense souvent à Coco Suaudeau, mais on a tendance à oublier aussi que Reynald Denoueix a parfaitement pris la relève de son mentor. Le jeu à la nantaise faisait des émules en France mais aussi à l’étranger, les clubs se demandant qui était le magicien derrière ces Canaris qui développaient un football attrayant. L’ancien consultant C+ est encore à ce jour une grande référence à Nantes mais aussi à la Réal Sociedad ou il a coaché pendant deux saisons. La double confrontation face à la Lazio Rome aura été l’apogée du FCN en coupe d’Europe. Les Biancocelesti sont considérés comme les épouvantails de l’époque. Récent vainqueur de la coupe des coupes, finaliste en coupe UEFA, le président Cragnotti avait permis au club de devenir un des plus gros budgets d’Europe. Coachée par Alberto Zaccheroni, la Lazio possède dans ses rangs Nesta, Crespo, Simeone, Ravanelli, Mendieta ou Claudio Lopez rien que ça. L’effectif de la Lazio est l’un des meilleurs d’Europe à l’époque. Mais le club commence à devenir instable, la constellation de stars n’arrive pas à jouer ensemble et les résultats sont en dents de scie. Nantes va en profiter pour réaliser une partition de football à l’aller et au retour en s’imposant 3-1 à l’Olimpico et 1-0 à la Beaujoire. Le collectif des Canaris l’aura emporté sur l’individualité des Biancocelesti. Ce match marquera la fin du jeu à la Nantaise puisque Denoueix quittera la club en cours de saison alors que la Lazio aura de graves problèmes financiers dus à la chute de l’entreprise Parmalat détenue par Cragnotti.

3- OL 3-0 Real

Alors certes, ce n’était pas le Réal qui vient de remporter deux Ligues des Champions en deux ans mais ça restait l’équipe ayant remporté le plus de LDC avec 8 victoires. A l’instar de Bordeaux en 2009, l’OL de 2005-2006 était considéré comme un potentiel futur vainqueur de la Ligue des Champions.  Une équipe clinquante, un tireur de coup franc qui fait peur à toute l’Europe et voilà comment instaurer le doute chez les grands d’Europe. Si le Real galère a se faire une place au soleil malgré les investissements considérables, l’OL progresse année après année. Pour la réception des Merengues, les champions de France en titre veulent marquer le coup à tout prix. Alors que le Real se déplace sans Zidane, Ronaldo et Figo, Wanderlei Luxemburgo peut compter sur ses recrues Julio Baptista, Robinho et Pablo Garcia pour équilibrer le tout. Finalement le match sera à sens unique, 3-0 pour l’Olympique Lyonnais qui récite une partition de football devant l’Europe entière. Un match qui a marqué les esprits, faisant passer un cap à l’OL qui devient l’équipe à craindre et à ne pas affronter en phase finale. Après une phase de poule parfaite et un 1/8ème géré parfaitement face au PSV, revanche de la saison dernière ou l’OL avait été volé par l’arbitre d’après les syndicats. Les coéquipiers de John Carew tomberont face à l’expérience du Milan AC qui mettront deux buts en fin de match pour achever les Lyonnais. Ce match contre le Réal reste encore à ce jour le plus grand exploit du club en Ligue des Champions. (si on excepte la parodie de football à Zagreb en 2011)

2- OM 1-0 Liverpool

Si les plus jeunes peuvent s’offusquer de la place de ce match dans le classement, le contexte du match était totalement jouissif. L’OM est 17ème en L1 et vient de remercier Albert Emon qui avait réussi l’exploit de terminer 2ème la saison d’avant. Le club Phocéen se déplace à Anfield avec un nouveau coach : Eric Gerets prend les rênes de l’équipe avec l’idée de faire un coup à Liverpool. Pour cela, il va faire des choix forts. Nasri forfait, il donne les clés du camion à Petit-Vélo, Mathieu Valbuena. L’ancien joueur de Libourne Saint-Serein est titularisé à la surprise générale par l’entraîneur belge. Du côté des Scousers, la confiance est à son paroxysme. Les hommes de Rafa Benitez sont invaincus toutes compétitions confondues et n’ont concédé que trois buts, les trois sur pénalty. La préparation de ce match sera entachée par l’accident dont sera victime le capitaine et légende de Liverpool Steven Gerrard, qui renversa un enfant à vélo. Choqué par cet accident, le numéro 8 avait peut-être la tête ailleurs pendant ce match et ça s’est vu sur son rendement. Si les Reds ont été méconnaissables, c’est aussi à cause du rythme et de la tactique opérée par l’OM. Un pressing parfait, des séquences de jeu surréalistes pour des joueurs qui n’arrivaient pas à enchaîner 3 passes 10 jours plus tôt. Les Marseillais sont sur un nuage, on en vient à rêver d’un exploit. L’histoire retiendra que la première équipe française à avoir gagné à Anfield était 17ème de L1 et que le buteur est l’auteur d’une sex-tape, ça fait mal non?

1- BVB 2-3 OM

Sûrement le match le plus invraisemblable de l’histoire du football français. Quand l’irrationnel se mélange au football, ça donne ce Dortmund – Marseille. Si on excepte cette 6ème journée historique, la phase de poule de l’OM n’a aucun sens de la première à la dernière minute. Une victoire au Karaiskakis d’Athènes face à l’Olympiakos grâce à un but de Lucho sur un centre de Morel positionné en tant que milieu gauche. Le match suivant verra l’OM l’emporter 3-0 face à un BVB méconnaissable et un Mats Hummels ridicule qui coûta deux buts aux Marsupiaux. S’en suivront deux confrontations insipides face à Arsenal et une défaite toute aussi illogique qu’incompréhensible face à l’Olympiakos au Vélodrome. Puis une 6ème journée rocambolesque avec plusieurs scénarii tous plus fous les uns que les autres. Les Marseillais doivent s’imposer en Allemagne pour se qualifier. En cas de victoire du BVB et de défaite de l’Olympiakos, c’est Dortmund qui passe et en cas de match nul, tout dépendrait du résultat de l’Olympiakos pour la qualification. Arsenal décide d’envoyer les coiffeurs en Grèce pendant que l’OM et le BVB s’entretuent. C’est finalement Dortmund qui va marcher pendant toute une mi-temps sur les Marseillais. 2-0 pour les joueurs de Jurgen Klopp,  encore 1 but et Dortmund passe définitivement devant l’OM au classement. Finalement Loic Remy va réduire la marque à la surprise générale, l’OM reste 3ème au classement au grand dam de Kloppo. Du côté du Pirée, l’Olympiakos mène 2-0 dans un stade à la limite de l’explosion, les Grecs sont qualifiés, l’OM reste 3ème et le BVB 4ème. S’en suivront deux mi-temps complètement folles avec une réduction de la marque par Benayoun du coté d’Arsenal. Encore 1 but et tout serait relancé. Dortmund pousse face à l’OM sans trouver la faille. Les minutes s’écoulent et le BVB voit son parcours européen prendre fin minute après minute quand arrive la fameuse faille spatio-temporelle. 3 minutes qui marqueront pour l’éternité le football français. 85ème minute puis 87ème minute, un corner et un exploit individuel plus tard, l’OM rentrait à nouveau dans l’histoire. Valbuena se faisait une place au soleil auprès des grands hommes qui ont porté le maillot ciel et blanc. Pour l’anecdote, Modesto creusait un peu plus la tombe du BVB à la 89ème en marquant le 3-1. Quand on vous dit qu’on peut rien faire face au destin …

 

Photo credits should read : http://images.performgroup.com/