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(Les titres refusés par la rédaction : 1) Dijon – Marseille : Que la mayonnaise prenne ! / 2) Dijon – Marseille : Sergent garcia sort l’épée / 3) Dijon – Marseille : T FOr Thauvindetta)

A l’aube de la 17e journée de notre sacro-sainte Ligue 1, l’Olympique de Marseille n’a toujours pas été capable d’aligner deux victoires à la suite. Pis, pas une seule victoire a l’extérieur. Au sortir d’une victoire contre Nancy, il est nécessaire d’enchaîner avec une deuxième pour, enfin, passer à la vitesse supérieure.

Si la Ligue 1 se devait de nous divertir dès le vendredi soir par une joute entre équipes provençale et bourguignonne, les conditions climatiques propres au Stade Gaston-Gérard ont poussé la LFP à repousser cette alléchante opposition entre le 10e et le 15e du classement au samedi après-midi. Le brouillard, Catherine Laborde avait prévenu, les paroles de cette femme sont pourtant sacrées.

En finir avec le What The Fog

Rudi Garcia l’a écoutée, cette chère Catherine. Sa volonté se ressent depuis plusieurs semaines au sein de l’effectif marseillais après avoir succédé à Frank « El Local » Passi(f) : sortir l’OM du brouillard dans lequel il était plongé depuis, globalement, le départ du club de Marcelo Bielsa à l’été 2015. Quitter les sommets de la Ligue 1 et le rêve éveillé qu’a fait vivre Bielsa à l’Olympique de Marseille, pour se retrouver brutalement dans un marasme économique et surtout sportif cela revient à s’enfoncer dans un brouillard des plus épais. Ce genre de brouillard, il n’est pas à couper au couteau mais à dissiper au bulldozer, une mission pour Rudi Garcia. Parti plus de deux saisons à l’AS Roma, il revient des terres de Renzi dit « il rottamatore » avec la même volonté de démolisseur. Deux 2e places acquises dans le Calcio et un jeu reconnu, accessoirement, Francesca Brienza dans sa valise (Google est ton meilleur ami), il revient à l’assaut.

Garcia est bien assis dans son bulldozer, mais le chantier est de taille à La Commanderie : reconstruire un groupe dans une saison de transition à la direction, apporter une orientation tactique viable et, surtout, des résultats sportifs. Cette mission commence par le fait d’apaiser un climat de plus en plus électrique au sein du groupe. L’arrivée d’un nouvel investisseur y a grandement contribué, et la mise à l’écart d’un élément comme Lassana Diarra participe paradoxalement à l’apaisement. Ange déchu de l’équipe, il est désormais floqué « IBLIS » pour une majorité des supporters : rendez-vous en enfer.

Bataille pour la terre du milieu

En dehors du terrain, Diarra garde une certaine crédibilité dans le vestiaire pour son expérience et se révèle de bon conseil pour les jeunes. En témoigne la montée fulgurante dans le onze de Maxime Lopez que Garcia a su lancer en Coupe de la Ligue fin octobre -cette compétition trouve enfin une utilité concrète. Depuis ce match, force est de constater que Lopez n’a pas quitté le 11 et se substitue peu à peu à Diarra dans son importance sur le jeu, statistiques et « il a du ballon le gamin » à l’appui. La vendetta du jeune fougueux contre les choix de l’ancien coach est savoureuse et laisse présager un bel avenir, à l’OM on l’espère.

Toujours dans ce milieu à trois désormais reconduit par Rudi Garcia, il est important de saluer le rôle que prend William Vainqueur pour cadrer Maxime Lopez, à tel point qu’il aurait de source sûre exprimé au coach sa volonté de passer son DEES (Diplôme d’Etat d’Educateur Spécialisé) pour « mieux encadrer le p’tit Max ». Dans le même temps, il peaufine sa CCEC (Certification en Conduite d’Elevage Caprin) afin de mieux apprécier sur le terrain la conduite de la chèvre que constitue Zambo Anguissa, tout en s’inscrivant dans une démarche respectueuse de l’animal et de ses capacités physiques mais non techniques. Sacré Willy, toujours au service des autres.

Pendant ce temps, après plusieurs séances dans La Salle de l’Esprit et du Temps, Florian Thauvin est littéralement on fire au point de s’ériger comme l’homme en forme de l’OM. Cette saison pourrait être celle de l’éclosion tant attendue pour le joueur le plus utilisé de la génération 1993, transcendant au sein de l’équipe par ses 4 buts et 2 passes décisives. Au-delà d’une maturité physique et technique dont il se rapproche clairement, la maturité mentale vient, face aux épreuves. S’il devait y avoir un homme pour porter l’OM dans la série de trois matchs, face à Dijon, Lille puis Bastia, qui s’annonce avant la trêve, ce ne doit pas être Gomis mais Florian Thauvin ou Flotov pour les intimes. On compte sur toi, Rudi Garcia et Charlotte Pirroni aussi.

CREDITS PHOTOS : AFP PHOTO / BORIS HORVAT