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Julian Draxler, le joueur le plus jeune à avoir débuté avec Schalke 04 à 17 ans et 117 jours, champion du monde en 2014, en fait aujourd’hui voir de toutes les couleurs à l’Allemagne. Annoncé comme l’un des plus grands talent de ces dernières années, il avait tout pour réussir, pour devenir l’un des piliers du football allemand. Pourtant plus les semaines passent et plus le joueur semble se perdre. En partant de son club formateur pour rejoindre Wolfsburg, il est entré dans un circuit infernal et on se demande comment il pourra en sortir malgré les offres qui commencent à se présenter.

Un transfert étrange entre l’Allemagne et l’Italie

Durant l’été 2015, le transfert de Julian Draxler a été au centre de toutes les préoccupations. Le joueur encore à Schalke 04 n’était pas spécialement pressenti pour partir : il avait prolongé jusqu’en 2018 deux ans auparavant et était le symbole de la Knappenschmiede. Le jeune champion du monde était promis à un avenir brillant au sein de son club formateur qui l’avait vu grandir depuis 2001. Beaucoup de monde en Allemagne s’accordait à dire qu’il pourrait devenir le symbole du club d’ici quelques années, et prendre la suite de Benedikt Höwedes. Mais visiblement, dans l’ombre, le jeune homme ne voyait pas cela ainsi, jusqu’à préférer s’en aller pour laisser ce rôle d’idole à Leon Goretzka.

Ce désir d’ailleurs provient évidemment d’une chose : la recherche du succès, des titres, mais aussi de l’argent, cela va de soi. Du côté de Schalke 04, la situation n’était pas franchement mirobolante entre les entraîneurs qui se succèdent, les résultats décevants et autres mésaventures. Aux yeux du joueur ça ne représentait sûrement pas un gage de stabilité. Pourtant lorsque l’on connaît le club et que l’on a en tête son histoire, on sait que cette instabilité et ces remous sont récurrents et que les Königsblauen finissent toujours par retomber sur leurs pattes. Effrayé, le jeune champion du monde a préféré fermer les yeux sur son idylle avec le club qui l’a vu grandir pour accepter les faveurs des Bianconeri, à la recherche de la perle rare. Le transfert était presque fait, le joueur aurait enfin pu avoir ce qu’il cherchait pour remplir ses étagères, jusqu’à ce que des problèmes d’argent court-circuitent son départ en direction de Turin. Pendant ce temps, Wolfsburg qui avait cédé Kevin De Bruyne à Manchester City cherchait un joueur pour lui succéder, alors ni une ni deux, le club de Volkswagen s’est engouffré dans la brèche, proposant 5 millions d’euros de plus que le club italien et également un meilleur salaire. Le club de la Ruhr a accepté la seconde offre, marquant le début de la fin pour Julian Draxler.

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Credit : Pixathlon/SIPA.

Devenu l’ennemi public numéro 1 à Gelsenkirchen, Draxler a pris une décision qui n’a pas vraiment été acceptée par le monde du football. Pour Beppe Marotta, directeur sportif de la Juventus, son choix de ne pas venir en Italie s’est fait uniquement à cause de l’argent qui a pris le pas sur le sportif. Et on peut comprendre son raisonnement. Puisque choisir un club allemand sous les yeux de Joachim Löw, qui se trouve à des années lumières d’un club comme la Juventus, finaliste de la Ligue des champions et vainqueur d’un quatrième titre consécutif ne semble pas franchement rationnel. En outre, si l’argent est le seul déterminant de ce transfert, et c’est l’hypothèse la plus plausible, on peut se poser des questions puisque le joueur a forcément eu son mot à dire là-dedans sachant qu’il voulait partir à tout prix. Sportivement, ce choix est totalement incohérent, et la situation actuelle en est la preuve.

Wolfsburg, synonyme de décadence

En arrivant en Basse-Saxe chez le dauphin du Bayern Munich, dernier vainqueur de la Pokal et de la Superpokal, l’avenir de Julian Draxler semblait un peu plus sûr malgré le flou de son transfert. Il arrivait dans un club qui tournait bien, où il pourrait jouer tous les matchs et être le cœur de l’équipe sans pour autant avoir cette pression populaire sur les épaules. Mais rien ne s’est passé comme prévu malgré un début de saison correct et à la hauteur des attentes.

Rapidement, le VfL Wolfsburg fait face à des problèmes extra sportifs suite à la révélation du scandale Volkswagen en septembre 2015. L’actionnaire majoritaire sait que son avenir ne sera pas brillant et le club va évidemment en subir le contrecoup. En novembre, Kicker a d’ailleurs révélé que le groupe VW, poumon de la ville et géant de l’industrie allemande, ne pourrait certainement plus donner au club la même somme chaque année (entre 90 et 100 millions d’euros). Le football n’est plus au centre des affaires pour le constructeur automobile et c’est tout à fait logique.

A cet instant, quand on voit la situation délicate dans laquelle est le club, on se dit que la meilleure solution c’est de jouer et de se taire, mais non. Julian Draxler préfère agir comme un enfant gâté, en criant sans cesse son envie de partir, en affichant ses regrets de ne pas avoir rejoint la Juve dans les colonnes de la Gazzetta dello Sport. Le message de l’international allemand est clair : il veut rapidement s’échapper de ce club qui sombre doucement mais sûrement. Ce dernier avait pourtant fermé la porte à un départ, affirmant que le joueur devrait attendre jusqu’à l’été suivant, mais les problèmes économiques tout comme le licenciement de Klaus Allofs ont précipité le processus.  Toutefois, sur le terrain, il ne montre pas qu’il a envie de partir. Ses performances sont toutes plus insipides les unes que les autres, il refuse tout simplement de jouer et Valérien Ismaël (remplaçant de Dieter Hecking) a même fini par le laisser chez lui pour le match contre le Bayern Munich le 10 décembre.

Crédit photo : Bundesliga.
Crédit photo : Bundesliga.

En outre, le comportement du joueur est déplorable et il ne semble pas vouloir respecter le club auquel il est encore affilié et qui a déboursé pas moins de 35 millions d’euros pour l’acquérir. Les sifflets des supporters lors du match contre le Hertha Berlin ne semblent pas non plus lui faire comprendre la gravité de la situation et pourtant nombreux sont ceux qui travaillent chez VW et qui aimeraient oublier leurs problèmes personnels avec le football. Il a d’ailleurs déclaré qu’il « n’est pas possible de jouer correctement après ça ! ». Il faut dire que le joueur est la victime dans l’histoire et qu’il a été forcé à rejoindre le club allemand… En agissant de la sorte et n’assumant pas son choix douteux, Julian Draxler ne fait qu’envenimer une situation d’ores et déjà tendue mais aussi ternir son image.

Toutefois, depuis que le joueur a révélé ses envies d’ailleurs, de nombreux clubs comme le PSG se sont dévoués pour acheter le jeune Allemand. Si sportivement, c’est un choix intelligent quand on connaît les qualités du joueur ambidextre, bon dribbleur, passeur et j’en passe, sur le plan mental cela reste effrayant. C’est tout de même la deuxième fois que le joueur se comporte de la sorte, à Schalke puis à Wolfsburg et on se demande ce qui va l’empêcher de recommencer dans le futur. Son caractère est un vrai problème : faible d’esprit, il ne veut pas travailler plus afin de réparer son erreur et il préfère lâchement abandonner. Ceci contraste par exemple avec le comportement de Robert Lewandoski qui a continué à tout donner sur le terrain en 2014 malgré son départ acté au Bayern Munich. Après, un joueur aux actions douteuses de plus ou de moins du côté de la capitale… En effet le PSG semble être le principal courtisan du joueur d’après le Parisien, et ils voudraient l’acquérir dès cet hiver, chose que Wolfsburg accepterait volontiers, étant en besoin d’argent et ne voulant plus du joueur. Alors si cela se fait, ce serait sans aucun doute une belle affaire pour le club allemand qui n’a plus envie de compter le joueur dans son effectif. Mais à voir si c’est aussi le cas pour Paris, notamment sur le plan extra sportif, qui recherche pourtant un joueur avec ce profil pour combler les manques dans son effectif.

Le chapitre Wolfsburg devrait donc rapidement prendre fin pour Julian Draxler, mais parviendra-t-il à rebondir ? Ou continuera-t-il à sombrer ainsi sans jamais se remettre en question ? Seul l’avenir nous le dira.

Crédits photo : KENZO TRIBOUILLARD / AFP