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La première partie de saison s’est achevée en Allemagne, et la Bundesliga ne revient que le week-end du 22 janvier. En attendant, il est l’heure de faire un premier bilan. Et il y a de quoi dire. En effet, si depuis quelques saisons le haut du classement est pratiquement toujours le même, cette année c’est bien différent. Et les vieux briscards ont cédé face à la renaissance de certains clubs et à l’émergence d’autres. En somme, cette édition de la Bundesliga n’a de cesse de nous surprendre.

Surprise au classement

Si le leader de la Bundesliga est à ce jour le Bayern Munich, cette place a longtemps été occupée par le jeune club promu de 2. Bundesliga : le RB Leizpig. Le club estampillé Red Bull a joué les trouble-fête et a fait mentir tout le monde. Si l’on pouvait penser qu’il occuperait la première partie du tableau, on ne pensait pas franchement qu’il viendrait en prendre la première place. Avec un Hinrunde qui frôle la perfection, les hommes d’Hasenhüttl ne se sont inclinés qu’à deux reprises et comptabilisent 36 points, seulement 3 de moins que le Bayern. Un Bayern qui a d’ailleurs récupéré son fauteuil de leader sur le fil, à la dernière journée, en étrillant le RBL sur le score de 3-0. De ce fait, sur le plan sportif, il est difficile d’en vouloir à Leipzig qui a produit un très beau jeu, et a étonné l’Europe. Sur les autres points, en revanche, on repassera, mais ce n’est pas le débat.

Pour continuer, au rayon des belles performances de cette première partie de saison, comment ne pas aborder le TSG Hoffenheim, dirigé par le plus jeune des entraîneurs, Julian Nagelsmann ? Et oui, parce qu’à cet instant, Hoffenheim est la seule équipe allemande invaincue mais aussi la seule avec le Real Madrid en Europe. 6 victoires et 10 matchs nuls. Ce que réalise cette équipe est tout bonnement époustouflant : bien qu’elle ne remporte pas la totalité de ses matchs, dans le contenu il y a ce quelque chose que peu de collectifs possèdent. La discipline tactique dont ils font preuve est remarquable, et leur progression l’est tout autant. A ce rythme, on retrouvera l’ancien club le plus détesté du pays (Leipzig a récupéré ce titre) en Europe, et ça ne sera pas volé. Et ils pourront remercier Sandro Wagner qui impressionne son monde, à tel point que certains le veulent avec la Mannschaft.

Maintenant, il faut se diriger vers la Rhénanie-du-Nord-Westphalie où le FC Köln, emmené par un Anthony Modeste intenable et dirigé par Peter Stöger, fait un Hinrunde brillant. Effectivement, le club d’Hennes, le plus connu des boucs, réalise l’une des plus belles saisons de son histoire à l’heure actuelle, pour le plus grand bonheur d’un certain Lukas Podolski. Avec un début de saison canon où le Français enchaînait les buts comme des perles, tout va bien dans le meilleur des mondes pour l’un des clubs les plus populaires d’Allemagne. La seule ombre au tableau est la blessure d’un cadre, Marcel Risse, ailier droit et l’un des piliers de l’équipe, qui sera absent jusqu’à la saison prochaine à cause d’une rupture des ligaments croisés. Depuis ce moment, Köln va un peu moins bien mais son attaquant marque toujours et il compte désormais 13 buts en 16 rencontres, soit 3 de moins que P.E. Aubameyang. On a vu pire. Plus qu’à espérer un détour par l’Europa League pour que tout le monde puisse apercevoir le RheinEnergieStadion et son beau public.

L’autre belle histoire de cette Hinrunde se passe du côté de Frankfurt, où l’équipe du grand Alex Meier s’est métamorphosée à une vitesse record grâce à Niko Kovac. Quel travail réalisé avec l’Eintracht. En arrivant en mars 2016 pour prendre la succession d’Armin Veh, le club se bat pour sa survie. Après une défaite lors de la dernière journée contre Bremen (qui se sauve), le club dispute les barrages face au légendaire 1. FC Nürnberg et se maintient en Bundesliga. Depuis cette saison cauchemardesque, tout a changé et maintenant on retrouve une équipe attrayante, physique, difficile à battre lorsqu’elle commence à défendre. Si Alex Meier est le meilleur buteur de son équipe de toujours (douze années de fidélité et 317 matchs…), tout le monde contribue à la tâche, et c’est finalement ce qui fait la force de l’Eintracht Frankfurt, où la solidarité ne fait pas défaut.

2016-12-29
Source : Kicker.de

Une autre équipe fait déjouer les pronostics, bien qu’elle soit déjà là depuis l’année dernière. Le Hertha Berlin continue sur sa lancée et n’a de cesse d’impressionner l’Allemagne. Beaucoup pensaient que l’élimination précoce de Die Alte Dame en Europa League allait laisser des traces et affaiblir l’équipe, eh bien ce n’est pas le cas. Puisque comme la saison dernière, les hommes de Pal Dardai sont irrésistibles ou presque. Si offensivement, tout roule correctement, derrière ça coince un peu, comme l’an passé. En somme, si l’équipe ne flanche pas une nouvelle fois en seconde partie de saison, le club de la capitale devrait pouvoir s’offrir une petite aventure européenne. Mais ce ne sera pas une mince affaire avec les équipes qui sont à la poursuite des Berlinois.

Enfin au rayon des surprises, on peut certainement ajouter le SC Freiburg, champion en titre de 2. Bundesliga, et fraîchement promu avec le RB Leipzig.  Le club de la Forêt-Noire, qui a passé une saison en seconde division, réalise une belle première période, relativement loin de la zone rouge. Dès le début du championnat, tout le monde était certain que le club du Bade-Wurtemberg allait se battre pour le maintien, mais finalement non. Située à la 8e position, l’équipe dirigée par Chrisitan Streich, en poste depuis 2011, montre que sans avoir un effectif mirobolant, on peut réaliser de belles performances. Avec un Vincenzo Grifo toujours aussi important, les pensionnaires du Schwarzwald-Stadion auront encore fait vivre de belles émotions à leurs fidèles supporters. Et la saison est loin d’être terminée.

Des déceptions et des (presque) naufrages

S’il y a eu de belles surprises en cette première partie de saison, certains clubs ont aussi été véritablement décevants. Du Bayern Munich en passant par le HSV, nombreux sont ceux qui n’ont pas franchement brillé. Concernant le Rekordmeister, les problèmes ont déjà été évoqués il y a plusieurs semaines sur notre site. Et aujourd’hui, bien que le club soit leader, ceci n’efface certainement pas cette première partie de l’exercice 2016/2017 poussive. Mais ils n’ont pas été les seuls à être dans cet état.

Le Borussia Dortmund et le Bayer Leverkusen sont à la traîne. Concernant le club de Thomas Tuchel, la situation est loin d’être désastreuse. Mais ce n’est pas glorieux pour autant. Mais qui pourrait prétendre aux sommets en ayant perdu sa colonne vertébrale et accueilli de nombreux nouveaux joueurs ? Personne. Finalement, cette situation était prévisible et la patience est le maître mot dans la Ruhr. Pour ce qui est du Werkself, toujours dirigé par Roger Schmidt, il se trouve quant à lui dans un état peu flatteur. Si l’inconstance était fortement présente ces dernières saisons, cette année le club est relativement constant pour ce qui est d’être moyen. Et pour un club qui a pris l’habitude d’occuper les premiers rangs de la Bundesliga ça se révèle être légèrement inquiétant. Peut-être que la tendance finira par s’inverser après la trêve.

Source : AFP
Source : AFP

Moyen résume également bien Schalke 04, le FSV Mainz ou le FC Augsburg. Tous les trois ont alterné entre périodes fastes et périodes plus maussades. La constance n’a pas franchement été le maître mot donc. Pour Mainz, ceci s’explique surement par l’Europa League qui n’a pas été simple à gérer. Pour ce qui est des Königsblauen, ces derniers ont eu un début de saison catastrophique avant d’enchaîner plus de 10 matchs sans s’incliner. Puis après une défaite contre Leipzig, la machine s’est enrayée. Cet Hinrunde en dents de scie peut trouver sa cause dans l’arrivée d’un nouveau coach cet été, Markus Weinzierl. L’homme a mis du temps à trouver la bonne formule, comme il avait mis du temps au FCA, mais finalement ça avait fini par fonctionner. Pas de quoi s’inquiéter pour Schalke 04, toutefois une réaction sera là aussi obligatoire si l’autre club de la Ruhr veut une nouvelle fois goûter à l’Europe. Enfin pour Augsburg, la réponse à cette inconstance qui était finalement inévitable se trouve dans le départ de M. Weinzierl pour Gelsenkirchen. Depuis, on a du mal à se trouver, ce qui a poussé les Souabes à changer d’entraîneur en cours de route : départ de Drik Schuster et arrivée de Manuel Baum. Plus qu’à espérer que cela fonctionne et que ce club à la belle histoire continue sa route en Bundesliga la saison prochaine.

Pour ce qui est du Vfl Wolfsburg et du Borussia Mönchengladbach la situation relève de la crise avec un grand C. Rien ne va plus chez l’un comme l’autre. La situation du premier n’est plus à présenter puisqu’elle va de pair avec crise du géant automobile ainsi qu’avec le départ d’un certain Kevin De Bruyne notamment. Pour le second, l’un des principales coupables de cette débâcle a été identifié en la personne d’André Schubert. Ce dernier fait d’ailleurs partie des 9 hommes ayant été remerciés par leur club depuis août. Avec seulement une victoire depuis le 24 septembre, c’en était trop pour le board des Fohlen qui a remercié le successeur de Lucien Favre. Le bilan comptable tout comme le jeu ne sont pas bons. C’est donc Dieter Hecking (passé par Gladbach entre 1983 et 1985), lui aussi remercié par le VfL Wolfsburg et remplacé par Ismael Valérien, qui est venu lui succéder après la seizième journée (défaite 2-1 contre Wolfsburg, l’ironie). Aucune certitude concernant la deuxième partie de saison de ces deux clubs, toutefois, une chose est presque sûre : on ne les verra pas en Europe l’année prochaine, sauf miracle.

Tout en bas du classement, Bremen, Ingolstadt, Darmstadt et Hamburg se battent pour ne pas sombrer. Ces quatre clubs ont un point en commun qui est celui d’avoir changé de coach. Pour ce qui est du Werder de Brême V. Skripnik a été remplacé par Alexander Nouri qui ne fait pas pâle figure, loin de là. Du côté du FCI qui avait perdu Hasenhüttl cet été, Maik Walpurgis est venu succéder à Markus Kauczinski qui a laissé un sacré chantier derrière lui. A Hamburg, où il ne fait pas bon aimer le football cette année, Bruno Labbadia a laissé sa place à Markus Gisdol qui a enfin permis au HSV de gagner cette saison. Oui oui. Pour terminer, Darmstadt en est déjà à son troisième coach… Torsten Frings, ancien international allemand, a été tout récemment promu entraîneur après les passages de Ramon Berndroth et Norbert Meier. Voilà la définition de la précarité si vous la cherchiez encore. Pour ces 4 clubs, tout est encore possible, notamment avec les barrages, mais la lutte ne sera pas facile.

Voila globalement ce qu’il s’est passé en Bundesliga pendant les seize premières journées. Comme vous l’aurez remarqué, cette saison est loin d’être banale et elle nous offre de belles surprises. Et c’est loin d’être terminé : allez encore 16 journées.

En bonus, voici les 11 joueurs qui ont brillé en cette première partie de saison : Hradeckey, Kolasinac, Vallejo, Vogt, Weiser, Keïta, Thiago, Forsberg, Gnabry, Aubameyang. Et bien sûr mention spéciale à Plattenhardt, Abraham, Modeste, Werner, Orban et Jarstein, qui ont eux aussi été époustouflants.

Crédits photos : AFP PHOTO / Christof STACHE