1

En ce début d’année 2017, les clubs du monde entier (ou presque) s’apprêtent à faire leur retour sur les terrains pour entamer la phase retour de leur championnat, la phase décisive, la route vers le titre final. Parmi ces clubs se trouve celui de Rui Vitoria qui semble bien destiné à gagner une fois de plus le championnat portugais, et à faire un parcours qui enflammera à coup sûr tout Lisbonne en Ligue des Champions. Mais comment le club a-t-il bâti ce début d’empire ? Retour sur les moments forts de cette première partie de saison du côté de la capitale lusitanienne.

13 août 2016 : Horta s’illustre déjà, Benfica met la marche avant

Il est toujours de bon augure de commencer le championnat avec une victoire. Et ce fut chose faite avec cette victoire deux buts à zéro sur le terrain de Tondela, cible de choix pour débuter une saison tant la différence d’ambitions entre les deux clubs est considérable. Cependant, Benfica n’est pas tombé dans le piège du match à l’extérieur sur la pelouse du petit poucet. Avec un but de la tête sur coup-franc pour Lisandro, remplaçant mais entrant à la place de Luisao, et un raid solitaire de André Horta, Benfica se lance dans le championnat grâce à une rencontre globalement dominée.

Fin août 2016 : Rafa Silva, un record

Alors que le marché des transferts bat son plein, Benfica frappe un grand coup et signe l’un des plus grands talents du football portugais. Dynamiteur de défenses, agitateur de rencontres, Rafa Silva est reconnu par tous comme le futur d’un pays. Un futur loin du standing d’un Cristiano Ronaldo, formé à la moderne, à l’européenne pourrait-on dire, par des grands maîtres tels que Sir Alex Ferguson ou Mister José Mourinho, mais un futur authentique, plus proche de son Portugal natal. Il décidera même de poursuivre cette route de l’authenticité en signant à Benfica pour une somme dépassant les quinze millions d’euros, établissant par la même occasion un record de transferts entre clubs portugais. A vingt-trois ans, Rafa Silva rentre enfin (et déjà) dans l’histoire.

19 septembre 2016 : le premier choc, la première démonstration

Après un début de championnat plutôt tranquille malgré un match nul contre un Vitoria Setubal prêt à aller au front et à se dépouiller, le premier match test pour cette équipe aux rêves européens est bien celui-ci, contre l’outsider numéro un du championnat. Malgré une légère pression sur les épaules, celle de la victoire, les rouges et blancs ne font qu’une bouchée de leur adversaire du soir. Mitroglou se joue même de la défense adverse pour inscrire un doublé important. Comme dans un rêve, il lève les bras au ciel et tourne sur lui-même, pour sentir sur lui chaque être présent dans l’Estadio Da Luz, pour sentir sur sa peau la brise tardive qui vient envelopper et caresser Lisbonne. Score final, trois buts à un. La machine est lancée, la meute prête à tout écraser.

19 octobre 2016 : la première victoire européenne

A l’inverse du championnat, le club légendaire peine à se lancer en Coupe d’Europe, enchaînant les contre-performances face à Naples ou encore Besiktas. Contre toute attente, c’est dans le froid et la nuit ukrainienne que les partenaires de Fejsa engrangeront pour la première fois les trois points. Grâce à un pénalty généreux provoqué par Gonçalo Guedes (récemment sur les tablettes du PSG), Salvio transforme en plein centre et donne au bout de neuf petites minutes l’avantage à son équipe. Grâce à la maladresse de la défense de Kiev, Cervi viendra même rajouter un deuxième poids dans la balance, la faisant grandement pencher du côté de Benfica jusqu’à la fin du match.
Plus d’une semaine plus tard, les aigles de Lisbonne accueilleront dans leur antre l’ennemi ukrainien. Encore une fois, ils empocheront les trois points grâce à un pénalty de Salvio. Comme quoi, le football ne tient souvent qu’à un point blanc..

6 novembre 2016 : « Fluctuat Nec Mergitur »

Pendant près de quatre-vingt-dix minutes, peut-être un peu moins, peut-être un peu plus, Benfica aura été acculé sur son but, encaissant les coups sans jamais rechigner, sans jamais abandonner. Pendant un match entier, le bloc aura été mis à mal, la tactique déchirée en tous points, la technique bafouée. Cependant, comme toute grande équipe, Benfica aura su préserver les richesses de la cité des assauts ennemis. Il aura su rester en vie jusqu’au dernier instant afin de renaître de ses cendres et faire boire à Porto le calice jusqu’à la lie. Malgré un match dominé de bout en bout, Porto subit l’égalisation de Lisandro en toute fin de match, sur un coup de casque qui vaudra certainement très cher dans la course au titre.

23 novembre 2016 : la folie poussée à son paroxysme

Comme Porto avant eux, les joueurs de Benfica se voyaient déjà repartir du stade avec trois points dans la poche et un match référence pour le reste de la saison. Dans un stade réputé pour avoir l’une des ambiances les plus chaudes d’Europe, Benfica a refroidi avec d’être refroidi. Pris à son propre piège après un but de Guedes, un bijou de Semedo et un jeu de billard conclu par Fejsa, le club de la capitale a vu revenir en quarante-cinq minutes l’équipe turque. Ironie du sort, deux des buteurs du soir sont d’anciens résidents de Do Dragao, en la personne de Quaresma et Aboubakar. Benfica laisse encore tomber des plumes en Ligue des Champions et la tâche s’annonce très compliquée. A moins que Kiev ne réalise une performance étonnante dans la dernière journée contre… le Besiktas.

11 décembre 2016 : « Lisboa é vermelha »

Dans un stade comble pour l’un des matchs les plus suivis de l’année face à l’ennemi sportinguista, Benfica se devait de vaincre le groupe du traître Jorge Jesus. Rafa Silva titulaire, voilà la surprise du jour. Blessé pendant une grande partie du début de saison, le fantasque portugais retrouve le terrain en tant que titulaire pour un match couperet. Au bout de vingt-cinq minutes, il sert d’un extérieur du pied droit Toto Salvio qui vient conclure une contre-attaque éclair, digne des plus grandes équipes du Dieu Mourinho. Dès le retour en seconde période, Raul Jimenez, lui aussi titulaire de dernière minute, vient placer le ballon au fond des filets pour enterrer les vert et blanc. A la soixante-neuvième minute, le costaud Bas Dost viendra inscrire un but anecdotique car il ne changera nullement le cours et la finalité de ce match. Après une rencontre assourdissante, les aigles repoussent les lions à cinq longueurs et pourront passer les fêtes tranquillement au pied du sapin.

Photo credits sould read: http://www.footyheadlines.com/