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Parce qu’UltimoDiez est avant tout un conglomérat de passionnés, abordons aujourd’hui le problème de la formation, et pas de n’importe quelle manière. Grâce à Romain, 20 ans, pénétrons un peu plus dans les fondements du footballeur, la notion tactique chez les petits.

Romain est éducateur dans son club des quartiers nord de Marseille depuis trois ans. Depuis deux ans, il est à la tête du groupe U9-U10. Il raconte sa manière bien à lui de faire adhérer ses minots à sa conception du ballon.

« Selon la Fédération française de football, une séance d’entraînement doit être organisée autour de trois procédés d’entraînement : un exercice visant à répéter un geste technique ou athlétique, un jeu qui va opposer deux équipes avec un ballon, un même but, les mêmes consignes, un même objectif, et enfin une situation visant elle à répéter une action visible en match.

La séance doit être harmonisée autour d’un thème choisi par l’éducateur.
Seulement voilà, une fois les diplômes obtenus, doit-on appliquer à la lettre les instructions de cette fédé, au risque de retrouver des coachs robotisés ?
L’aspect tactique ne doit-il pas être un élément primordial à la formation d’un jeune joueur ? Je pense que oui, bien évidemment.

I-La « culture foot »

 

Le vocabulaire est pour moi un élément incontournable du travail de l’éducateur : avoir un vocabulaire précis, parler d’intervalles (et non pas d’intervaux), de jeu de position, d’homme libre, de zones, de bloc, de pressing… est vraiment indispensable à la construction d’une certaine culture foot de l’enfant. Lors des explications avant un jeu ou une situation par exemple, c’est là qu’il faut balancer les termes footballistiques, c’est pendant ce moment-là qu’ils nous écoutent le plus.

Ce que j’aime bien faire avec mes jeunes, en l’occurrence des U10, c’est de sans cesse les questionner, en étant attentif au vocabulaire qu’ils utilisent. Je leur demande beaucoup d’efforts sur ce point-là. Je veux inciter mes jeunes joueurs à se différencier du débat du bar comme on dit. Je veux qu’ils soient en mesure d’employer de vrais termes footballistiques, la formation c’est aussi ça, et ce serait une faute de passer à côté.

Ce que je fais aussi, c’est débriefer un match professionnel avec eux les lendemains de Ligue des champions par exemple. Pour cela je pose des questions simples, du genre « qu’a fait l’équipe quand elle avait le ballon? Qu’a-t-elle fait sans ballon? Qu’a-t-elle fait à la perte ou à la récupération du ballon? » Quand je demande qui a vu le match ou est-ce que cette équipe a bien joué, je ne veux plus entendre de « ah wallah ils sont tarpin morts eux et lui il est hard péter sur ma mère » vous comprenez ? Ensuite je donne mon avis personnel en employant un maximum de mots complexes que j’explique par la suite. Je les questionne en permanence !

II-Le terrain

Passons maintenant au côté pratique : le terrain. J’essaye toujours de rendre des choses a priori compliquées, simples. Mes joueurs sont formatés :
– il existe 4 phases de jeu dans un match : quand on a le ballon, quand on ne l’a pas, quand on le perd, et quand le récupère. Et ensuite la vraie question à se poser, c’est que faire pendant chacune de ces phases ? Au niveau du placement, de l’utilisation du ballon etc… Pour bosser cela, j’utilise des jeux visant à répéter des situations pour apprendre à gérer ces transitions-là. Tous les principes tactiques, qui diffèrent selon le coach, s’articulent autour de ces 4 phases. Il est donc nécessaire d’insister dessus. Cela donne un repère temps au joueur.

– un terrain de football est découpé en 5 zones : aile gauche – entre espace gauche – axe – entre espace droit – aile droite. Lorsqu’on a le ballon, je veux que ces zones soient en permanence occupées par un joueur de façon à rendre le terrain le plus grand possible. Lorsqu’on n’a pas le ballon, je veux toujours que ces zones soient occupées mais cette fois-ci de façon à rendre le terrain le plus petit possible. Cela donne un repère espace au joueur. On peut très bien matérialiser ces zones avec des coupelles ou des bandes adhésives.

Oui un jeune de 10 ans est capable de comprendre cela. Il ne faut pas se dire que ça risque d’embrouiller le joueur, bien au contraire, tous ces éléments cités vont lui permettre de mieux comprendre le football et ses contraintes.
Rien qu’en inculquant ces deux principes-là, le jeune joueur est en mesure de se repérer dans l’espace temps.

Conclusion : L’aspect tactique doit être quelque chose de fondamental pour le jeune joueur et ce dès 9-10 ans (passage sur moyen terrain). C’est pour moi le rôle de l’éducateur ; à lui de communiquer sur le sujet, de donner les outils, aux joueurs de s’en servir. Il faut pousser les jeunes en permanence dans la réflexion et dans le questionnement, il faut qu’ils soient capables de disposer d’un vocabulaire bien fourni le plus rapidement possible !

PARLEZ FOOT A VOS ENFANTS ! »

Pour suivre Romain sur Twitter : @Romain1899_

Crédits photo : http://www.ussaintvit.fr/