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Malgré les nombreuses rumeurs qui entourent le tout premier mercato de l’OM Champions Project, la piste menant à un retour de Dimitri Payet en terre phocéenne a pris du poids ces derniers jours. Et c’est loin d’être étonnant, tant sur le plan sportif que stratégique.

Envoyer un double message

Rapatrier Dimitri Payet, qui plus est dès le mois de janvier, permettrait à la nouvelle direction de l’Olympique de Marseille de lancer l’OM Champions Project de la meilleure des manières, en délivrant un double message. Le premier vers ses propres supporters : ce serait une façon de laver l’affront et de tirer un trait sur le passé récent du club. L’OM n’est plus un acteur passif du mercato et a bien l’ambition de redevenir une place forte du football français et européen. Et le retour de son ancien meilleur joueur en serait le symbole parfait.

Le second message envers les autres clubs. Frank McCourt n’est pas là pour rigoler. L’OM a des ambitions et veut se donner les moyens d’y arriver. Car si « El Principito de San Pedro de la Reunión » est un ancien de la maison marseillaise, il a bien évolué depuis son départ de la cité phocéenne. Il avait quitté l’OM avec le statut de meilleur passeur du championnat et celui persona non grata en sélection. En un an et demi, il est devenu une valeur sûre de la Premier League en figurant notamment dans l’équipe type de la saison et parmi les nominés pour le Ballon d’Or. Il est également devenu un titulaire indiscutable dans l’équipe de France qui a atteint la finale de l’Euro 2016. Les rumeurs l’ont envoyé vers les plus grands clubs du monde, et le voir revenir dans les Bouches du Rhône constituerait un énorme coup pour Jacques-Henry Eyraud et son staff.

Si Payet représente un investissement considérable compte tenu de son âge et de la faible probabilité de plus-value, il est probablement le meilleur joueur que l’OM pourrait attirer à l’heure actuelle. Il permettrait aussi de booster le marketing, en attirant quelques milliers de spectateurs en plus au stade vélodrome, tout en faisant vendre un maximum de maillots. Sans parler de la plus-value sportive d’un tel joueur, alors que l’OM s’apprête à aller chercher une place européenne en seconde partie de saison.

Le 4-3-3 de Rudi Garcia

Selon l’Equipe, Rudi Garcia ferait le forcing pour rapatrier l’esturgeon de Saint-Pierre. Un choix évident puisqu’en plus de connaître parfaitement le contexte marseillais, Payet connaît également le système de Rudi Garcia, avec qui il a évolué à Lille durant deux ans. Il y avait même disputé une de ses meilleures saisons en 2014 avec pas moins 12 buts et 12 passes décisives en championnat.

Si c’est dans un rôle de numéro 10 que Payet avait explosé à l’OM, il a depuis récupéré sa place sur le côté gauche, aussi bien à West Ham qu’en sélection. Un poste où aucun Marseillais n’a réussi à s’imposer cette saison… et qui lui siérait à merveille. Le profil de passeur de Payet serait parfaitement complémentaire à celui de dribbleur de Thauvin sur l’aile droite, et l’absence d’un pur meneur de jeu permettrait au réunionnais de bénéficier d’une liberté de mouvement conséquente, sans affecter la progression du jeune Maxime Lopez.

Dimitri Payet possède donc le profil idéal pour le nouvel OM. Mais le dossier s’annonce épineux. À bientôt 30 ans, Payet a déjà annoncé qu’il souhaitait disputer la Ligue des Champions. Un objectif qui sera très difficile à atteindre dès cette saison pour Marseille. Et quand bien même le meneur de jeu pourrait se laisser séduire par le projet marseillais comme il l’a laissé entendre au micro de SFR Sport, les dirigeants marseillais devraient se heurter à l’intransigeance de ceux de West Ham : en difficulté en championnat, il serait improbable que les Hammers acceptent de se séparer en plein milieu de la saison du joueur le plus créatif de Premier League, qui fut également le meilleur passeur du championnat sur l’année civile 2016. Mais l’OM aurait tort de ne pas tenter le coup, et comme l’a dit Jacques-Henri Eyraud, « dire c’est faire rire, faire c’est faire taire ».

Crédits photo : AFP PHOTO / FRANCK FIFE

AFP / DDPI