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Après une trêve internationale qui a fait du bien à tous les organismes, on a eu des matchs de reprise de qualité, à l’image de la Copa del Rey. Mercredi soir c’était la première bataille de haut niveau entre le FC Séville de Sampaoli et le Real Madrid du divin chauve des bancs de touche, Zinedine Zidane. On a eu droit à une partition de haut standing avec un 3-0 malgré plusieurs joueurs absents dont Ronaldo. 1-0 pour l’équipe de l’ancien génie de la France. Le lendemain, l’ennemi catalan, le FC Barcelone, s’est déplacé dans l’enfer de San Mames, pour le 8e de finale aller.

Les compositions d’équipe

Barcelone vient avec son effectif au complet, ce qui est idéal pour débuter la seconde partie de saison. Vu l’adversité qu’il y a en face, Luis Enrique ne fait pas dans la demi-mesure et décide d’aligner l’équipe type, avec Samuel Umtiti en défense centrale accompagné de Piqué.

Au milieu on retrouve la fameuse combinaison Iniesta-Busquets-Rakitic qui a fait des merveilles, et que l’on n’avait pas vu jouer ensemble depuis la blessure du capitaine catalan contractée le 22 octobre contre Valence.

Du côté des Basques, on doit composer avec quelques indisponibilités. Beñat commence sur le banc suite à sa gêne contractée avant la trêve. Valverde doit aussi faire avec l’absence d’Óscar de Marcos en raison d’une blessure au pied. Pour les remplacer, il aligne San José et Boveda respectivement poste pour poste.

La défense de Bilbao

Cette confrontation entre les deux équipes est l’une des plus réputées depuis quelques années en Espagne. Ernesto Valverde sait que le Barça ne doit pas être dans sa zone de confort  et qu’il faut les gêner.

Lorsque l’on voit cette image, on observe que les Basques sont disposés dans un bloc en 4-4-2, qui joue assez haut en phase médiane. La ligne défensive se positionne assez haut sur le terrain pour mettre hors de portée la MSN. Cette montée permet de faire sortir le bloc-équipe de sa zone et de faire reculer les Barcelonais dans leur camp. Au milieu, on remarque que les joueurs vont eux aussi assez haut pour coller le milieu de terrain du Barça et ce afin d’être en prise individuelle dans leur zone. Iturraspe, San José et Saborit se placent derrière la triplette barcelonaise pour les empêcher de se retourner et de jouer obligatoirement vers son but. Enfin, sur le front de l’attaque, on voit que le travail d’Aduriz et Inaki crée une pression à la relance du côté de Piqué et d’Umtiti, en provoquant des erreurs dans les transmissions.

Même les transitions défensives sont bien gérées du côté de Bilbao. Sur cette récupération d’Iniesta, on voit que chaque joueur sait ce qu’il doit faire avec le contrôle de la profondeur. Ayant passé le premier pressing, les rouges décident de cadrer le porteur du ballon pour ne pas être déséquilibrés et ça marche : toutes les solutions sont bloquées. La passe qu’Iniesta tente va être fermée par Iturraspe et amènera le premier but d’Aduriz. Le travail défensif a une énorme conséquence sur l’apport offensif. Grâce à cette interception son équipe s’est retrouvée dans une situation de 3 contre 2, ce qui a permis de faciliter le but.

En plus d’être impliquée sur le pressing et intelligente sur les transitions, cette équipe ne lâche rien et reste présente aussi sur les phases arrêtées. L’action part d’une touche d’Alba en direction d’Iniesta. On voit que les joueurs basques ne prennent pas ces actions à la légère, et vont de ce fait presser les catalans dans leur coin de corner. Connaissant la qualité technique de ces derniers on peut penser que c’est un risque, puisque si les barcelonais arrivent à passer ce pressing les espaces seront découverts et les projections pourront faire mal. Mais les rouges ont un coffre et une intelligence qui leur permettent de réaliser cette pression de la meilleure des façons.

Dès la remise d’Iniesta, Raul Garcia agresse le capitaine catalan, l’obligeant à rejouer avec Alba, qui va du coup dégager et perdre la balle. Le second ballon est gagné par les Basques qui finissent l’action en deux touches de balles maximum, permettant à Inaki de marquer le second but.

Sous Ernesto Valverde Bilbao joue un football avec la force de son équipe : le pressing. Ajoutée à une intensité boostée par un public en feu, on se retrouve avec un cocktail explosif. C’était même beaucoup trop intense vu que les rouges ont fini le match à 9 contre 11. Cette force a d’ailleurs obligé les catalans à déjouer leur jeu, dans leurs choix particulièrement.


Les difficultés offensives du Barça

Lors de la dernière victoire du Barça en Ligue des champions c’était une équipe qui avait des facilités avec du jeu dans les petits espaces et dans la largeur, permettant d’avoir des solutions.

Les attaques barcelonaises ont eu du mal à s’effectuer cette fois-ci, notamment dans le placement des différents joueurs sur la pelouse. Sur cette image, la situation est symbolique du match effectué par les joueurs de Luis Enrique. Face à ce bloc bien organisé Iniesta se doit de décrocher, afin de pouvoir faire remonter le ballon et aider Busquets, constamment agressé par Iturrapse dès qu’il touche le ballon. Cependant, son positionnement doit se trouver entre les lignes pour faire un lien entre la MSN et le reste de l’équipe. Vu son dézonage obligatoire, il n’y a pas de joueurs qui décrochent pour combler l’absence d’Iniesta du côté de Neymar ou Suarez. On voit même que Messi doit totalement abandonner son aile droite pour occuper cet espace.

Le risque pris permet de laisser de l’espace à Sergi Roberto et d’étirer le bloc adverse. Le souci est que cette solution est possible mais elle coince dès que ce dernier est à la réception de la passe.

Le manque de mouvement provoque des situations de ce genre pour les joueurs excentrés, et amène une supériorité numérique dans des zones importantes du terrain. On observe que Neymar se retrouve dans un 4 contre 2 avec Suarez qui vient l’aider afin de créer le déséquilibre, mais on voit aussi que la couverture est faite par Laporte. Dans ce type de situation, les latéraux barcelonais n’ont pas la qualité de dribbles du Brésilien, qui a réussi à récupérer un coup franc lors de cette action.

Certes, après l’expulsion de Garcia les catalans ont pu avoir des opportunités et ont égalisé grâce aux espaces laissés par cette supériorité, mais à 11 contre 11 les différentes situations n’auraient pas été trouvées.

Pour le match retour, on peut s’attendre au même type de match pour les joueurs de Valverde qui ressortent avec des certitudes pour battre une équipe de Barcelone qui se cherche encore malgré ses individualités de grande qualité.

Le grand cycliste ne peut pas se permettre de perdre une Coupe du Roi qui peut être le seul titre que le club puisse gagner cette saison. De ce fait, on peut s’attendre à voir une équipe disposée en 3-5-2, qui a créé des certitudes dans le passé face à des blocs-équipes regroupés de la sorte. Les mouvements et la circulation du ballon vont pouvoir aider les Barcelonais à gagner la seconde bataille et ainsi prétendre à poursuivre cette guerre pour aller récupérer la Coupe en forme de bouteille d’Arizona.

Credits photo : goal.com