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Deuxième partie de la fiction consacrée à la fin de carrière de l’infernal Wayne Rooney. Pour les retardataires, la première partie est ici.

Back to the future

Nous revoilà en juillet 2019. Deux mois auparavant, on apprend qu’Everton a été racheté par des investisseurs singapouriens dont la volonté est de rendre le club plus grand. Ce rachat éveille la curiosité de Wayne qui va tout de suite prendre son téléphone pour appeler son ami Phil Jagielka et savoir ce qu’il en est de ce projet.
2 minutes 34, comme le temps de leur discussion. 2 heures 34 minutes, comme le temps de la conversation Skype entre Rooney, son agent et le nouveau président du club. Deux jours plus tard, l’Anglais reprend les crampons et le voilà embarqué dans un dernier périple dans son club formateur.
L’objectif des Singapouriens est de participer au plus vite à une compétition européenne. Lors de ce mercato, pas moins de 230 millions d’euros sont dépensés pour s’offrir des stars internationales telles que Nainggolan ou encore Chicharito. C’est donc un grand nettoyage qui est fait au sein du club. Parmi les survivants, on compte : Jagielka, Barry, Baines et Bolasie. L’arrivée de Rooney, quant à elle, fait débat. Critiqué pour son manque de rythme (1 an sans jouer) et à cause de son salaire (14 millions par an), il se doit de faire taire les haters. Il n’est pourtant pas aidé par ses coéquipiers, à l’image de Yannick Bolasie qui, lors d’une conférence de presse, avoue : « Everton n’est pas une maison de retraite. Les papys n’ont pas leur place ici. SAUVAGERIE. »
Everton, pour son retour à la Premier League, aligne le 11 suivant : Handanovic – Clyne, Jagielka, Alderweireld, Baines – Nainggolan, Barry – Bernardo Silva, Rooney, Bolasie – Chicharito.
Une équipe qui a de la gueule qui plus est entraînée par Fabio Capello.
La nouvelle saison s’ouvre par un choc contre Tottenham et une victoire 2-1 des Toffees dont une passe décisive pour Rooney. La saison poursuit tranquillement son cours et Everton termine solide second du championnat derrière un Manchester United taille patron avec 96 points. Le club est donc qualifié pour la Ligue des Champions et des renforts de taille arrivent pour remplacer Barry et Bolasie qui ont accumulé les blessures au cours de la saison. Tout d’abord l’arrivée de France-André Zambo Anguissa en provenance du Real Madrid puis Dries Mertens pour le remplacement de l’idole de Kalash Criminel.
Saison 2020-2021, Wayne a maintenant 36 ans et sort pourtant d’une saison à 16 buts pour 19 passes décisives dans un rôle de 10 qu’il affectionne particulièrement. Tout se passe bien pour Everton jusqu’à cette fameuse crise de novembre si appréciée par le Paris-Saint-Germain. Le club connaît un coup d’arrêt. Deux défaites consécutives en Champions League qui les condamnent à une certaine élimination, ils peuvent au mieux jouer l’Europa League. En championnat, le club vient de subir sa 6ème défaite en 14 matchs et sombre dans le ventre mou. Un homme est alors capable de faire renverser la situation, un homme peut alors redorer le blason du club qu’il chérit tant. Cet homme c’est évidemment Wayne Rooney. Il décide de prendre les choses en main et avant le derby contre Liverpool il fait un discours après lequel Leighton Baines lui remet le brassard de capitaine qu’il va garder pendant encore pas mal de temps. On ne connaît pas le contenu de ce discours mais c’est Chicharito qui nous en parle le mieux : « Il m’a rappelé mon cousin, Eduardo, une fois on lui avait volé sa cargaison de coke. Après ça il nous a fait un discours pour nous dire que celui qui trouvait le gars qui avait fait ça remporterait 100 000 dollars. Après ça je voulais mourir pour lui, je pouvais tout donner pour arriver à mon but. ». Ce match contre Liverpool, les Toffees le remportent 3 à 0 : doublé de Bernardo et but de Rooney. Après ce match, l’équipe est relancée et va parvenir à se hisser de justesse à la 4ème place, synonyme de tour préliminaire pour la Ligue des Champions. En plus de cela, Everton remporte la FA Cup et survole l’Europa League (0 défaites et victoire 4-0 en finale contre Beskitas). Rooney termine moins bien que la saison précédente mais tout de même 11 buts et 13 passes décisives.
Le match de qualif pour la C1 est évidemment une formalité pour un effectif bâti pour aller loin dans la compétition. 7-1 sur la double confrontation contre Villareal dont un quadruplé de Rooney au match aller.
C’est le début de la fin pour la concurrence.

La renaissance du Roi

Nouvelle saison, presque nouvelle équipe. Pour pallier le départ en retraite de Phil Jagielka, c’est Niklas Süle qui est acheté au Bayern Munich pour la modique somme de 41 millions d’euros.
Août 2021 : deux matchs de championnat, un contre Swansea, l’autre contre Watford en plus du tour préliminaire de C1. 2 victoires faciles et 3 passes décisives pour Rooney.
Septembre 2021 : quatre matchs de Premier League et un de Cup. 4 victoires et un match nul mais Everton consolide sa première place et se qualifie en 8èmes en Coupe. 2 buts et 2 passes décisives pour Rooney.
Octobre 2021 : six matchs au total : quatre de PL et deux de Champions League. 5/6 pour les Toffees. 2 buts de Rooney et 3 passes dé.
Bon je vais m’arrêter là parce que ça commence à devenir chiant mais tout ça pour vous montrer à quel point Rooney et ses coéquipiers vont parvenir à maintenir une cadence infernale tout au long de la saison.
Everton termine le championnat 1er pour la 10ème fois de son histoire. Le club est porté en triomphe et le monde du football salue la prestation de ce club à l’effectif pourtant moins fort que ceux de United ou encore Chelsea. Certes, certains individus trouvent encore le moyen de décrier cette performance comme par exemple un certain @rayandeuxfois qui tweet cela le jour du sacre contre l’équipe rivale de Liverpool : « Vos clubs de gros morts champions d’Angleterre qui se font connaître à l’étranger grâce à l’avènement du rap facile 🚮🚮 ».
Niveau européen, c’est bien une finale que le club anglais va jouer la semaine à venir. Une finale elle aussi contestée puisque le club s’est hissé en finale en battant le Bayern Munich 1-0 sur les deux matchs grâce à leur unique frappe au bout de 180 minutes. Un match digne de FUT en quelque sorte. En plus de cela, Everton a hérité d’un tirage au sort relativement RealMadridesque en affrontant Galatasaray et Séville en huitièmes puis en quarts.
Mais c’est maintenant une finale face au Dortmund de Thomas Tuchel qui est à gagner pour la bande à Wayne Rooney.
Dès la 6ème minute c’est Raphael Guerreiro qui ouvre la marque pour le BVB d’une superbe enroulée du gauche. Heureusement, Tonton Wayne est là et égalise à la 77ème alors que l’on n’y croyait plus tant Dortmund dominait le match.
94ème, l’arbitre siffle la fin du match et nous nous dirigeons donc vers des prolongations.
Au terme d’une première mi-temps soporifique, le score est toujours de 1 partout. Mais à la 107ème, le prodige Dahoud (il a signé à Dortmund en 2018) envoie un amour de ballon piqué pour Michy Batshuayi (c’est maintenant l’attaquant du BVB) qui redonne l’avantage à son équipe de la tête. Tuchel le sait : Everton va pousser pour égaliser mais son seul renfort défensif sur le banc est Marc Bartra. Il est alors tiraillé : faire reculer tout le monde d’un cran et accepter de subir pendant un quart d’heure ou sortir un attaquant et faire rentrer un défenseur mais conserver des opportunités. Tuchel réfléchit longuement et à la 110ème Bartra entre en jeu. Mauvais choix. En effet, en voulant faire une passe en retrait à son gardien, il glisse, Chicharito récupère la balle et mystifie Bürki d’une grosse frappe du droit. 2-2.
Les deux équipes tiennent bon pendant 10 minutes et la séance des tirs aux buts arrive…
On en est à 4 partout, Ousmane Dembele vient de manquer le sien. Je sais que vous connaissez déjà cette scène : Rooney a l’occasion de faire remporter son équipe mais le ‘’Black Messi’’ arrive et fait tout foirer. Sauf que cette fois-ci, Rooney est conscient que Bürki n’est pas Apoula Edel et que les joueurs de Dortmund ne sont pas des Obafemi Martins ou Bouna Sarr en tout genre. Il prend ses responsabilités, pose le ballon et prend 3 grands pas d’élan.
Tout le monde retient son souffle. Mais tout à coup, surgit Alexandre Lacazette qui tire et marque à sa place !! Évidemment, je rigole, Lacazette est en train de croupir sur le banc de Wigan en D3 anglaise.
Plus sérieusement, Rooney s’élance tire et marque.
Rooney vient de faire gagner sa première Ligue des Champions à Everton, son club formateur.
Wayne est joyeux, heureux, même dans ses rêves les plus fous gagner la Champions League avec son club de cœur n’est jamais arrivé.
Ce soir de juin 2022, Rooney aboutit sa carrière de la plus belle des manières. Du moins, il le pense…

La Der des Der

Alors que Rooney est en train de préparer un barbecue familial un dimanche après-midi, son téléphone sonne. C’est José Mourinho, son coach à ManU qui l’appelle : « Wayne, ce n’est pas encore officiel mais je vais être nommé sélectionneur de l’Angleterre. Inutile que je dise que je compte sur toi pour porter ton numéro 10 sur le dos à Doha dans 12 jours. ». Ça y est, Rooney va participer à ce qui sera sa dernière compétition, il en est sûr. L’Angleterre tombe dans le groupe des Pays-Bas, des États-Unis et du Mexique, comme on se retrouve. Pari risqué du côté de la Fédération Anglaise en décidant de nominer le Mou à la tête de la sélection moins de deux semaines avant le début du Mondial. C’est un 11 relativement offensif que va concocter le tacticien portugais pour arriver à ça : Forster – Chambers, Dier, Smalling, Shaw – Alli, Rooney, Morrison – Oxlade, Rashford, Sterling. Un 11 certes offensif mais qui selon lui a « la culture de la gagne, ce sont des mecs qui en veulent ».
Premier match, contre les États-Unis, 4-0, facile, triplé du Ox et but de Rashford. Rooney n’a pas été décisif mais ça ne saurait tarder. Le deuxième match a un goût de revanche pour toute une nation et Wayne en particulier. En effet, les Anglais sont en passe d’affronter le Mexique. Là encore, match appliqué des Britanniques qui s’imposent 3-1 grâce à un doublé de Rashford et une unité de Shaw. 2 passes dé pour Rooney. L’institution Manchester United est en fête et l’Angleterre aussi. Avec 6 points, la sélection anglaise est sûre de terminer 1ère de sa poule puisque Pays-Bas et USA se sont neutralisés 1-1 et le même score s’est produit au match d’avant entre le Mexique et les Pays-Bas. Les titulaires sont donc laissés au repos et Mourinho fait tourner tout l’effectif et assurer le nul face aux Oranje.
En huitièmes, Wayne et ses copains tombent le Ghana qu’ils vont écraser 5-0. Ce sera le tarif maison pour Rooney avec ses habituelles 2 passes décisives.
En quarts, ça commence à se corser. L’Angleterre joue la Belgique et son duo d’attaque infernal Batshuayi-Origi. Au terme d’un match crispant, l’Angleterre s’impose après un but de la main de Dier mais comme nous le dit Mourinho à la fin du match : « On prend. ».
On en arrive aux demies, Rooney le sait, ça commence à devenir sérieux pour lui et ses coéquipiers.
Mais ils tombent contre plus fort qu’eux. Sur le papier en tout cas. Car c’est l’Allemagne de monstres physiques comme Jonathan Tah ou encore de flèches comme Serge Gnabry qui est l’adversaire de la sélection anglaise. Les Rosbeefs ont tous en tête un possible exploit mais Wayne, lui, préfère garder la tête froide et sait qu’il faudra jouer son meilleur football et ne pas se laisser submerger par l’événement. Contrairement à ce que l’on pouvait attendre, c’est un match animé qui a lieu. Une dizaine d’actions des deux côtés même si une légère domination de la Manschaft transparaît. Mais pas de but. Aucun but à se mettre sous la dent en 90 minutes. Let’s go pour les prolongations. Tous les joueurs sont lessivés et aucune des deux équipes ne croit voir la lumière au bout du tunnel. Jusqu’à la 109ème minute. Wayne est sorti à la 101ème et sait qu’il ne sera pas le héros de la soirée. Non, c’est son remplaçant, Saido Berahino qui, d’une incroyable accélération, traverse la défense allemande et se présente face à Bernd Leno. Plat du pied, sécurité. 1-0 Angleterre. Le score ne bougera plus. Les Anglais sont en finale.
Wayne va disputer la deuxième finale de sa saison en un mois et demi d’intervalle. Exceptionnel.
5 jours plus tard, la tension est à son paroxysme. Le Brésil de Gabigol, Coutinho et Neymar a défait l’Italie et jouera donc aussi la finale. L’inventeur du football contre le perfectionneur du football. Wembley contre le Maracanã.
Un match équilibré au cours duquel le Brésil aura la possession tandis que l’Angleterre aura les occasions. 1 partout au bout des 90 minutes et 2 partout à la fin des prolongations. Wayne pense alors : « Toute ma fin de carrière aura été rythmée par des séances de tirs aux buts. Quelle vie. ».
4 partout, Marquinhos vient de manquer son pénalty. Wayne connaît cette sensation, elle en est presque devenue routinière. Tirer le tir au but décisif, marquer, gagner, remporter un trophée. A chaque fois, il avait frappé en force du côté gauche de la cage. Mais cette fois, il voulait finir en beauté. Faire quelque chose de mémorable. Faire en sorte que quand les gens parleraient de cette Coupe du Monde ils se souviendraient de son geste. Il décida donc. Ce sera une panenka…

Photo credits : AFP PHOTO / PAUL ELLIS