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Dans nos consciences, la guerre résulte d’un conflit aux conséquences dramatiques. Une relation qui s’est tant détériorée qu’elle en devient inhumaine. Dans nos cœurs, elle est synonyme d’atrocité et de monstruosité. S’abattant sur nous comme une catastrophe, elle est malheureusement une fatalité. Mais existe-t-il un seul type de guerre ? Il est évident que non. Ne sommes-nous que des doux rêveurs ? Certainement que oui. En fait, nous préférons nous s’extirper de la dure réalité le temps d’un instant. Ainsi, il existe des batailles bien plus belles que les hommes décident de mener. Des affrontements nobles contre leurs âmes, des combats exemplaires contre la défaite, des envies saines voulant réformer ces cœurs aveugles.

Notre vie ne sera pas forcément la plus réjouissante, mais notre lutte sera toujours la plus héroïque. Notre existence est un éternel apprentissage dont même la fin devient une leçon. Effectivement, nous ne sommes pas créés pour rien, mais pour une multitude de raisons que de nombreux hommes ne saisissent pas. Parmi elles, la façon dont nous allons endurer la difficulté. « La vie n’est pas belle, c’est la lutte qui l’est » (Disiz), alors nous nous élevons quand nous n’accusons plus le destin. Échouer est acceptable, mais l’abandon, quant à lui, est inexcusable.

Dans le football, là où l’émotion s’empare de nos cœurs se démarquent de nouveaux footballeurs. Ils sortent de nulle part, eux si jeunes mais déjà si impressionnants. Étonnants de par leur talent, certes, mais surtout grâce à leur mentalité. Il y a peu, Marcelo Bielsa disait que « si les joueurs ont la responsabilité de pouvoir donner de l’émotion aux autres, alors ils doivent être les premiers à la ressentir« . Des millionnaires aux cœurs passionnés, qui ne jouent pas au football, mais qui le vivent. Parmi eux, Dani Carvajal est l’un de leurs meilleurs guerriers. Un joueur de devoir mais pas que, tant il a progressé. La parfaite alchimie entre le gladiateur et le footballeur. Finalement, l’histoire d’un homme vivant une histoire d’amour avec son club de toujours, et donnant une noblesse à la guerre. Récit.

Dani Carvajal, un madridista dans l’âme

 

Dès l’âge de dix ans, Dani Carvajal connaîtra le doux parfum du madridismo. Une saveur rentrant dans nos âmes et qui ne veut plus en sortir. Alors, quand nous faisons toutes les équipes des jeunes au Real Madrid, nous n’avons qu’un seul rêve : triompher avec l’équipe première. Une utopie que peu de jeunes ont eu la chance de réaliser. Madrid a toujours formé de bons joueurs mais qui ne se sont jamais imposés en équipe première. Par manque de niveau ou manque de confiance ? Sûrement un peu des deux, puis disons aussi que « l’herbe est toujours plus verte ailleurs » . Alors, le Real a acheté des joueurs étrangers au profit de leurs jeunes. Certains le méritaient, d’autres n’étaient finalement que des déceptions nous laissant un goût amer.

Mais depuis quelques années, Madrid a évolué dans sa philosophie. Grâce à une belle génération dans les catégories inférieures, l’équipe première a pu bénéficier de certains bons espoirs. Dani Carvajal en est l’un d’eux. À l’époque, avec le Castilla, le latéral droit était l’un des joueurs les plus importants. Solidaire, charismatique et mature, le natif de Leganés avait déjà quelque chose en plus. Une aura de leader, l’envie d’un guerrier d’aller au front pour faire triompher son équipe.

Avec l’équipe B, ce serait un euphémisme de dire que Dani fera ses preuves. Il sera assurément l’un des meilleurs jeunes, permettant au Castilla de monter en seconde division espagnole. Leader du collectif, Dani Carvajal n’aura malheureusement pas la chance de s’imposer tout de suite en équipe première. Puis, à cette période, José Mourinho et Aitor Karanka sont quelque peu en froid. En tant que victime collatérale, le jeune défenseur espagnol en paiera les frais.

Partir pour mieux revenir

 

Pour progresser au haut niveau, Carvajal ira au Bayer Leverkusen où il réalisera une première saison très intéressante. En Allemagne, l’Espagnol engrange de l’expérience et beaucoup de confiance. Il devient l’un des meilleurs tacleurs et l’un des meilleurs intercepteurs de Bundesliga. Et au-delà de sa solidité défensive, Dani est important en attaque : sept passes décisives lors de l’exercice 2012-2013. Sa première saison en tant que professionnel est saluée par tous. Le journal allemand BILD le titra même meilleur latéral droit de Bundesliga, devant un certain Philipp Lahm, modèle de Dani. Tiens donc.

Décrit comme un « madridista au bout des ongles » par le président du Bayer, Carvajal n’hésitera pas une seule seconde quand le Real lèvera la clause de rachat. Un transfert synonyme de soulagement tant le côté droit était pauvre. Le poste était alors occupé par Alvaro Arbeloa et Mickael Essien, une concurrence entre vieux briscards, solides mais peu attrayants. Dani Carvajal ne connaîtra pas la fin de l’ère mourinhienne, heureusement pour lui. Un Real Madrid qui doit son retour sur le devant de la scène à José Mourinho mais fatigué par toute la pression qu’il impose.

L’été 2013 sera le début d’une nouvelle politique sportive au sein du club madrilène. Car malgré certaines erreurs logiques, le renouvellement de l’effectif depuis quatre années est l’une des raisons phares de la réussite sportive du Real. Alors, ce 3 juin 2013, Carvajal revient à la maison. Celle qu’il n’a jamais oubliée, lui qui « s’est battu pour accomplir ce rêve ». Les supporters madrilènes peuvent dormir tranquilles, Dani est parti pour mieux revenir.

Un rêve devenu réalité

 

À Madrid, le latéral fait des débuts encourageants, lui seulement âgé de 22 ans. Solide défensivement, le numéro 15 fait preuve d’énormément de courage et de grinta. Dani Carvajal joue pour gagner, mais surtout pour ne pas perdre. Pour ne pas voir son peuple triste. Il avale les kilomètres et soulage son équipe grâce à une bonne pointe de vitesse et énormément d’intensité.

Lors de sa première saison madrilène, il connaîtra rapidement l’exaltation des grandes soirées européennes. Chanceux qu’il est, il glanera la tant rêvée Décima sans attendre. Les hommes de Carlo Ancelotti ont vécu une superbe saison et ont réussi à apprendre de leurs erreurs tout au long de celle-ci. Le Clasico perdu à domicile (3-4) nous a montré l’importance d’apprendre de ses erreurs malgré la défaite. Durant cette rencontre, Madrid avait été trop faible tactiquement et naïf pour remporter un tel match. Face à un adversaire de cette taille, la sanction est inévitable. Dani Carvajal, quant à lui, livrera un match décevant face à Neymar.

Mais c’est souvent dans l’amertume de la défaite que l’on trouve les plus grandes morales. Par ailleurs, c’est dans l’apprentissage de nos erreurs que l’on trouve tous les enseignements de notre vie. Quelques semaines plus tard, lors de la finale de la Copa del Rey face au FC Barcelone, l’équipe de Carlo sera bien plus cohérente et solide. Le Real Madrid gagnera finalement sur un rush de Gareth Bale, et engrangera de la confiance pour la Ligue des Champions.

Face au Bayern Munich, en demi-finales de C1, le Real Madrid livrera deux prestations pleines. En Allemagne, pour le match retour, les madrilènes seront dans le jardin d’Eden, eux promis à l’Enfer. Dani Carvajal, quant à lui, sera impérial défensivement, notamment au match aller où le Real a subi sans jamais craquer. Face à Frank Ribéry, le jeune latéral fera un match de patron. Néanmoins, quand la colère s’immisce dans le cœur de Dani, c’est son sang qui brûle dans ses veines. Un emportement qui ne l’a jamais fait exclure mais qu’il doit contrôler pour grandir.

Peu importe ses défauts, sa première saison sera une idylle. À Lisbonne, face à l’Atlético de Madrid, le numéro 15 des blancs fera une finale de C1 de grande qualité. Le peuple madridista fêtera ses retrouvailles avec sa dulcinée durant l’éternité. Dani Carvajal, quant à lui, commencera à comprendre sa destinée. Cibeles, place incontournable de Madrid, célébrera toute la nuit le triomphe de ses héros. Bien qu’il soit au club depuis peu, le jeune Espagnol sait à quel point son club de toujours voulait cette Décima. Plus d’une décennie d’une histoire d’amour perdant de sa saveur. Une époque où Madrid ne sentait plus cette odeur. L’enivrement de la gloire européenne, montrant à la concurrence que nous sommes les rois. Alors, ce 24 Mai 2014, Dani Carvajal le sait : le Real n’a pas gagné une simple C1, il a retrouvé celle qu’il n’a jamais oubliée. Le peuple madridista s’exaltera donc de la Décima grâce à son héros s’envola dans le ciel et à la morale intemporelle.

L’art de la guerre

 

Mais pour réussir, le talent ne suffit pas. Il existe d’autres composantes s’ajoutant pour entreprendre une grande carrière. Le travail en est l’une des plus importantes. Combien de surdoués ont fait des carrières si décevantes ? Des milliers. Parce qu’ils n’avaient pas ce goût pour l’effort, ce professionnalisme sublimant leur talent.

Dans « L’art de la guerre », Sun Tzu explique comment gagner une bataille en étant pragmatique et stratégique. S’assurer la victoire passe indéniablement par la rapidité de nos combats et le sérieux de nos troupes. De plus, vaincre résulte aussi de la confiance que l’on a en nos guerriers, assurément les plus dévoués et déterminés sur le champ de guerre.

Mais même les plus courageux combattants ressentent la crainte. « J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité à la vaincre » racontait Nelson Mandela. Il serait donc totalement idiot de reprocher la moindre once de peur provenant d’un homme. Il est tout à fait normal de la ressentir pour un cœur sincère avec lui-même. La peur et le courage sont des sœurs aux antipodes l’une de l’autre. Car, malgré leur différence, il est impossible de les dissocier.

Ainsi, les terrains de football deviennent à leur tour des champs de bataille. Les joueurs sont des guerriers, les équipes défendent leurs histoires, les matchs sont une rivalité entre deux peuples. Pourtant, loin de l’horreur humaine, notre enjeu est bien plus digne. Le football est certes un sport d’hommes mais le sang n’est pas ce que l’on recherche. Notre objectif, c’est de faire voyager son peuple, loin de la banalité de son quotidien. De triompher, d’inhaler l’ivresse de la gloire et de répandre la fierté dans les cœurs. Ce que l’on veut, c’est mouiller le maillot pour que nos supporters se sentent concernés, préférant le nous au ils, quand leur équipe joue.

Pour ce faire, certains joueurs sont bien plus importants que d’autres. C’est donc le cas de Dani Carvajal, l’incarnation parfaite du footballeur-gladiateur. Un joueur dévoué pour son équipe qui ne cesse de mouiller le maillot. Dans son monde, l’amour des siens est plus fort que toute la force de l’ennemi. Le terrain de football ressemble à un lieu de guerre, où il faut inévitablement surclasser son adversaire, mais surtout rendre fiers ses supporters. Malheureusement, lors de la saison 2014-2015, tout le groupe madrilène s’écroulera. À cause d’une usure physique, l’effectif merengue rayonnant en automne 2014 perdra de sa superbe tout au long de la saison. Brouillon offensivement et moins impérial défensivement, Dani Carvajal commettra quelques erreurs, notamment face à la Juve en C1. Au même moment, les rumeurs sur l’arrivée de Danilo (FC Porto) s’intensifient. Le transfert du Brésilien sera d’une immense déception mais aura au moins un avantage : réveiller Dani.

Pendant les six premiers mois de la saison 2015-2016, l’air de la capitale sera pollué. Il faudra l’arrivée de Zinédine Zidane pour soulager tout un vestiaire et rendre les cœurs plus joyeux. Quant à Dani Carvajal, il montrera à quel point il a plus les épaules de porter le maillot blanc que son pseudo concurrent. Car à Madrid le niveau ne suffit pas, il faut aussi savoir faire honneur à l’emblème madrilène. Et ce serait un euphémisme de dire que le numéro 2 merengue le fait à merveille.

Mais, pour notre plus grand malheur, Dani Carvajal se blesse souvent. À cause d’une forte intensité physique, le joueur formé à Madrid est souvent absent pour se faire soigner. Il se blesse généralement deux fois par saison, notamment pour le sprint final. Ainsi, à chaque blessure du génial latéral, c’est tout un peuple qui tremble. Comme ce 28 Mai 2016, lors de la finale de C1 face à l’Atlético de Madrid, où D.Carvajal quitte la pelouse en pleurs. Totalement aux antipodes de l’Espagnol, Danilo, lui, est un joueur peu rassurant car défaillant tactiquement et techniquement. Il semble toujours dépassé par les événements, là où Dani Carvajal sait se faire respecter.

Un joueur devenu complet

 

Depuis tout ce temps, et notamment cette saison, la progression de Dani Carvajal est aberrante. Plus propre techniquement, l’Espagnol est devenu un latéral apportant énormément de verticalité. En fait, c’est toute sa palette qui est étoffée et son jeu plus dangereux. En témoigne son super rush en finale de Supercoupe d’Europe face au FC Séville (3-2) où il délivre les siens à la dernière minute.

Au-delà de sa percussion, c’est sa qualité de centre qui a nettement progressé. Il est l’un des rares latéraux à centrer de toutes les façons possibles : centre brossé, en force, fouetté de l’extérieur et surtout en retrait. Sa large palette lui a donné un rôle déterminant dans la saison historique madridista. Dani Carvajal a pris une nouvelle dimension cette année grâce à une importance offensive indéniable (douze passes décisives). On se rappellera de ses centres décisifs face au Napoli, au Bayern ou face à la Juventus. En somme, une progression technique affolante grâce à une amélioration de sa qualité technique et de sa vision de jeu.

Ainsi, à l’âge de 25 ans, Dani Carvajal est devenu un joueur complet. Pitbull renommé, l’Espagnol a su progresser offensivement et aussi mentalement. Le numéro 2 est bien plus expérimenté et mature, il arrive donc à mieux maîtriser sa colère. Puis finalement, on comprend qu’un rêve facile à réaliser n’est d’aucune utilité. Donc on se bat chaque jour. Toute l’essence d’une lutte est dans l’effort que l’on est prêt à mettre pour la réaliser. Est-il sous-côté ? Certainement que oui. Mais est-ce réellement important ? En fait, peu importe. Dani Carvajal n’est pas là pour la reconnaissance des hommes. Triompher est sa destinée, mais rendre heureux les siens est sa plus belle bataille. Dans son cœur, se regroupe tout son peuple puisant chez lui les plus beaux sentiments.

Au-delà de ce qu’il est, la carrière de Dani Carvajal révèle un immense enseignement. Elle est un rêve devenu réel grâce à l’abnégation. Alors, quand nos têtes voient l’horreur de la guerre, nos cœurs, eux, veulent romancer la dure réalité. Pour nous, il existe des combats bien plus sains. Contre nos propres âmes, contre la cruauté de nos oppresseurs, contre la noirceur de nos plus grandes peurs. Dani Carvajal ne joue pas contre d’autres footballeurs, ceci n’est qu’un leurre ; il joue contre la tristesse de l’échec. Des batailles plus belles, où le sang peut couler, mais n’est en aucun cas une finalité. Des guerres où, certes, les larmes déferlent, mais bien plus faciles à avaler. Ses lieux préférés sont ceux qui laissent la place à l’émotion et à l’amour enivrant les cœurs. Parce que comme le disait Albert Camus : « il n’y a pas d’endroit dans le monde où l’homme est plus heureux que dans un stade de football. »

Dani Carvajal ne joue pas pour le moment présent mais pour une morale immuable. Pour que l’on se rappelle perpétuellement de lui, à la façon dont le peuple madridista aime se souvenir de Juanito. Car les hommes meurent quand les âmes se détachent des corps, mais ce qu’ils furent restent ancrés à jamais. Ainsi, l’art est éternel et les plus belles luttes intemporelles. Sa réelle envie, c’est qu’on se rappelle à sa mort qu’il a sacrifié son vivant pour les siens. Que vienne dans nos cœurs l’évocation d’un joueur partant toujours au front sans la moindre hésitation. Que s’immisce dans nos êtres le doux réconfort d’un homme nous faisant vivre son football.

Cette saison, lui et son équipe de toujours ont caressé les étoiles. Florentino Pérez a d’ailleurs dit que « le Real Madrid transforme l’histoire en légende ». Pourtant, même quand nous sommes un si grand club, il faut patienter avant d’effleurer la gloire. Certains ne voient que l’attrait du présent en oubliant tout le tourment du passé. Toutefois, que serait le succès acquis trop facilement ? Une lumière certes, mais cachant la morale. Alors, nous échouons, nous réessayons au rythme des graines du sablier qui coulent, coulent, coulent… puis nous triomphons. Enfin. Quand nous caressons le bonheur, nous devenons égoïstes. Nous n’avons de yeux que pour lui et de cœur que pour nous. Madrid atteindra la plénitude pour avoir réalisé ce que personne n’a su faire dans le football moderne. Car il ne s’agit pas d’une simple compétition, mais d’une relation amoureuse entre la promise et son roi. L’Espagnol fêtera sa troisième C1 en rendant hommage à sa grand-mère. Un détail pour certains là où nous verrons tout l’enjeu. Une manière de se rappeler d’où l’on vient pour encore plus apprécier le chemin parcouru.

Par ailleurs, personne ne dicte le bon goût comme personne n’a le monopole du madridismo. Celui-ci regroupe tout un groupe de personnes, différentes mais unies pour la même cause. Parce que quand la passion enivre nos âmes, ces dernières se regroupent pour ne faire qu’une. Marcelo a fait renaître les cœurs, Dani se bat pour les maintenir en vie. Peu importe ce que les autres pensent quand nous sommes aimés par les siens. Dani Carvajal, c’est le récit de celui qui vit pour nous aider à combattre nos peurs. Il est celui qui nous protège de l’aversion et de la division ; l’homme faisant mêler félicité et unité. Réussir seul ne l’a jamais intéressé. L’Espagnol n’a pas de assez de cœur pour sauver toute la terre, il en a seulement pour les siens. En fait, les âmes humaines ont toutes un gardien jusqu’à ce qu’elles doivent s’envoler. Les émotions madrilènes, elles, sont des fleurs protégées par le même jardinier. En fin de compte, Dani Carvajal est l’éternelle preuve que le football peut être à la fois une merveilleuse histoire d’amour et un formidable art de la guerre.

Credits: UEFA, Getty Images, ESPN, Real Madrid, Aflo