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C’était dans les tuyaux depuis quelques jours, c’est désormais officiel. Adil Rami, international français, portera les couleurs de l’Olympique de Marseille l’année prochaine. Un transfert qui soulève pas mal de réactions du côté des supporters. Alors, que penser de l’arrivée du bel Adil sur la Canebière ? Tentative de réponse.

Pour beaucoup, Adil Rami, ce sont les plus beaux sourcils du game. Pour le public féminin, c’est un objet de fantasme. Pour une frange du public masculin, c’est aussi un objet de fantasme. Mais pour les amoureux du ballon rond, qui est vraiment Adil Rami ? La question mérite d’être posée à l’aune de son transfert à l’OM. Et surtout, elle mérite d’être posée dans le contexte flou de l’ « OM Champions Project ».

Si l’on devait donner une définition de ce projet, ce pourrait être : « objet de fantasme pour les uns, de raillerie pour les autres. Attendu de tous, redouté de certains, on lui prête les espoirs les plus fous sans vraiment connaître ses limites ». Car oui, cet OM Champions Project est sans doute un projet à plusieurs phases. Et le contexte olympien actuel (5ème de L1, attractivité relative et effectif d’une qualité très moyenne pour des ambitions européennes) ne plaide pas en faveur d’un séisme à court terme sur le Vieux Port. A moyen terme ? Seuls les Mayas et Paco Rabanne peuvent lire l’avenir …

Dans ce contexte de transition arrive donc Adil Rami, un international rompu au haut niveau. Adil Rami, c’est 10 ans en pro, 400 matchs, dans 3 championnats différents, et 2 participations actives à des compétitions internationales (Euro 2012 et Euro 2016). Depuis combien d’années l’OM n’a t-il pas recruté un tel CV ? La progression est, en ce sens, flagrante. Mais puisqu’un transfert ne se juge pas qu’au papier, intéressons nous d’un peu plus près à Adil, le footballeur et l’homme.

Pour commencer le footballeur. Ses états de service plaident pour lui. Titulaire au LOSC, à Valence, au Milan, et plus récemment à Séville, le franco-marocain n’a jamais trop connu le banc. A 31 ans (même âge que Koscielny, pour exemple), il reste à Adil quelques saisons dans les jambes. Ses différents passages, notamment en Espagne et en Italie, ont fait de lui un défenseur solide et robuste, plus complet (mais peut être moins vif) que le joueur qu’il était au LOSC. A ce jour, à l’OM, personne ne lui est supérieur en charnière. Seule ombre au tableau, un quota de blessures qui augmente crescendo ces dernières saisons. Côté humain, Rami est jugé comme un grand professionnel, partout où il est passé. Chambreur et agréable, il est un joueur apprécié des vestiaires et pour qui la charge de travail n’a jamais été un problème. Mais alors, pourquoi ça tique ?

Aujourd’hui, le projet OM Champions n’en est qu’à ses balbutiements. Lors des 100 premiers jours suivant le rachat (hyperlink), la communication à outrance et l’impatience des supporters fatigués de manger leur pain noir ont sans doute créé des degrés d’exigence et d’impatience qui n’ont pas lieu d’être, du moins, pas à ce jour. De plus, les incessantes rumeurs du #MercatOM, inventées ou reprises à outrance par la presse française et européenne, ne font que teaser un supporter lambda déjà sur les crocs.

Deuxième bémol à signaler, en lien avec les rumeurs de transfert : la sensation de « déjà vu ». Ce syndrome consiste à trouver systématiquement toute piste jugée pas assez « hype » comme mauvaise. Ce syndrome, poussé à son paroxysme, pousse même à penser qu’un inconnu au nom à consonance sud-américaine serait automatiquement une bonne recrue, quand à contrario, un bon joueur français souhaitant se relancer sera l’objet de moqueries et d’inquiétude extrapolées. Ce mal actuel, gênant au possible, rend la lecture des transferts biaisée.

L’impatience et l’envie de voir l’OM frapper un très grand coup ne doivent pas ternir tout le mercato olympien. Les arrivées de Germain, Luiz Gustavo, Mandanda et Rami sont des mouvements que le club n’avait plus connus depuis des années, plus habitué à des arrivées de jeunes (projet Dortmund), d’inconnus supposés prometteurs (Rekik, Doria …) ou de joueurs de Ligue 1 besogneux (Morel, Djadjédjé, Khlifa, Abdallah …). En ça, ce mercato estival est déjà une réussite, une réussite et un renouveau obligatoire tant le projet OM Champions fut teasé, par les médias comme par le nouveau board.

Reste plusieurs questions :

  • Toutes les recrues doivent-elles faire passer un cap à l’OM ? Oui, pour la plupart, en fonction de leur expérience. Rami, Gustavo, Mandanda et Germain arrivent dans des secteurs où la concurrence n’existe pas (ou peu) au jour J. Sans transformer le club à l’échelle mondiale, ils vont structurer un groupe plus qualitatif, plus professionnel et sain. En somme, ils vont poser les premières pierres sans pour autant être les architectes.
  • Toutes les recrues doivent-elles s’inscrire durablement dans le projet ? Pas forcément. Contrairement aux propos de JH Eyraud sur l’adhésion, cette dernière peut se faire à court terme. On n’imagine pas aisément Evra faire plus d’une saison comme titulaire. Rien ne dit que d’ici la saison prochaine, Adil Rami soit encore dans les deux meilleurs centraux de l’effectif. Mais ne tombons pas dans le football fiction.
  • Pourquoi l’OM fait revenir des internationaux français ? Parce qu’il est évidemment plus simple de les attirer que des internationaux confirmés d’autres nations. En tout cas, à ce stade du projet, en tant que 5ème de Ligue 1, avec l’effectif qu’on connaît et le passif récent clignotant tel un message d’alerte « ne venez pas ici ». Les choses peuvent changer, mais pas en 6 mois.

A 6 millions d’euros, le pari Rami se doit d’être tenté pour une équipe française jouant l’Europa League et pour qui la défense est un véritable chantier. Sans révolutionner le poste, Adil devrait apporter expérience et robustesse. Son compère en charnière devra cependant lui être supérieur en vitesse pour ne pas subir des contres meurtriers.

Une chose est sûre, ces récentes arrivées n’ont pas repu le supporter lambda et sa faim de bons joueurs. Le #MercatOM sera long, et vous connaissez les proverbes … « Patience est mère de toutes les vertus », « tout vient à point à qui sait attendre »… Allez, une dernière : « c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens ». Rendez-vous donc le 31 août pour juger sur papier du #MercatOM estival.

 Crédits photos : AFP PHOTO / FRANCK FIFE

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  1. D’accord et pas d’accord. Car ce n’est pas ça qui inquiète c’est que par rapport aux marché d’aujourd’hui les recrues ne correspondent pas aux projets. D’accord ce sont des joueurs solides. Mais le projet c’est championnat et ligue des champions pas terminer dans les 5 premiers et faire l’europa league. Et avec les sommes et les projets d’aujourd’hui ce sera difficile s’il ne mettent pas plus et font un gros coup. Germain c’est bon mais ce n’est pas un grand buteur. Il lui faut quelqu’un a ses côté. Gustavo est bon va solidifier le milieu. Il faut aussi un remplaçant en attaque. Monaco est déjà bon, Lyon recrute et à déjà une base. Rami est tout seul pour l’instant. Mandanda c’est bien mais Lafont ça aurait été mieux. Très bon gardien et jeune en plus. Il faut un grand attaquant mais pas trop dépenser. Impossible quand tu vois qu’un remplaçant est vendu 40 millions min s’il a du talent. Le projet aurait été parfait il y a 5 ans mais là il y a des clubs qui ont les moyens en Europe et en France aussi. Personne ne doute que ça sera une équipe solide mais les recrues ne font pas penser à une équipe qui veut être championne de France et jouer un rôle en lique des champions.

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