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Laurent Blanc c’est deux quarts de finale de Ligue des champions, un quart de finale de coupe d’Europe, deux coupes de la Ligue et deux titres de champions de France.  Pas mal non ? À la vue de ce palmarès on pourrait presque dire que Laurent Blanc est un très bon entraîneur, mais qu’est ce que Laurent Blanc a apporté au football ? A-t-il évolué depuis Bordeaux et son passage en équipe de France ? Est-il vraiment l’homme de la situation comme veulent nous faire croire certains ?

« On me dit toujours que Blanc est mon pote que je le défends et que j’attaque Ancelotti. Ce que je réponds c’est que Laurent Blanc a fait aussi bien que Carlo Ancelotti (au niveau des résultats) sauf qu’on a vu un football de bien meilleure qualité. Ceux qui me disent « Aujourd’hui on voit le vrai niveau de Carlo Ancelotti » je leur dis ouais ouais ouais avec Ronaldo, Benzema, Kroos, Bale… Je peux aussi arriver le matin et dire « tenez les gars, voilà un ballon, je vous regarde. » Pierre Mènes.

« Je voudrais rendre hommage au seul entraineur invaincu en Europe, il est français, c’est Laurent Blanc » Christophe Galthier.

 Mais qu’est ce qu’a fait Laurent Blanc au Paris Saint Germain pour disposer d’autant de soutiens ?

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Laurent Blanc a décidé de mettre en place un jeu de possession au PSG, la saison dernière le PSG semblait intouchable en Ligue 1 et déroulait en Europa League, euuuh Ligue des champions face à des terreurs comme Benfica, Anderlecht et Olympiakos, pas facile quand même. On se touche un peu partout sur les 60% de possession de balle du PSG. On entend un peu partout au bout de 6 mois seulement que Laurent Blanc fait mieux que Carlo Ancelotti, qui rappelons le n’avait qu’un Motta à 30%, n’avait pas de Cavani, un Van Der Wiel pas encore au top, un Verratti encore jeune et insouciant ect. Passons, ce PSG là est une terreur, il continue son parcours en Ligue des champions face au Bayer Leverkusen et encore une fois le PSG déroule. Intouchable, invincible disent certains, Ibra est dans la forme de sa vie, cette fois c’est sur il sera présent lors des phases finales.  Laurent Blanc fanfaronne et est sur de lui, tout semble bien se passer pour lui et pour le PSG. Elle est finie l’époque où Blanc décidait d’aligner Debuchy milieu droit en quart de finale de l’Euro 2012 à la place d’un Jeremy Menez pourtant en grande forme. Laurent Blanc est maintenant un grand entraîneur qui joue la possession, qui prend pour exemple le Barça de Pep Guardiola. Quid de la Ligue 1 ? Le PSG n’a battu aucun gros, le PSG fait au mieux nul,  est bousculé par les Verts au chaudron puis par le Monaco de Radamel Falcao au Parc.

Sur le terrain Lolo White se base sur un trident Verratti-Motta-Matuidi qui est au top de sa forme et permet au PSG d’avoir un total contrôle sur les matchs. Devant Cavani est placé à droite mais réussit quand même de solides prestations aux coté d’Ibra et Lavezzi (ou Lucas). Jeremy Menez est quant à lui cantonner à un rôle de remplaçant et ne semble pas vouloir se battre pour regagner sa place de titulaire.

Fort de sa bonne première partie de saison, Laurent Blanc voit son président lui laisser les pleins pouvoirs pour le recrutement d’un milieu de terrain pour palier une blessure de Rabiot au genou et le manque de joueurs à ce poste.  Laurent Blanc n’hésite pas et va chercher outre-manche Yoann  Cabaye, pour 25m€ et quelques bonus c’est le « Playmaker » de Newcastle qui arrive au PSG. On entend ici et là qu’il allait sans doute prendre dans un avenir proche la place de Marco Verratti dans le milieu de terrain parisien.  Mais Cabaye n’est pas à la hauteur, quelques apparitions et quelques titularisations plus tard il n’a toujours pas montré de choses intéressantes.  Alors imaginez-vous si Blanc avait tout le temps les pleins pouvoirs sur les mercato parisiens ? Les premiers états d’âme de la saison arrivent avant le quart de finale aller du PSG face à Chelsea. Dans une interview accordée à la presse, Edinson Cavani se plaint de sa position sur le terrain et parle de « parler à la fin de saison avec les dirigeants ». Mais peu importe le 4-3-3 fonctionne bien, pourquoi se soucier des états d’âme d’un joueur tant que le collectif marche ?

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Le PSG rencontre donc Chelsea en quart de finale de Ligue des champions. Après une victoire 3-1 au Parc des princes, il se déplace à Stamford Bridge confiant mais ce match ne se passera pas comme prévu. Une défaite 2-0 avec une équipe parisienne méconnaissable qui s’est contentée de défendre et d’essayer de tenir le score. Le coaching de Laurent Blanc n’a pas été à la hauteur avec des changements contestables comme l’entrée de Marquinhos.

A la fin du match les propos de Thiago Motta collaient avec l’indignation des supporters parisiens, « Nous n’avons pas joué notre jeu ce n’est pas normal ». On apprendra plus tard que les mots de Lolo White à ses joueurs avant le match étaient « Ne prenez pas de risques, tenez le score ».  Laurent Blanc est il le seul responsable de cette élimination ? Non, les joueurs aussi ont bien sur leur part de responsabilité, comment oublier par exemple l’énorme occasion de Cavani qui aurait permis au PSG d’égaliser ?

Depuis ce match nous avons à faire à un autre PSG, la saison 2013-2014 se finit difficilement. Le PSG, se contentant du strict minimum, devient champion de France en perdant face à Rennes au Parc. Le PSG réussit quand même un beau doublé (coupe de la Ligue + championnat) et avec un record de points en championnat.

La saison  2014-2015 repart sur les mêmes bases, le PSG joue moins bien, une possession de balle de plus en plus stérile. Le PSG garde le ballon sans être dangereux, on ne joue pas vers l’avant et on se contente de jouer à la ba-balle.  Le PSG est à 59 % de possession de balle et 89% de passes réussies  en moyenne mais quel est le pourcentage de passes vers l’avant de cette équipe ?  26,4 % de passes vers l’avant pour le PSG. Le nombre de passes par match est lui aussi très important, 674 mais seulement 149 dans les derniers mètres. Comparé aux cadors européens comme le Barça qui est à 662 passes par match et 235 dans les derniers mètres, pour le Bayern c’est 746 passes par matchs et 226 dans les derniers mètres. Le Paris saint germain est donc loin derrière dans ce registre mais aussi dans celui des tirs par match.  Le PSG est à 2,3 tirs par match dans les 11 derniers mètres ou moins quand le Barça est à 4,2 et le Bayern à 3,0 tirs par match dans les 11 derniers mètres. Ces stats influent sur le nombre de buts marqués par le PSG,  32 buts marqués en championnat, la meilleure attaque de Ligue 1 étant Marseille avec 36 buts. Dans les autres championnats le Barça est à 36 buts en 14 matchs, le Real Madrid est à 51 buts et le Bayern à 33 buts en 14 matchs aussi.  Alors avoir le ballon oui mais pour en faire quoi ?

Pep Guardiola disait «  Le pourcentage de possession d’une équipe ou le nombre de passes réussies, n’a aucun sens en lui-même. Ce qui est crucial c’est pourquoi on fait ça, ce que l’on cherche à obtenir, et quel est le plan de l’équipe avec le ballon. C’est ça qui compte. »

Par ces statistiques, on s’aperçoit que la possession du PSG est stérile, elle ne permet pas à l’équipe d’aller vers l’avant et de se procurer des occasions.  Le Paris Saint-Germain est il en train de devenir une pale copie du FC Barcelone de Pep Guardiola ?

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Le Paris Saint-Germain semble en autogestion, Laurent Blanc ne contrôle rien du moins pas grand-chose. Les séances entraînements du PSG sont peut être le meilleur exemple de ce manque de contrôle de Laurent Blanc sur son groupe. Les cadres du PSG préfèrent souvent rester en salle de musculation et n’écouteraient pas souvent les ordres de l’entraîneurs, les gros caractères de certains  semblent prendre le dessus sur Laurent Blanc.

La gestion du groupe de Laurent Blanc laisse à désirer, un jeune joueur comme Kingsley Coman lancé pour la première fois en Ligue 1 à Sochaux par Carlo Ancelotti ne joue pas, que ce soit en championnat ou dans les coupes nationales (54 minutes de temps de jeu). Laurent Blanc préférant faire jouer un Jeremy Menez qui n’avait plus la tête au PSG. Hervin Ongenda a lui aussi disposé d’un faible temps de jeu, mais on peut aussi évoquer le cas Rabiot. L’arrivée de Yohan Cabaye a fait baisser le temps de jeu du jeune joueur parisien. La concurrence est elle donc saine et loyale au PSG ?  L’arrivée de David Luiz lors du mercato estivale 2014-2015 peut elle aussi porter à discussion.  C’est Laurent Blanc qui aurait fait le forcing pour avoir le joueur car Alex était à un âge avancé et ne pouvait plus enchainer les matchs. Mais le remplaçant d’Alex était déjà au sein du club en la personne de Marquinhos qui aurait prit petit à petit la place d’Alex dans le 11. Le recrutement d’un défenseur central n’était pas prioritaire et avec  le fair-play financier le PSG aurait pu recruter plus intelligemment pour se renforcer.

Quand ce PSG est en difficulté lors d’un match, il ne peut pas compter sur son coach, les changements de Laurent n’influent positivement que très rarement sur les matchs de son équipe. Pire même, c’est souvent après ses changements que l’équipe est en difficulté. Laurent Blanc, the clutch coach… Pour l’équipe adverse. Ses changements on les connait tous à l’avance, il semble avoir un plan de jeu pré-enregistré avant chaque match. À  la 60ème, Lavezzi est remplacé soit par Lucas, soit par Bahebeck. À la 65ème sortie de Verratti pour le « French maestro » Cabaye. Laurent Blanc n’arrive que très rarement à sortir un coaching payant, c’est arrivé seulement deux fois cette saison avec des entrées de Bahebeck. Laurent Blanc semble donc spectateur, il semble impuissant lorsque son équipe n’est pas dans un bon jour.

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Lolo White est devenu expert en excuse, lorsque le PSG n’arrive pas à faire un bon résultat il y’a toujours une bonne excuse. « L’adversaire est venu pour défendre », « La pelouse n’était pas bonne », « La coupe du monde pèse encore sur les organismes » et j’en passe. Mais nous n’avons jamais eu le droit à une remise en question du coach parisien, il n’a jamais dit clairement que c’était de sa faute ou celle de son groupe.

Laurent Blanc ne semble pas capable de prendre des décisions, ne semble pas avoir d’autorité sur son groupe mais il est invaincu et donc le corporatisme français est à son paroxysme. Il ne faut pas toucher à Laurent Blanc, son premier soldat Pierre Mènes nous le rappelle chaque semaine sur le CFC en trouvant toujours de bonnes excuses aux piteuses prestations des hommes de Laurent Blanc.

L’équipe ressemble désormais à son entraineur, elle semble molle, sans envie. Elle joue à un rythme de sénateurs sans jamais prendre de décisions et accélérer le jeu. Il n’y a pas de gros temps forts ou l’équipe met la pression sur l’adversaire avec de grosses occasions. Non le PSG semble en éternelle gestion.

Le PSG est capable de gros matchs comme face à Barcelone au Parc Des Princes, cette victoire qui montre encore une fois que les joueurs semblent choisir leurs matchs et laisse un gout d’inachevé aux supporters parisiens.

Alors oui le PSG finira la saison avec Laurent Blanc sur le banc sauf cataclysme, le PSG s’arrêtera au mieux en quart de finale de Ligue des champions. Mais pour passer un cap et espérer gagner un jour la Ligue des champions, Laurent Blanc est il l’homme de la situation ?

 Titi.