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C’est l’un des transferts de ce début de mercato hivernal, Hatem Ben Arfa rejoint Nice après une pige ratée à Hull City. L’international français a résilié son contrat le liant à Newcastle pour venir poser ses bagages sur la promenade des anglais. Mais pour y faire quoi ? Tentative d’explication.

Cela fait maintenant 16 ans qu’Hatem Ben Arfa est sous le feu des projecteurs. De la série « A la Clairefontaine » à aujourd’hui, on a probablement tout entendu sur ce surdoué. Qu’on le veuille ou non, ces derniers transferts témoignent d’un constat d’échec assez triste tant le monde du football est unanime sur les qualités intrinsèques de l’international français. De transferts avortés en divorces consumés, Ben Arfa n’aura jamais quitté un club de manière traditionnelle, à tel point qu’aujourd’hui, malgré un talent évidant, peu de monde était réellement positionné pour récupérer gratuitement le jeune Clamartois. C’est finalement Nice qui a décroché le pompon, club contre lequel il a effectué ses débuts professionnels il y a de ça maintenant plus de 10 ans. Lui, qui considérait il y a quelques semaines qu’Hull était sa dernière vie, se voit donc offrir une ultime chance de donner un tournant positif à une carrière qui ne connaitra jamais vraiment les sommets qu’on lui prédisait. Imaginons donc ensemble les différents scénarii possibles durant ces prochains mois.

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Scénario 1 : la rédemption puis la confirmation
Hatem l’a dit en conférence de presse, il avait donné sa priorité à Nice, qu’importe si un autre club le contactait en catastrophe. Avec la confiance de Claude Puel, Hatem revit. Il retrouve peu à peu ses sensations et effectue une deuxième partie de saison plus que correct, auréolé de quelques buts et passes décisives. Hatem trouve à Nice la sérénité qui lui a tant manqué durant ses dix premières années pro. Il forme avec Carlos Eduardo, une doublette solide permettant à Nice de terminer dans le ventre mou du classement sans trop se fatiguer. Il confirme durant sa deuxième saison chez les aiglons, devenant l’un des leaders offensifs de l’équipe, permet à son équipe de finir dans la première partie de tableau, et est contacté par quelques clubs français et européen d’un calibre plus élevé pour tenter un dernier challenge à bientôt trente ans.

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Scénario 2 : l’explosion
Dès ses premiers matchs en janvier,  Hatem enchante l’Allianz Riviera. Devenu rapidement le chouchou du public, il multiplie les chevauchés et redevient celui que le public attend depuis l’INF Clairefontaine. Insaisissable, il se mue en un génial passeur et délivre des caviars que ne manquent pas de convertir Pléa, Bosetti et Bauthéac. En fin de saison, il se voit contacté par des clubs huppés et part pour jouer de nouveau une compétition européenne. Là encore, saison pleine, et Hatem revient en grâce aux yeux de Didier Deschamps, pourtant en brouille avec lui depuis plusieurs années, qui n’a d’autre choix que de le convoquer pour l’Euro 2016.

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Scénario 3 : l’explosion .. en plein vol
Le miracle n’a pas lieu. Hatem retrouve timidement une Ligue 1 qui l’a consacré 5 fois au début de sa carrière. Ses premiers matchs sont laborieux, et Hatem peine face à la rude concurrence de Grégoire Puel couloir droit. Puel Senior le replace à gauche, puis en 10 mais rien n’y fait et son but face à Lyon, son club formateur, n’y changera rien. Il termine la saison comme joker de luxe. Lynché par les médias, puis par le staff niçois lui reprochant un manque d’implication et ses sorties chicha avec Souleymane Diawara, il finit par claquer la porte en fin de saison. Lassé, il se laisse tenter par une pige dans un championnat exotique.

Qu’importe la véracité ou les probabilités que l’on puisse prédire à l’un ou l’autre de ces scénarios, c’est plutôt par le caractère imprévisible que la carrière de Ben Arfa nous laisse circonspect. Oui, Hatem est imprévisible tant sur qu’en dehors du terrain, et c’est ce facteur qui laisse encore penser qu’aujourd’hui, il puisse se relancer sous le maillot rouge et noir et sauver ce qu’il peut encore sauver dans sa carrière. Pour ce faire, il devra adhérer à la rigueur tactique de Puel, et rogner son côté soliste pour ne faire apparaître que ses bons côtés.
Claude Puel l’a clairement stipulé en conférence de presse, il attend de Ben Arfa qu’il s’inscrive dans le collectif niçois, comprendre ne pas vouloir dribbler toute l’équipe adverse pour finalement perdre son face à face avec le gardien. Mais en est-il capable ? En a-t-il la volonté ?

Une chose est certaine, Hatem ne semble pas en avoir fini avec le football, preuve en est sa signature à Nice à défaut de partir engranger des pétrodollars à l’autre bout du Globe. Si le club niçois semble sur le papier, représenter un havre de paix et d’épanouissement, Hatem devra livrer bataille s’il veut faire taire ses détracteurs qui ne voient en lui qu’une icône banlieusarde et ingérable du football. Lui qui répète souffrir de cette image, souffre également de la complexité des relations qu’il entretient avec ses proches, notamment son père, avec qui il a toujours entretenu une relation tumultueuse (en témoigne l’altercation entre ce dernier et son agent devant le siège de la FFF en 2012).

Personnage marquant du football français ces dernières années, tant par ses compilations Youtube que par la trajectoire de sa carrière, Hatem Ben Arfa ne laisse personne indifférent. Conscient de son parcours, Hatem sait que chaque chance qu’il ne saisit pas et un pas de plus vers l’étiquette de « plus gros gâchis du football français » qui lui pend au nez depuis maintenant pas mal d’années. Loin de tout ça, il n’aspire qu’à sérénité et bonheur. Espérons que le soleil niçois lui donne des ailes, et qu’à défaut de Ballon d’Or, l’aiglon devienne enfin l’aigle royal tant espéré.

Maxime.