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“On me dit souvent que le train des grands clubs est passé, qu’il ne passera qu’une fois et que je ne suis pas monté dedans, mais je m’en fiche. Je suis déjà dans un grand club”

Comme beaucoup de supporters marseillais, à la lecture de ces mots, j’ai eu du mal à contenir mon émotion. Tu aimes ce club autant que nous l’aimons et c’est ça qui nous lie. A titre personnel, ces paroles t’ont valu le droit d’entrer définitivement dans le cercle très fermé des joueurs que je respecte sur et en dehors du terrain. Dans cet OM, tu n’es d’ailleurs pas qu’un joueur, n’ayons pas peur des mots, tu en es l’âme et rassure toi, pour beaucoup, tu es le vrai capitaine de ce navire qui tangue actuellement dans les eaux toujours très tempétueuses du dernier tiers du championnat.  Au diable ces « cadres » qui ne le trouvent d’ailleurs plus…

On dit souvent de ne pas mettre les joueurs avant l’institution, mais qui de mieux pour représenter l’institution que toi André Ayew, fils d’Abedi. Qui ne se souvient pas de ton dépucelage fracassant en Ligue des Champions contre Porto en 2007, où les reins de Bosingwa avaient particulièrement souffert ? Je suis certain qu’il se souvient encore du numéro 29 que tu portais alors. Tu t’étais fait remarqué par ta technique bien sur mais également par ton abnégation, beaucoup ont mis cette dernière sur le coup de la jeunesse et de l’insouciance mais ce n’était pas le cas. Il s’agissait bien là d’un des traits de caractère dont Papa t’avait fait don…

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Malgré cela il aura fallu attendre 2010 pour te voir faire partie intégrante du groupe. Tout juste champions de France, on voyait notre effectif bouleversé, et toi sans faire grand bruit tu as pallié le départ de Mamad comme un chef. On attendait Lucho ou encore Remy et Gignac tout fraîchement arrivés mais le patron ce fut toi. Quelle saison tu nous avait fait sur ton aile gauche (11 buts en championnat notamment). Toi qui sortais pourtant d’une grosse saison avec Arles Avignon en… relayeur. Ton « poste naturel », l’objet de tous les débats tellement tu es polyvalent, « C’est un ailier », « Mais non je te dis que c’est un relayeur ». Aujourd’hui encore il est difficile de déterminer ton « poste », bien qu’étant officiellement milieu gauche, les permutations avec Payet n’arrêtent pas, tu n’effectues pas un vrai travail d’ailier, et puis quand on a un bon centreur comme Mendy sur son côté à quoi bon provoquer en un contre un ? Bon techniquement et toujours propre dans les petits espaces, cela te rend essentiel dans le jeu de possession de l’OM, et on s’en rend compte à quel point quand Alessandrini te remplace. On n’oubliera pas de noter ton jeu de tête et sens du but, tellement important pour compenser le script « dézonage-appel côté gauche » de l’autre Dédé.

(André Ayew après son but face à Reims)

 Mais pourquoi j’enfonce des portes ouvertes comme ça ? Qui doute encore de tes talents de footballeur ? Qui doute encore de ta grinta ? Cette rage qu’on ressent jusqu’à ta célébration de but… Quand tu viens crier devant le virage en te tapant énergiquement sur le coeur tu ne fais pas semblant… Je mets au défi n’importe quelle femme de me donner plus de frissons. Et je mets au défi n’importe quel autre club de te donner plus de frissons André. Alors oui tu te battras comme un affamé peu-importe ton maillot, car c’est en toi, c’est ton tempérament, tu ne triches pas. Mais pourquoi parler de départ puisque tu vas rester. Hein ? André fais pas le con, pas vrai que tu vas rester ? Bien sur que tu vas rester avec nous, du moins c’est ce que tu veux au plus profond de toi, et tu l’as dit à maintes reprises (cf. ta déclaration d’après match contre Metz). Et puis comment ne pas avoir envie de rester ? Un vélodrome flambant neuf qui retrouve enfin un semblant d’ambiance, un de ceux qui connaissent le mieux le football au monde sur le banc et puis ce bel écusson sur le cœur… L’histoire n’est pas finie, je ne peux pas imaginer que je n’entendrai plus mon père répéter inlassablement à chacune de tes prises de balles à quel point tu ressembles au tien.. Que c’est beau quand on y pense, ton père a fait rêver le mien, maintenant tu me fais frissonner. A ton futur fils de faire pleurer le mien.

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 La balle est dans le camp du Président, comme tu aimes le répéter aux médias. QPR avait fait une offre intéressante cet été qu’il a refusé, maintenant à lui de t’offrir un contrat à ta valeur. Alors oui la tendance est à la réduction de la masse salariale et à l’instauration d’un « cap » officieux, mais si tu ne mérites pas le plus gros salaire du club qui le mérite ? Je fais confiance à Labrune, il ne peut pas faire cette erreur. Allez Vince ne me décois pas, ne m’oblige pas à t’écrire à toi aussi…

 Rêvons un peu, d’ici quelques mois la situation sera réglée, brassard au biceps tu seras fier de nous annoncer ta prolongation, les larmes aux yeux, comme après cette foutue séance de tirs aux buts, car tu es un passionné, tu as besoin de notre ferveur comme nous avons besoin de la tienne. Ce n’est pas un kif d’un soir c’est un premier amour, un amour réciproque et c’est le plus beau.

Youss.