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Comme à l’aller, Alain Casanova nous a habilement montré pourquoi Marcelo Bielsa l’appréciait tant. Une défense aussi fébrile que docile et une attaque en panne érectile ont facilité la tache à des marseillais de nouveau très habiles, 6 dans le mille, carton plein dans la rose ville.

Tourmenté par Caen vendredi dernier mais consolé dans la foulée par les montpelliéraines, l’OM repartait sur du classique au milieu avec le retour de Romao aka “Ton tibia ne passera pas” et ce qu’on pourrait appeler des choix “sanction” concernant les “créatifs”, avec les titularisations de Michy et Ocampos, Gignac et Thauvin étant invités à répéter leurs scripts le long de la ligne de touche. Les toulousains ont eux fait le “pari” du 4-1-4-1, marquant une volonté de se calquer sur le système olympien.

Et c’est bien là la première “défaite” toulousaine, l’enfant terrible de Clermont-Ferrand a fait les mêmes erreurs que ses confrères qui ont eu à affronter l’OM durant les 8 victoires d’affilés. Terrorisés par l’arsenal offensif que les marseillais laissaient entrevoir, ils ont fait le choix de marquer individuellement les deux créateurs du milieu marseillais Payet et Imbula. Cela a une nouvelle fois fait le jeu marseillais, pour certains la physionomie du match a conditionné la maîtrise marseillaise avec notamment le but de celui qu’on espère moins précoce avec sa copine dès la 2ème minute de jeu, à mon sens la défaite se situe dans ce que je m’apprête à développer.

Alors que Nice, Guingamp ou encore Sainté ont montré comment perturber l’OM en annihilant les premières relances des centraux à travers un pressing de la ligne offensive couplé à un bloc défensif compact et regroupé, Casanova n’en eut que faire et a décidé de balancer Doumbia à l’abordage de Romao, Trejo sur Imbula et Grigore en charge de Payet. Et ça a bien marché……pour l’OM, il n’y a rien de mieux pour forcer Payet et Imbula à bouger, créer le décalage qu’en leur collant quelqu’un en indiv… Les décrochages du seul mec qui porte encore fièrement un dégradé espagnol en 2015 ont complètement déstabilisé le milieu toulousain le rendant orphelin de leur sentinelle censée sécuriser la défense. Jean-Armel Kana-Biyik a du mal à défendre avec des milieux qui l’aident, alors imaginez le sans aucun soutien… Ainsi les intervalles se sont créés, et l’OM du début de saison a été retrouvé, mais s’en était-il allé?

La défaillance toulousaine n’enlève en rien la très bonne performance globale des marseillais qui ont montré qu’ils n’ont pas oublié les préceptes Bielsistes malgré les grandes difficultés dans le jeu depuis le début de l’année 2015. Le score est bien entendu flatteur mais la plus grande satisfaction réside dans le fait qu’on a retrouvé un OM bon dans la gestion si on enlève les 5-10 minutes de flottement en 1ère mi-temps quand les mauves se sont décidé à presser (comme c’est étonnant…). On sait que l’un des préceptes de Bielsa est la construction par l’arrière, ce qui a d’ailleurs poussé le “capitaine” à travailler son jeu au pied (pour des progrès qu’on a du mal à évaluer d’ailleurs). Les bonnes performances marseillaises sont souvent synonyme d’une importante possession dans le 1er tiers du terrain, utile pour attirer l’adversaire et créer les premiers décalages souvent déterminants. Et les chiffres le prouvent, quand lors du dernier déplacement (Saint-Etienne), la possession dans le 1er tiers ne représentait que 18% de la possession totale, elle s’est élevée à 30% hier soir.

Ironiquement c’est à l’extérieur que l’OM se réconcilie avec son public. Cette victoire permet de mettre la pression sur un leader lyonnais qui marque le pas en ce moment, une semaine avant de le recevoir dans un Vel qui promet d’être surchauffé. Ce n’est peut-être pas le début d’une série pour l’OM mais on ne peut que se satisfaire de ce pied de nez aux “spécialistes” du microcosme du football français au moment où le “Bielsa bashing” a plus que jamais le vent en poupe. Et puis “#BielsaNoSeVa”, non? Car le football français a besoin de lui, la presse française a besoin, et plus que tout l’OM a besoin de lui…

Youss