0

Ils l’ont fait. Envers et contre tout, ils l’ont fait. Face au leader de Premier League de José Mourinho, face à l’un des meilleurs entraîneurs du continent, face à eux mêmes, face à leur forme irrégulière, face à Laurent Blanc, face à leurs problèmes de leadership, face à leur stabilité défensive toute relative, face à l’arbitre aussi, autant que face à la méforme de Cavani, ils l’ont fait.

Paris s’installe, encore une fois, dans le top 8 européen. Alors Paris s’est embrasée hier soir, et Paris et les Parisiens avaient bien raison. Sans tomber dans l’envolée lyrique de De Gaulle, Paris est définitivement libérée aujourd’hui. À 10 contre 11 pendant plus de 90 minutes effectives, et en revenant deux fois au score, le Paris-Saint-Germain a bien éliminé Chelsea dans son antre de Stanford Bridge.

Pendant la semaine on vantera, et à très juste titre, les qualités mentales et de coeur des Parisiens, leur abnégation face à la série d’évènements et circonstances (qui semblaient vouloir que le club rouge et bleu prenne l’Eurostar du retour dans le costume du perdant), une seconde fois d’affilée face au club qui l’a déjà abattu au vol l’an dernier. Mais si la victoire au coeur du PSG ne souffre d’aucune contestation, on parlera tout autant de la défaite des hommes en bleu. Peut-être moins du constat qui me frappe toujours autant presque 24 heures après le match que cinq minutes après le coup de sifflet final : cette défaite de Chelsea est une faute professionnelle indigne.

Une faillite personnelle

45572

Si une victoire à l’arrachée, dans des circonstances exceptionnelles, révèle des qualités de combattivité certaines chez l’équipe victorieuse, la défaite dans ce match dénote une fébrilité mentale et tactique tout aussi certaines. Ce match est à mon sens, la faillite de Mourinho. Le technicien portugais, on le sait, est réputé pour la cohérence de ses choix de formations, la stabilité du jeu de son équipe, et surtout son art de verrouiller le match dont le scénario lui est favorable. Comment peut-il alors perdre un match de cette importance où le 0-0 est suffisant pour se qualifier, contre une équipe réduite en infériorité numérique, face à un entraîneur bien moins équipé tactiquement, face à dix joueurs dont deux n’ont pas la majorité dans plusieurs états américains (Rabiot/Marquinhos), et se faire littéralement marcher dessus par un joueur, pétri de talent certes, mais loin d’être arrivé à maturité, comme Verratti ?

Surtout, comment est-il possible de se voir rejoint deux fois au score dans un match de cette importance ? Je le répète, face à une équipe en infériorité numérique ? Une seule réponse me paraît pertinente : les certitudes de domination du résultat de Mourinho se sont écroulées, face à une équipe qui sans trouver la solution tactique a apporté une réponse d’hommes sur le terrain : le PSG était plus fort que Chelsea hier soir. Cette conclusion peut paraître simpliste, mais elle est la seule viable. Chelsea était plus faible, et surtout incapable de gagner son duel psychologique où là aussi, les parisiens étaient plus forts.

À travers cette défaite, ce sont les acquis du portugais qui s’écroulent : il a toujours remporté ses oppositions tactiques face à des équipes sensiblement équivalentes au niveau de la qualité technique et tactique. Mais une chose semble plus forte que ces intellectualisations du football et que les équipes de Mourinho semblaient toujours détenir : le coeur à l’ouvrage. Tout le monde a encore en tête son Inter 2010 ou son Real Madrid 2010-2012 (sa dernière saison y étant plus compliquée), la détermination à gagner du technicien se retrouvait parfaitement sur le terrain.

C’est bien cela qu’il manque à son second Chelsea. L’amour inconditionnel de la victoire. Depuis sa reprise de Chelsea il ne s’est fait rouler dessus que rarement. Par l’Atletico de Simeone et maintenant par le Paris SG de Laurent Blanc. Aussi par Sunderland, qui à défaut d’une quelconque qualité technique ou tactique comparable a su tout donner lorsque les Blues se complaisaient dans la facilité.

Terrible constat que de se dire que le football est un sport simple rendu compliqué par des gens qui n’y connaissent rien.

Rayan.