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Été 2013 : après 3 ans de bons et … de moins bons services, Mourinho quitte le navire meringue. L’homme, qui semblait être destiné à rapporter la Decima au Real Madrid, a échoué dans son objectif principal. Il avait pourtant les pleins pouvoirs, dès les départ. Mais il repart finalement sur une saison blanche si l’on excepte la Supercopa. Son départ était pressenti des semaines et des semaines avant qu’il ne soit acté. C’était inévitable.

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Son successeur est rapidement trouvé. Le 25 Juin, Carlo signe à la Casa Blanca, un contrat de 3 ans. Le mentor change mais l’objectif reste le même, la 10ème coupe aux grandes oreilles. L’été 2013 est un été comme un autre. Florentino Perez perpétue la tradition madrilène et fait péter le compte en banque. Dani Carvajal revient chez lui. Deux espoirs en la personne d’Asier Illarramendi et Isco, viennent épauler le milieu et l’attaque, et bien sur Bale rejoint la capitale espagnole avec un transfert record.

« Une réaction Florentino ? »

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Début de saison pas franchement convaincant pour l’italien, qui peut se résumer par « bon l’essentiel c’est les 3 points ». Les victoires sont globalement là notamment grâce à Pepe qui commence sa très bonne saison, Modric qui devient le véritable pilier de l’équipe et Ronaldo qui enquille comme à son habitude . Bale étant blessé au départ, Di Maria est alors titulaire sur son aile droite habituelle et livre des prestations très solides. Mais au retour du gallois, montant de transfert record oblige, ce dernier prend alors rapidement le poste d’ailier droit. Carlo n’ayant pas encore vraiment de XI type, il n’hésite pas à tenter Di Maria au poste de relayeur aux cotés de Modric devant Xabi Alonso, poste qu’il occupait avec l’Albiceleste. Et c’est une véritable métamorphose. Jamais Di Maria n’avait été aussi régulier sur une saison que sur l’exercice 2013-2014. On lui connaissait cette qualité d’homme aux 22 poumons, qui s’avère extrêmement précieuse dans ce milieu de terrain, mais cette saison là, il n’y a pas de périodes de plusieurs semaines/mois où il est exécrable. D’ailleurs il n’y a probablement pas 3 matchs d’affilés ou il l’est. L’argentin devient un véritable atout pour l’équipe, notamment  grâce à cette faculté à déstabiliser une défense sur une percée, une accélération.

Peu à peu, Ancelotti trouve un équilibre.

Concernant les gardiens, il est strict. Diego Lopez joue tout les matchs de Liga (sauf sur la fin), et Casillas joue les matchs de coupe (Copa, Champions League). Carvajal s’empare du coté droit, Marcelo du coté gauche, et la charnière principale est composé de Pepe-Ramos. Xabi Alonso campe devant la défense et est épaulé par Modric et Di Maria, qui prendront le jeu à leur compte. Devant on se retrouve avec la BBC avec la machine à but portugaise, un Benzema qui monte en puissance au cours de la saison, et un singe gallois qui va s’avérer décisif. Le banc quant à lui est très bien fourni à chaque ligne et compte 3 remplaçants notables qui vont avoir un rôle majeur dans le sacre du Real. Varane, Coentrao et Isco. On peut même dire 3 joueurs et demi si l’on compte le jeune Jesé.

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2013-2014 donc, le Real est prétendant à tous les titres. En Liga, aux alentours de la 30ème journée, les 2 poids lourds espagnols et la surprise Atletico se tiennent dans un mouchoir de poche. Quelques points les séparent, mais globalement l’équipe de Diego Simeone est en tête sur toute la fin de saison. Pourtant les occasions de prendre la tête se sont présentés aux merengues mais plusieurs contre-performances vont gâcher l’aventure, notamment le nul (arraché qui plus est) contre Valence à domicile, et la défaite à l’extérieur contre le Celta Vigo sur le score de 2-0, et ce à la 36 et 37ème journée. Mais revenons à mi-avril. Le Real est en finale de Copa face à l’ennemi. Les quelques whites quelques blancos prennent l’avantage grâce à Di Maria, servi par Benzema. L’argentin n’a plus qu’à traverser la moitié de terrain catalane et tromper Pinto. Le Barca égalise sur coup de pied arrêté grâce à Bartra. On aurait dit l’Atletico. Mais le karma frappa ! C’est ce même Bartra qui se fait trainer sur 60m derrière Bale pour au final ne jamais le rattraper.

2-1. It’s over.

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Conséquence de cette confrontation, le match du Real pour la 34ème journée de Liga initialement prévu la même semaine que la finale de Copa, est reporté au 7 mai. Soit juste après le faux pas face à Valence et juste avant la déroute contre le Celta Vigo. Et sur ces 3 matchs là, le Real prend seulement 2 points sur 9. L’euphorie du 4-0 infligé à l’Allianz Arena juste avant, s’est vite éteinte. L’Atletico devient champion d’Espagne, sur le terrain du Barca.

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Il ne reste plus que la Ligue des champions. Ca tombe bien, c’est l’objectif principal. Début de campagne quasi-parfait avec un bilan de 5V et 1N pour aucune défaite. Le Real termine facilement 1er de son groupe et tire Schalke04 pour les huitièmes de finale. Grosse goléada à la Veltins Arena en faveur des meringues à l’aller, puis plus petite au retour, la qualification pour les quarts est acquise sans soucis. En quart, une autre équipe allemande affronte le Real : le méconnaissable vice champion, Dortmund. Méconnaissable car plusieurs blessés sont annoncés pour le match aller que les hommes de Carlo remporte sur le score de 3-0. La qualification semble acquise. Ancelotti se permet de reposer CR7 pour le match retour. Le real obtient même rapidement un penalty… que Di Maria rate. Comme un symbole de son non-match, l’argentin va tout rater tandis qu’en face Reus est en pleine bourre et marque rapidement un doublé. C’est alors parti pour un compte à rebours de plus d’une mi-temps ou il ne faut pas encaisser de but. Objectif atteint : le Real s’est fait peur mais se qualifie donc pour les demis. Jamais 2 sans 3, c’est la dernière équipe allemande encore en lice qui doit disputer sa place en finale contre le Real. Le champion en titre. Les meringues tiennent à prendre leur vengeance après cette élimination aux tirs aux buts en 2012. Premier match assez fermé qui se termine sur la plus petite victoire grâce à un but de Benzema. Mais rien n’est fait, à Munich on promet que l’Allianz Arena va se transformer en Britannia Stadium. Un véritable chaudron donc ! .. Qui va vite se glacer grâce à un double coup de tête de Ramos et 2 autres buts de Ronaldo. Le Real se qualifie en finale et est plus proche que jamais de remporter sa 10ème Ligue des champions.

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La fameuse Decima, le mot est sur toute les lèvres. Il fallait que ce soit marquant. L’autre club de la ville, la «hype» Atletico va tenter de priver le Real de sa dulcinée. C’est bien parti pour : sortie hasardeuse de Casillas, Godin en profite. 1-0 pour les Rojiblancos. Un nouveau compte à rebours démarre pour les meringues. Les blancs ont une bonne heure pour marquer.

92:48 :

Le plus dur est fait. L’Atletico n’y est plus tandis que le Real est galvanisé. Il ne reste plus qu’à attendre la 110ème minute pour que Bale crucifie la mafia de Diego Simeone. S’en suit un but de Marcelo et un penalty de Penaldo. C’est dur pour eux, sans doute, mais c’est le foot. Le Real exulte et touche enfin sa Decima, avec en prime un scénario mythique, rêvé.

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Mais alors, qu’est-ce qui a changé ? Qu’est-ce qui a finalement permis au Real de décrocher ce 10ème trophée ? Le changement s’étale sur plusieurs plans. Outre le changement d’entraineur, le staff a bien changé. Sur ses 3 saisons passés à Madrid, Mourinho s’appuyait sur Aitor Karanka au poste d’adjoint. Une fois le départ du portugais acté, Aitor s’en alla aussi en Angleterre, mais pour entraîner cette fois, le modeste club de Middlesbrough. C’est le premier changement notable : ce dernier est remplacé par une légende du club et du foot : l’Ultimo Diez français, le véritable Z. De plus, lorsque Carlo Ancelotti rejoint la Casa Blanca, il ramène dans ses valises Paul Clément en tant qu’adjoint et Giovanni Mauri en tant que préparateur physique, les deux ayant travaillé avec l’italien lors de son aventure au PSG. C’est donc une «nouvelle» équipe directrice qui se charge d’un groupe qui n’a pas énormément changé,et qui se connaît bien. La base est plus ou moins la même même si elle sera remodelée. Lorsqu’on demande à G.Mauri comment se déroule la collaboration du trio de Carlo avec Zidane, il déclare ceci :

«Parfaitement. Zinedine a été un grand joueur, c’est aussi un grand monsieur. Il a vite compris toutes les dynamiques d’une équipe et notre philosophie basée sur le bien- être du joueur. Il nous apporte son expérience. Il discute beaucoup avec nos attaquants et leur fait faire un travail individualisé. Sur le banc, pendant les matchs, son rôle est important, car il nous livre sa vision du jeu. Il a tout pour devenir un futur grand entraîneur.»

-Philosophie basée sur le bien-être du joueur- En voilà un point important. Zizou a illustré cela avec les français et c’est surtout visible pour le cas Benzema, agissant un peu comme le ‘grand frère’ avec l’ancien lyonnais. Le groupe vit très bien tout au long de la saison. Les rumeurs de clashs entre joueurs/clans sont quasi inexistantes. La gestion de la communication de Carlo est aussi totalement différente à celle de son prédécesseur : peu de polémiques avec la presse, tout se passe sur le terrain. Tout se passe sur le terrain car Carlo et ses hommes savent qu’il y a quelque chose à faire avec ce groupe.

« Dès le premier jour au Real, j’ai remarqué en faisant des exercices similaires à ceux que nous avions utilisés à Chelsea et au PSG que l’exécution était meilleure, que le niveau était beaucoup plus élevé. Je me remémore un exercice, on s’était regardés avec Carlo, on ne croyait pas au niveau de sa réalisation. » _ Paul Clément

La problématique d’Ancelotti revient donc à savoir comment exploiter ce groupe, le mettre en marche. Comme dit précédemment, le coach n’a pas hésité à tester plusieurs schémas de jeu lors d’une bonne première partie de la saison, pour au final en arriver à ce 4-3-3. Le départ d’Ozil fait qu’une ou d’autres personnes doivent se charger de l’animation offensive. Modric prend en grande partie le relais, lorsqu’il tient le ballon il fait le geste juste, intelligent, et de l’extérieur du pied. Le croate est aussi bien capable de créer une action par la passe que par le dribble. C’est aussi le cas de son compère Di Maria. Les deux sont mêmes supplées par Benzema qui n’hésite pas à redescendre pour proposer des solutions. Concernant les tâches défensives, la différence majeure se situe aussi dans ce milieu de terrain. Xabi Alonso est seul devant une ligne défensive baissée en sentinelle, rien d’extrêmement original. Les deux relayeurs quant à eux ont une énorme activité défensive. D’ailleurs celle déjà connue de Di Maria s’avère plus utile dans ce milieu que sur son ancien coté droit. A coté de ça, le Real n’est pas une équipe de possession, mais est toujours monstrueuse en contre.

« Pep, avez vous trouvé un moyen pour stopper les contre-attaques du Real ? »

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L’équipe s’adapte en fonction de l’adversaire, de la situation. Il n’y pas UN style de jeu fixe comme le Barca de Pep par exemple. Des buts sur actions construites, il y en a. Des buts sur contre-attaques, il y en a. Des buts sur exploits individuels, il y en a. Des buts sur penaltys, il… bref.

Au retour des vacances, Di Maria et Xabi Alonso quittent le navire tandis que James Rodriguez et Toni Kroos le rejoignent. Le Real est rapidement de retour aux affaires avec 2 Supercoupes à jouer: celle d’Espagne et celle d’Europe. Pour la première, le Real bute face à l’Atletico mais est en démonstration face au club andalou de Séville, pour régner un peu plus sur le vieux continent. S’en suit un début de saison poussif, mais qui va finalement atteindre des sommets. Le Real va enchaîner pas moins de 22 victoires consécutives. 22 IN A ROW, pendant laquelle le Real remporte aussi la Coupe du Monde des Clubs. Mais ça s’arrête là. La faute surtout à la trêve internationale pendant laquelle se blesse le maestro croate. Les madrilènes doivent faire sans lui pendant 3 longs mois … 3 très très longs mois. La série se stoppe début 2015 face à un FC Valence en démonstration, et c’est le début de la descente aux enfers. Le Real est méconnaissable et propose un football sans saveur, ceci laissant un goût amère lorsque l’on a pu voir ce que proposaient Kroos/ Modric/ James/ Isco/ CR7/ Benzema lorsqu’ils étaient alignés ensemble. Et tandis que le club essayait de tenir la course en tête en Liga, James Rodriguez et Ramos se blessent coup sur coup début février. Le groupe arrive à peine à éviter la noyade et passe les 8èmes de Champions League en catastrophe. Kroos et Isco ont été bien trop esseulé et utilisés dans cette période. Mais Luka Modric a fait son retour et semble bien prêt dorénavant. Ramos aussi fait son come back quelques jours avant l’ancien spurs. Le Real, à 1 point du Barca à l’heure actuelle, semble avoir retrouvé les armes en vue du Clasico. Reste à savoir s’ils sauront à nouveau les utiliser comme c’était le cas lors de la première moitié de la saison. Un faux pas au Camp Nou enfoncerait un peu plus l’équipe dans le doute tandis qu’une victoire relancerait sans aucun doute la saison de la Casa Blanca.

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