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Au terme d’un match intense et palpitant, comme seule la majestueuse Premier League peut nous offrir, United s’impose sur la pelouse d’Anfield et conforte sa place dans le Big 4 en éloignant son adversaire du jour à 5 points. Et au vu de la prestation des soldats de van Gaal, le meilleur est peut-être à venir.

Le football est un jeu bizarre. Taquin. C’est au moment où l’on désespère le plus de ce sport, qu’on se dit qu’il ne sert à rien d’autre qu’à parler de milliers de mères qui n’ont rien à voir avec lui et qu’on jure sur la vie de la sienne de ne plus jamais le prendre autant à cœur qu’il nous sourit. Lundi 9 mars, Danny Welbeck qualifie Arsenal devant son ancien public d’Old Trafford et, comble du cauchemar, célèbre ostensiblement son but. United quitte la FA Cup la tête basse, et plonge ses supporters dans le désarroi.

Ce matin, à peine deux lundis plus tard, les Red Devils bombent fièrement le torse, bénissent le Ciel, écoutent les oiseaux chanter et commencent la semaine de la plus belle des manières après avoir vaincu leur meilleur ennemi la veille. Comme une légère impression de planer en repensant au doublé de Juanito Mata sous les yeux médusés d’Anfield Road, et –cerise sur le gâteau mancunien– à la sortie au bout de 40 secondes de jeu de Steven Gerrard, tel un signe du destin lui rappelant qui sont les Rois.

A vrai dire, ce derby était composé de tous les ingrédients qui rendent le football si unique (« kinkinkin mec t’as rien vu, le game 7 des play-off *________* »). Une fresque de plus ajoutée à ce gigantesque tableau qu’est l’histoire des Liverpool-United : un scénario décousu, un match haletant, saupoudré de drame, d’intensité, de fierté et de grosses balloches. Car, s’il n’est pas que ça, c’est de ça qu’est fait le football : un spectacle, un divertissement aussi bien destiné aux spectateurs présents au stade qu’aux braves soldats devant leur écran. Après des années à subir l’intensité sur les bords de la Mersey, à être dominé et bougé par des Scousers gonflés à bloc par l’enjeu symbolique, United a enfin pris les choses en main. United a dicté sa loi dans la cour d’Anfield, et personne n’a trouvé à y redire.

C’est sans doute pour ça qu’on ne laisse pas tomber le football. C’est sans doute pour ça que ce foutu sport nous tient par le bout du nez et que, peu importe les circonstances, un supporter croit en son équipe. Peut-être aussi pour ça qu’une, deux, trois contre-performances le dimanche sont acceptées. Parce que la joie pure que procure une victoire comme celle d’hier est inégalable.

Au Panthéon des Red Devils ayant souillé Anfield s’est invité royalement Juan Mata. D’une pierre deux coups, il vient définitivement de s’installer dans le cœur rouge vif des mancuniens… et dans les plans de Louis van Gaal. Juan Mata n’est plus un ex-Blues. Juan Mata is a Red Devil, and that’s a fact.

Manchester United reprendra sa course à la deuxième place avec Arsenal et son noisy neighbour City dans deux semaines, en recevant Aston Villa. Le football étant ce qu’il est, toutes les certitudes acquises grâce au 4-2-3-1 de van Gaal pourraient être remises en cause par une contre-performance surprise. En attendant, les nuages des 8 premiers mois semblent laisser place au soleil printanier du côté d’Old Trafford. Et si vous tendez l’oreille, vous entendrez ce refrain « Glory Glory Man United ! Glory Glory Man United ! »

Mohamed