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A la sortie du match de Zlatan à Chelsea et Bordeaux, j’avais écris cet article en prévision de le publier la semaine de son retour au Camp Nou. Aveuglé par la forme de Zlatan lors de ses dernières sorties, et de celle -pathétique- de Cavani, j’avais fait le choix de fermer les yeux sur mes écrits. Mais le match d’hier soir a -malheureusement- confirmé ce que j’avais avancé. De façon opportuniste et mesquine, nous décidons aujourd’hui de publier l’article.

A l’heure ou le petit monde médiatique du football français (et pas que, malheureusement…) s’excite sur un nouveau débat de fond concernant les propos tenus par Ibrahimovic à la suite du match à Bordeaux, faisons diversion, et prenons le contre-pied de tout ce si beau monde… Quitte à parler -une fois de plus- de Zlatan, pourquoi ne pas parler ballon ?

Pourquoi se concentrer sur des futilités, alors qu’il y’a quelques semaines de cela, Paris se qualifiait à Stamford Bridge sans le géant suédois, ouvrant ainsi la voie à un vrai débat de fond : Paris doit-il continuer de faire jouer Zlatan Ibrahimovic ?

Il n’est pas question de fermer les yeux sur les qualités de Zlatan, non, ce n’est pas le sujet. Quitte à être clair, intrinsèquement, il est peut-être -c’est un point de vue qui se débat bien évidemment- le meilleur joueur du monde derrière Messi. Physiquement et techniquement il possède tout ce qu’un joueur peut rêver ; grand sans être lent, vision du jeu, toucher de balle, à la passe comme à la finition, il ne semble présenter aucune faille sous ses crampons noirs… Mais le problème est ailleurs. En l’occurence il se situe plutot sous sa queue de cheval (à vous de voir de quoi je parle).

Sous ces faux-airs de guerrier nordique jonglant entre sang-chaud et sang-froid se cache une terrible fragilité mentale. Une fragilité qui devenue incontournable à chaque grand rendez-vous de Ligue des Champions. Comment un joueur de cette envergure peut-il inexorablement se défiler dans la reine des compétitions ? Pourquoi cette incapacité à élever son niveau de jeu, et celui de son équipe quand la pression l’exige ? Les échecs de Zlatan en Ligue des Champions sont indéniables, partout ou il est passé, il a disparu et échoué. Il affiche aujourd’hui une fiche de stats tout simplement minable en phase finale de Ligue des Champions : 7 buts en 36 matchs… Inutile d’aller plus en profondeur, le constat est sans équivoque. Mais plus grave que cette déroute individuelle, Zlatan par son emprise sur le jeu respectif de ses équipes, par son influence, tire avec lui tous ses coéquipiers dans sa chute. Certains croiront peut-être aux coïncidences mais lorsqu’il quitte l’Inter (après multiples échecs européens) pour le Barça, ce dernier est champion d’Europe en titre et règne sur le continent. Au final de cette saison, l’Inter -qui récupère au passage l’immense Samuel Eto’o- remporte (enfin) sa couronne, éliminant au passage le Barça… d’Ibrahimovic. L’expérience ratée du suédois en Catalogne le pousse vers la sortie ; il trouve refuge à Milan, à l’AC Milan -prouvant encore une fois toutes les qualités humaines du suédois-. Allégé par son départ, Barcelone rerend son dû, et redevient Roi d’Europe…

Malheureusement, pour le club de la capitale, la donne ne semble pas avoir changé. Toujours cette facheuse habitude à s’éclipser lors des grands matchs, plus encore, à l’instar de sa sortie sur blessure au Parc l’an dernier contre Chelsea, et il y’a 1 semaine à Stamford Bridge, ses absences semblent au contraire faire office de véritable déclic pour ses coéquipiers. Et en premier lieu Javier Pastore. En difficulté durant l’entame de match à Stamford Bridge, la sortie prématurée de Zlatan a donné de l’air et de l’espace à l’argentin qui a ainsi pu quitter l’aile pour occuper une place plus axial. Grand mal lui en a pris, bien que parfois maladroit dans le dernier geste, il fut l’élément moteur -avec Verratti- des contres-attaques parisiennes, offrant sans cesse des solutions à la première relance parisienne. Une opportunité pour El Flaco que l’on peine à imaginer avec Zlatan sur le terrain. Ce dernier « anesthésie » le milieu de terrain et la liaison milieu-attaque par ses décrochages de plus en plus nombreux, ralentissant le PSG, le rendant au final prévisible et stérile.

Bien évidemment, loin de moi de dire que Zlatan est incapable de décrocher, par ses qualités intrinsèques au-dessus de la moyenne il en est parfaitement capable, dans une autre vie il serait probablement numéro 10. Mais force est de constater que ses décrochages nuisent au jeu parisien, et au rayonnement d’un Pastore qui au contraire du Z, rend des copies bien plus glorieuses lors des rencontres de la Coupe aux grandes oreilles.

Comment doit donc oeuvrer Laurent Blanc ? Il paraît inconcevable au vue de son aura d’écarter Zlatan du 11 de départ, mais le PSG qui a fait preuve d’une combativité hors du commun il y’a une semaine, d’une rage de vaincre à toute épreuve peut-il se permettre de laisser au cœur du jeu un joueur nonchalant, faible psychologiquement dans le seul espoir de le voir enfin briller ? Cela au détriment d’autres joueurs talentueux comme Pastore ?

Je ne peux pas l’admettre, malheureusement, la vérité du terrain n’a pas toujours le dernier mot, et on peut clairement douter du courage de Laurent Blanc pour se passer de Zlatan.

Edu

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  1. Quelques remarques :

    – 7 buts, 7 assists, 14 actions décisives en l’équivalent de 35 matchs, ça reste trop peu mais c’est déjà un indicateur plus proche de la réalité. Car oui, la caractéristique de Zlatan c’est aussi qu’il est capable de lancer ses coéquipiers seuls face au but. Ne pas prendre en compte cette contribution pour juger son apport offensif me semble quelque peu fallacieux.

    – Vous dites « Mais plus grave que cette déroute individuelle, Zlatan par son emprise sur le jeu respectif de ses équipes, par son influence, tire avec lui tous ses coéquipiers dans sa chute. »

    L’exemple de Milan et de sa déchéance post Ibra montre bien que Zlatan ne les tirait pas vers le bas, bien au contraire. Pour chaque exemple (comme l’Inter qui réussit mieux sans lui) il y a donc un contre exemple. Pourquoi ne pas rappeler cela ?

    – Ensuite vous dites « Certains croiront peut-être aux coïncidences mais lorsqu’il quitte l’Inter (après multiples échecs européens) pour le Barça, ce dernier est champion d’Europe en titre et règne sur le continent. Au final de cette saison, l’Inter -qui récupère au passage l’immense Samuel Eto’o- remporte (enfin) sa couronne, éliminant au passage le Barça… d’Ibrahimovic. L’expérience ratée du suédois en Catalogne le pousse vers la sortie ; il trouve refuge à Milan, à l’AC Milan -prouvant encore une fois toutes les qualités humaines du suédois-. Allégé par son départ, Barcelone rerend son dû, et redevient Roi d’Europe… »

    Vous faites aussi l’erreur selon moi de considérer que son départ est la différence majeure entre l’Inter de 2009-2010 et celui de 2008-2009 or c’est loin d’être le cas. Cette équipe a été révolutionnée entre ces deux saisons avec les arrivées de Milito, Etoo, Motta, Lucio et Sneijder. Voilà ce qui explique que l’Inter ait fait si bien en 2009-2010, l’arrivée de 5 joueurs majeurs. En outre, le départ d’Ibra a aussi été conjugué à ceux de Maxwell, Figo, Cruz, Crespo, Burdisso, sans qu’il n’ait jamais été fait de rapprochement entre leurs départs et la victoire de l’Inter.
    Votre deuxième erreur c’est aussi de faire un gigantesque raccourci entre le départ de Ibrahimovic et une supposée installation du barça sur le toit de l’Europe. Or a bien y regarder le Barça ne s’est pas plus installé sur le toit de l’Europe après 2010, qu’avant 2010. Bien évidemment, le club a remporté une LDC une année après le départ d’Ibrahimovic mais à bien y regarder, combien de fois le Barça a-t-il fait mieux qu’une demi-finale après Zlatan ? Une seule fois. Combien de fois a-t-il fait pire ? Une seule fois. En vérité avec ou sans lui, ce n’est pas la question, ce n’est qu’un pion dans un jeu plus grand que lui. Le niveau du Barça cette décennie, c’est la démi-finale de C1, ensuite lorsqu’on sait tous les facteurs qui peuvent expliquer pourquoi au cours d’une année un club est en demi et une autre en finale -chance, faits de jeu, arbitrage et tirage compris- il me semble clair qu’il est difficile d’affirmer qu’un élément a été plus important qu’un autre. Soyons donc mesurés et honnêtes dans nos conclusions et analyses.

  2. Tout d’abord merci pour votre commentaire argumenté. Mais je décèle la même malhonnêteté dans votre commentaire que celle dont vous m’accusez dans l’article.
    Donc je vais essayer de répondre point par point à chacune de vos remarques.

    « – 7 buts, 7 assists, 14 actions décisives en l’équivalent de 35 matchs, ça reste trop peu mais c’est déjà un indicateur plus proche de la réalité. Car oui, la caractéristique de Zlatan c’est aussi qu’il est capable de lancer ses coéquipiers seuls face au but. Ne pas prendre en compte cette contribution pour juger son apport offensif me semble quelque peu fallacieux. »
    Oui je n’avais pas cette donnée concernant les passes décisives. Mais au final vous le reconnaissez vous-même, le bilan reste trop largement insuffisant pour un joueur de son envergure. Et c’est bien ça le fond de l’article, cette donnée que vous rajoutez sur la table se révèle être anecdotique. Quand bien même je n’ai jamais nié les capacités de Zlatan a être également efficace dans la dernière passe et les transmissions. N’essayez pas de me faire passer pour un procureur qui en veut à Zlatan alors qu’il est inscrit noir sur blanc que intrinsèquement je le considère même comme le numéro 2 derrière Messi.

    L’exemple de Milan et de sa déchéance post Ibra montre bien que Zlatan ne les tirait pas vers le bas, bien au contraire. Pour chaque exemple (comme l’Inter qui réussit mieux sans lui) il y a donc un contre exemple. Pourquoi ne pas rappeler cela ?
    – Cet exemple est exact. Mais malhonnête. Forcément qu’il s’agit d’un contre-exemple dans la mesure ou Zlatan (et Thiago Silva soit dit en passant) n’ont jamais été remplacés aussi bien quantitativement que même numériquement en raison des finances catastrophiques du Milan AC. C’est élégant de votre part d’évoquer ce soit disant « contre-exemple » mais une contextualisation le rend me semble t-il caduque.

    Concernant le dernier point de votre commentaire, là encore vous forcez le trait.
    Bien évidemment qu’il n’a jamais été établi de lien entre le changement de l’Inter et les départs Maxwell, Figo, Cruz, Crespo ou Burdisso dans la mesure où ils n’étaient pas de véritables incontournables de l’Inter. Or, dans le cas de Zlatan l’équipe tournait autour de lui -comme au PSG-. Son départ (+l’arrivée d’Eto’o et l’argent engrangé) ont permis un recrutement complet et la fin d’une Zlatan dépendance qui ne leur faisait gagner uniquement les trophées nationaux et jamais mieux à l’échelle européenne -comme au PSG encore-. Son départ a permis la mise en place d’un vrai collectif, dans quel monde Zlatan aurait pu faire le quart d’un Eto’o, d’un grand champion près à fermer les yeux sur son positionnement, sur les consignes ingrates, dans le seul but de gagner et mettre l’équipe dans les meilleures conditions ?
    Enfin, le Barça a gagné avant Zlatan, a gagné après Zlatan mais pas pendant. Les faits sont pourtant clair et net, libre à vous de n’en prêter aucune importance. Je ne compte pas m’étendre plus largement sur la question tant le raccourci me semble sans équivoque. Le Barça de l’ère Guardiola fut la meilleure équipe d’Europe sans la moindre discussion possible et Ibrahimovic fut le seul grain de sable de ce collectif parfaitement huilé.

  3. « N’essayez pas de me faire passer pour un procureur qui en veut à Zlatan alors qu’il est inscrit noir sur blanc que intrinsèquement je le considère même comme le numéro 2 derrière Messi. »

    C’est bien là le problème … Zlatan est très loin du niveau de Messi. Si vous le placez aussi haut, je comprend cet article qui doit être à la hauteur de votre déception.

    « Cet exemple est exact. Mais malhonnête. Forcément qu’il s’agit d’un contre-exemple dans la mesure ou Zlatan (et Thiago Silva soit dit en passant) n’ont jamais été remplacés aussi bien quantitativement que même numériquement en raison des finances catastrophiques du Milan AC. C’est élégant de votre part d’évoquer ce soit disant « contre-exemple » mais une contextualisation le rend me semble t-il caduque. »

    Sur ce point vous vous trompez. Zlatan a été remplacé numériquement par Pazzini, l’avènement d’El Sharaawy et surtout en janvier par Balotelli. C’est une sujet que je maîtrise bien puisque je suis fan de l’AC Milan…

    « Les faits sont pourtant clair et net, libre à vous de n’en prêter aucune importance. Je ne compte pas m’étendre plus largement sur la question tant le raccourci me semble sans équivoque. Le Barça de l’ère Guardiola fut la meilleure équipe d’Europe sans la moindre discussion possible et Ibrahimovic fut le seul grain de sable de ce collectif parfaitement huilé. »

    Encore une fois, si le FC Barcelone arrivait tous les ans en finale voire même gagnait tous les ans sans Zlatan et que l’année de son arrivée -sans autre changement majeur- ils avaient arrêté d’aller en finale puis repris le même rythme une fois son départ acté, j’aurai peut-être pu considérer votre argument. Sauf que le Barça de Guardiola aussi plaisant à voir jouer soit-il n’a jamais eu ce genre de résultats en LDC, les faits sont clairs, le niveau de ce Barça c’était une année en finale, une année en demi-finale, quel que soit les changements opérés entre deux saisons.

    2008 demi finale
    2009 vainqueur
    2010 demi finale
    2011 vainqueur
    2012 demi finale

    Moi je ne vois aucun « effet Zlatan », juste une régularité implacable, tous les ans le Barça va en demi et tous les deux ans le Barça va en finale, Zlatan ou pas Zlatan. A vous écouter, on pourrait penser que le Barça de Guardiola a eu la régularité en finale de la Juve de Lippi (3 finale d’affilées), du Bayern de Heynckes (3 finales en 4 ans), du Real de la fin des années 90 (3 victoires en 5 ans), du milan de Sacchi (2 victoires d’affilées), du Liverpool de Bob Paisley (3 victoires en 5 ans), du Bayern de Gerd Muller (3 victoires d’affilées), de l’Ajax de Cruyff (3 victoires d’affilées) ou même du Real des années 50 OR CA N’A JAMAIS été le cas … Encore une fois la LDC est une compétition exigeante et très aléatoire, les facteurs pouvant influencer un passage d’un tour à l’autre sont extrêmement nombreux et beaucoup ne sont pas directement liées à la prestation d’un joueur surtout pris isolément. Isoler un joueur et dire « c’est de sa faut si le Barça n’a pas gagné en 2010 » me paraît totalement illusoire et artificiel. Le Barça ne s’est pas mis à joué pour Ibra en 2010, Messi était le patron de l’attaque, on a beaucoup parler de la demi de Zlatan face à l’inter mais était-il seul sur le terrain ? Les patrons du club (Messi, Iniesta, Xavi) n’ont-ils pas aussi défailli comme deux ans plus tard face à Chelsea ? Puis face au Bayern ? Puis face à l’Atletico ?

  4. @Colocolo Étant donné que je suis d’accord avec le fond de l’article, je vais me positionner en contradicteur. Je ne comprends la finalité de l’argumentation et des différents exemples énoncés car ils ne contestent pas l’essentiel: les performances à géométrie variable de Zlatan en fonction du contexte. Aussi fort soit-il, ces 14 actions décisives n’ont jamais permis de « dorer » son blason dans la compétition reine. Il est passé tout près d’accomplir ce dessein lors du match contre Manchester United avec l’Inter mais pour le reste c’est trop peu, surtout avec le PSG où il est LA STAR. Le sujet principal c’est Zlatan, le fait d’être tatillon est louable, mais préférablement avec une certaine honnêteté intellectuelle (je le dis sans volonté d’offenser). Aucun exploit avec la Suède, aucune prestation décisive et d’envergure dans un match retour couperet, ce n’est pas une lubie que de dire qu’il y a un fossé énorme entre les grands et les très bons, Zlatan fait partie de la seconde catégorie. Ces performances exceptionnelles dans une série A en régression (post Calciopoli) n’enlèveront pas ce goût d’inachevé dans sa somptueuse carrière.

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