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L’AC Milan connait une crise sans précédent depuis plus d’un an. Plus de coupe d’Europe, plus de champions, plus d’argent, un effectif indigne du rang du club Milanais qui connait toutes les peines du monde à redorer un blason sali par des joueurs affligeants et une direction qui marche sur la tête depuis plusieurs années. Le Milan ressemble à ce père de famille qui s’en est sorti avec maestria durant des décennies mais qui n’a pas anticipé les changements de la société. Ses méthodes deviennent obsolètes et il se retrouve à faire de mauvais choix, devenant la risée lors des réunions parents-profs.

Chute libre

Oh, glory days
Oh, glory days

23 mai 2007, 23h25, Athènes. Pippo Inzaghi vient de crucifier le Liverpool de Benitez, Paolo Maldini s’apprête à soulever une énième Ligue des Champions, des chiffres impressionnants ressortent après cette victoire. 7ème étoile pour le Diavolo, la 5ème pour le capitaine Rossonero et Billy Costacurta, 4ème Ligue des Champions pour Clarence Seedorf avec trois clubs différents, troisième finale de Champions League en quatre ans, la deuxième victoire pour la plupart de l’effectif et premier Ballon d’Or pour Kaka après cette victoire. Oui, Milan est sur le toit du monde, Milan a le meilleur effectif, Milan est bien la plus grande institution en Europe.
29 avril 2015, 23h25, Milan. Pippo Inzaghi sort d’une défaite cuisante face au Genoa à San Siro, il annonce en conférence de presse « finir dignement », « ne pas lâcher, comme lorsque qu’il était joueur ». Le coach Rossonero n’a pas choisi ces mots au hasard, il demande tout simplement à ses joueurs de respecter l’institution Milanaise et les tifosi qui n’ont pas lâchés jusqu’a ce fameux soir du 29 avril leur équipe malgré la déchéance complètement folle de leur équipe.
ô rage, ô désespoir, Milan pointe à une affolante dixième place. Milan est assuré de jouer en Serie A l’an prochain, c’est déjà ça de pris, Milan ne peut mathématiquement plus être champion ou finir 3ème, encore une saison sans Ligue des Champions, fabuleux. Bonera est le dernier souvenir de la victoire en C1 de 2007. Oui, le royaume de Milan n’est plus ce qu’il était.

L’histoire d’un monument qui coule

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8 ans passèrent, Maldini, Ambrosini, Gattuso, Pirlo, Kaka, Cafu, Nesta ne sont que de lointains souvenirs. Thiago Silva, Ibrahimovic, Pato, Ronaldinho, Robinho ont essayé de leur succéder, en vain. La garde du royaume Milanais se compose actuellement de Rami, Honda, Montolivo, Ménez, Cerci et autres Van Ginkel pour ne citer que eux. Le problème n’est pas le niveau de ces joueurs, on ne pourra jamais demander à un Van Ginkel de devenir Seedorf ou a Honda de devenir Kaka (ils en sont incapables de base) et, comment leur-en-vouloir ?

Le vrai problème est ici : comment un chevalier de la trempe de Berlusconi avec l’aide de son plus grand associé, Adriano Galliani, a pu transformer cette féérique croisade qui a commencé il y a plus de 27 ans en une vulgaire tele novela au budget ultra limité? Depuis l’été 2011 et ce fameux « Paramettro Zero« , tout va mal. Berlusconi semble avoir fermé le robinet, Zlatan Ibrahimovic aura été le dernier transfert ronflant de l’équipe. Depuis ce foutu été 2011 qui a vu arriver Alberto Aquilani, Taye Taiwo, Philippe Mexes ou Antonio Nocerino, de pseudos valeurs sûres dont le seul critère de recrutement était leur fin de contrat ou un prix plus que abordable pour un Galliani pensant peut être que Taye Taiwo était encore plus fascinant que Taribo West.

Malgré un premier échec dans cette politique là, l’homme fort du Milan semble continuer dans cette voie. Des arrivées plus improbables les unes que les autres, allant de Kevin Constant à Djamel Mesbah, en passant par Bojan et ce diable de Bakaye Traoré en contre partie, Galliani n’a pas prolongé Pirlo, Seedorf, Gattuso tout en laissant partir Ibrahimovic, Thiago Silva et autre Alexandre Pato. Bon sang, quelle mouche l’a piqué peut-on se demander, en réalité, pouvait t-il faire mieux que tenter des coups? C’est un autre débat, la réalité est qu’il a réussi l’exploit de donner à ses entraineurs une constellation de joueurs moyens n’ayant en aucun cas le niveau d’un tel club. Coach Allegri avait réussi tant bien que mal à entretenir du mieux qu’il pouvait l’institution Milanaise grâce à quelques coups d’éclats bien sentis malheureusement cela ne suffit plus, l’effectif est de plus en plus faible. Seedorf n’a pas fait mieux, pareil pour Pippo. L’arrivée de Inzaghi aurait pu tout changer mais encore une fois, l’effectif n’est pas à la hauteur. Encore et encore. Un éternel recommencement qui semble ne plus s’arrêter depuis maintenant quatre ans. Sauf que, un Thailandais est venu toquer à la porte d’Il Cavaliere.

Ça ira peut-être mieux demain

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Bee Taechaubol, homme d’affaires, milliardaire, veut racheter 51% du club Rossonero pour 500 millions d’euros, malgré la concurrence Chinoise, le Thailandais semble être en pôle position pour le rachat. Comme le cousin Interista, le Milan est en phase de passer entre les mains d’un milliardaire Asiatique. La fin de galère annoncée pour l’AC Milan, les lettres de noblesses seront à nouveau intactes, Thiago Silva va revenir à la maison, Milan va avoir son stade, tout est envisageable, l’enthousiasme est à son paroxysme ! Mais rétablissons une vérité.

Quand on voit l’Inter de Thorir, mieux vaut ne pas s’enflammer, le chemin est encore long avant d’espérer récolter les fruits de l’arrivée d’un nouveau actionnaire majoritaire. Le fair-play financier sera un frein dans le reconstruction de l’équipe dans un premier temps. La répartition des rôles au sein de l’organigramme du Diavolo sera primordial, que faire de Galliani ? Doit-t-on remplacer Braida? Quid de Barbara Berlusconi? Les premiers échos parlent d’un trio BBM composé de Bee, Barbara et Maldini. Ce dernier aurait enfin une place de choix dans son club de coeur. Galliani serait plus en retrait mais toujours important au sein du club. Concernant le terrain, Inzaghi ne sera plus l’entraineur l’année prochaine. Les rumeurs sont nombreuses : Unai Emery, Lopetegui, Klopp, Sarri, Mihajlovic, même ce saltimbanque de Mazzarri est annoncé, le projet Milan deviendrait alors plus que fascinant pour les 3/4 des entraineurs. Les joueurs? Ils seront tous transférables, du plus exécrable d’entre eux (Honda et Rami se disputant ce titre honorifique) au plus talentueux, le début d’une nouvelle ère devrait être en marche.

Le début d’une seconde croisade légendaire. 29 ans après celle débutée par Il Cavaliere.

Alba