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SAMEDI, C’EST DERBY D’ITALIA !

Oui ! La Juventus est qualifiée pour la finale, oui elle est championne d’Italie, oui elle risque de succéder à l’Inter en gagnant la Ligue des Champions et par la même occasion, de mettre son succès aux oubliettes, mais en attendant, elle doit finir le championnat. Pour cela, elle a encore deux matchs de championnat à négocier dont un fabuleux Derby d’Italia, à Giuseppe Meazza qui plus est. Un choc passionnant qui risque de rendre pazzo les Interisti en voyant débarquer ces Juventini hautains, déjà champions, et qui risquent en plus de leur succéder après la fameuse victoire de 2010 à Bernabeu. Quel cauchemar.

Una Storia Pazza

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Le Derby d’Italia existe sous ce patronyme depuis les années 60. Comprenez qu’on parle d’une rivalité qui perdure depuis 50 ans basée sur des scandales, records et autres surprises. Tout est parti d’une histoire ahurissante qui a vu le résultat d’un Inter Milan – Juventus en 1961 être annulé à une journée de la fin de saison puis finalement rejoué pour cause d’envahissement du terrain de la part des Tifosi Juventini n’ayant pas trouvé de places. Il y aura donc rematch, qui se soldera par une victoire de la Juventus 9-1, l’Inter ayant envoyé ses jeunes en signe de protestation.

Pas besoin de préciser que lors de la première confrontation, l’Inter avait gagné 2-0, une longue histoire basée sur des versions et faits différents. Certains pensent que Umberto Agnelli en tant que président de la Fédé et président de la Juve a eu son rôle pour faire rejouer le match, d’autres diront que le règlement avait été mis en place et au contraire, l’Inter a essayé de tromper tout le monde, un sacré quiproquo qui a engendré une rivalité légendaire entre les deux camps. Le derby d’Italia est né mettant en avant les deux clubs les plus prestigieux de la botte avant l’avènement du Milan d’Il Cavaliere. Depuis ce fameux épisode de 61, la rivalité n’a cessé de grandir.

Cette rivalité s’exacerbera pendant la saison 1997/1998, les deux clubs sont encore en lutte pour le Scudetto.

26 Avril 1998, Il reste deux journées, l’Inter fait encore la course en tête avec un petit point d’avance sur son rival mais doit se déplacer au Dell’Alpi. Zidane, Pagliuca, Del Piero, Simeone, Inzaghi, Zamorani, Ronaldo sont sur la pelouse, quand rapidement, la Vieille Dame va prendre l’avantage grâce à un but de Del Piero avant que le match ne déchante vite. Le ballon est dans la surface Bianconera, Zamorano rate sa volée, le ballon revient dans les pieds du Phenomeno, crochet du virtuose, Mark Luliano met son corps en opposition, RIGORE ? No! Consternation coté Nerazzurri, le coach Gigi Simoni entre sur la pelouse pour exprimer sa colère, mais il n’en est rien. Dans la foulée, un long ballon est envoyé sur Del Piero qui est fauché par Taribo West dans la surface, RIGORE? Si! Les Interistes n’en croient pas leur yeux. Ils sont entrain de perdre le titre sur une décision d’arbitrage. Pagliuca sauvera l’Inter mais les joueurs de Simoni ne rattraperont jamais leur retard. La Juventus repasse devant, après ce match rocambolesque. L’Inter ne s’en est jamais remis, perdant ainsi des points face à Piacenza et une défaite à Bari. La Juventus sera alors championne avec 5 points d’avance, l’Inter se consolera en humiliant la Lazio en finale de coupe UEFA.

De nos jours, le dernier derby retentissant reste la victoire folle de l’Inter de Stramaccioni 3-1 au Juventus Stadium après 49 matchs d’invincibilité pour la Juve de Conte. Cet Inter vient de mettre fin à l’invisibilité de l’armée Bianconera, È Vostro dira Stramaccioni a ses Tifosi : cette victoire est la leur avant tout. Cette équipe semblait être parée pour devenir la Kryptonite de la Juventus, elle dégageait une âme là ou la Juventus tuait ses adversaires de sang froid à chaque partie. Si l’on pouvait faire un miroir de ce match, cela donnerait le Manchester United – Arsenal de 2004, Milito dans le rôle de Van Nistlerooy et l’arbitre en tant que protagoniste principal ayant donné un pénalty très litigieux à Milito. Surement la dernière victoire retentissante de l’Inter en Serie A. Rajoutez l’histoire du Calciopoli et des deux titres destitués à la Juventus en 2006, puis donnés à l’Inter, les transferts de Zlatan et Vieira à l’Inter, les victoires à San Siro de la Vieille Dame après la remontée, la domination de l’Inter pendant que la Juventus rongeait son frein à la 7ème place et les multiples match engagés et enfin là, vous avez une des confrontations les plus attendues en Italie.

Une haine pure et viscérale

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On ne le sait pas forcément, mais Juventini et Interisti se détestent depuis des générations. Ils ne se détestent pas comme se détestent Parisiens et Marseillais ou comme Beliebers et Directionners, nous avons affaire là à du mépris et du dégout l’un pour l’autre.

Le Bianconero voit le Nerazzuro comme un grossier personnage cherchant juste à profiter de la lumière que dégage la Juve pour faire parler de lui et pour que l’on s’intéresse à son club de second rang, tandis que de l’autre, on a l’Interista de base qui vomit en entendant le Juventino, tricheur, ne connaissant rien à la loyauté ni l’honneur, donner son avis. Ce Juventino, froid comme sa ville, qui se croit tout permis car il a gagné 31 titres de champion mais combien de ceux-ci ont été gagnés à la régulière ? À défaut d’être deux clubs d’une même ville, ce match a quand même reçu la légitimité pour être appelé « derby » tellement la haine est palpable entre les deux clubs et leurs tifosi. Le climat de tension entre les deux camps de tifosi des deux camps escalade parfois jusque très loin dans la provocation. En Italie, tout les moyens sont bons pour déstabiliser l’équipe adverse quand la haine est forte. Si ce n’est pas par les chants racistes, ce sont les insultes envers les bandiera décédés qui retentissent, ou bien un subtil rappel des drames et scandales qui ont touchés les clubs en question. Les Juventini n’hésitaient pas à chambrer les Interistes en insultant Facchetti pendant que l’Interiste remémore le drame du Heysel en 1985, ainsi que la rétrogradation en Serie B. Certains trouveront cela sûrement trop excessif de la part des Tifosi, d’autres diront que ça fait partie intégrante du jeu des tribunes, chacun sa vision mais incontestablement, tout cela appartient au football. Mais le match alors, ça va donner quoi ?

Un sursaut d’orgueil ou une énième humiliation

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Depuis la remontée en 2007 de la Juventus, l’Inter n’a plus gagné que deux fois contre la Juventus à Giuseppe Meazza voyant Trézeguet et Camoranesi martyriser l’Inter pour leur retour dans l’élite, Quagliarella mettre un doublé, ou encore Cambiasso prendre son premier rouge en Italie après un attentat regrettable sur Giovinco. Le match de ce samedi 16 mai ne sera pas comme les autres, l’Inter se doit de gagner pour bien terminer sa saison et espérer être en Europa League pour repartir sur une meilleure base. Les joueurs de Mancini ont tout à perdre durant ce match, la tension sera à son paroxysme. Giuseppe Meazza va pousser son équipe comme jamais pour faire en sorte que l’Inter renverse le futur finaliste de la Ligue des Champions et va siffler comme jamais les Juventini, eux, ces arrogants qui risquent de faire passer au second plan l’épopée de la Tripletta. Ô grand jamais l’Interista ne laissera se produire une telle chose, l’honneur tant important va être en jeu chez le peuple Nerazzuro.

Côté Juventus? On aborde ce match comme un autre, la saison est déjà terminée, les remplaçants débuteront pour les remercier de leur investissement, la Juventus a, comme chacun sait, d’autres chats à fouetter et a une saison historique à terminer. On aura peut être droit à du Storari, Padoin, Pepe, Coman sûrement. Raison de plus pour l’Inter de gagner ce match : perdre contre les coiffeurs de la Juventus ? Irrecevable. La Juventus veut enfoncer encore un peu plus l’Inter juste histoire de prouver sa suprématie, ce qui est d’autant plus normal.

Mais la réalité sera sur le terrain, comme dit le diction, un derby ne se joue pas, ça se gagne.

Alba