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Mercredi  27 Mai au matin. Nous allons tous nous rappeler qu’il y a une finale d’Europa League à jouer, on se rappellera que le FC Seville doit affronter une illustre équipe de l’est dont on a plus ou moins oublié le nom. Ah oui, le FC Dnipro Dnipropetrovsk. Un club Ukrainien dont la star est un dénommé Konoplyanka que les Parisiens rêvent de faire signer cet été paraît-il. Rien de bien extraordinaire on a envie de penser, mais une vérité va découler de ce match. Nous serons tous derrière le FC Seville. Inconsciemment, nous allons nous mettre à supporter la bande à José Antonio Reyes. Pourquoi? Parce que c’est un club extraordinaire tout simplement. Immersion dans un des clubs les plus vieux d’Espagne mais surtout un des plus respectés.

Bienvenue à Séville

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Le FC Seville est en passe de de jouer sa 4ème finale d’Europa League en 9 ans, soit autant de finale que Bordeaux, Saint-Etienne, Monaco et Paris réunis, rien que ça. On parle très peu du club Andalou et pourtant, il devrait monopoliser l’attention tant ce que dégage ce club est fort. Mais pour cela, il faut s’y intéresser. Le FC Séville est avant tout une institution, en plus d’être un club ancien créé en 1890, il possède parmi les supporters les plus fervents d’Espagne. A la différence des socios de Valence ou de l’Atlético qui sont connus pour être difficiles et capricieux, les Sevillistas ont l’habitude d’être en permanence derrière leur joueurs et surtout derrière l’institution. On est face à une grande famille qu’est le FC Séville, les joueurs, la direction et les dirigeants. La ville de Séville est à l’image du FC mais aussi du Betis, tout le monde est uni, chaleureux et n’hésite pas à s’entraider. C’est l’esprit Sévillan.

Le cadre de vie est idyllique pour n’importe quel joueur, chaque joueur au FC Séville est épanoui, tant il est surpris par l’architecture magnifique de la ville, le cadre de vie, les Sévillans et par l’image que dégage l’institution qu’est ce club. Rajoutez à cela un stade pas comme les autres qui rend supporters et joueurs locaux comme adversaires complètement fou. Le Sanchez Pizjuan, celui que l’on surnomme tout modestement « La Bombonera de Nervion » possède quelques anecdotes particulières qui rendent son histoire encore plus folle. Oui c’est le lieu du crime dont a été victime la France en 1982 avec l’attentat de Schumacher mais pas que. Le stade, depuis 1951, n’a subi que de très légères rénovations restant le même, un stade à l’ancienne qui dégage un vrai charme placé en plein centre ville. Le surnom de « Bombonera de Nervion » n’est pas usurpé tant les Sevillans foutent un boucan monstre dans ce stade en particulier lors des réceptions du Betis et du Réal Madrid qui donnent lieu à des matchs souvent mémorables.

Ce n’est pas pour rien que les joueurs de Unai Emery sont restés près de 1 an et 2 mois invaincus à domicile toutes compétitions confondues ayant cédé face.. à Cristiano Ronaldo et son triplé ahurissant. Cette année, le Sanchez Pizjuan a souvent joué son rôle de 12ème homme à la perfection marquant les esprits comme lors de la victoire 2-1 face au Zenith ou le match nul face au Barça 2-2 où la bande à Bacca a retourné des situations mal embarquées, poussée par ses supporters. Nous avons à faire à un club gangréné par l’envie de réussir tous ensemble et de tirer dans le même sens à l’unisson, loin des stéréotypes des clubs actuels où la discorde est omniprésente. On parle là d’un club capable de se retourner contre son président mythique José Maria Del Nido qui a été inculpé pour 7 ans pour détournement de fraude alors qu’il était vu comme le messie à Séville. Mais le fait d’avoir triché n’est pas permis, passant du statut de référence à persona non grata en quelques mois. Car la seule chose qui importe au club, c’est d’être franc et ne jamais tricher.

Une bande de copains avant tout

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Sur le terrain, depuis 2004, c’est la même rengaine. Le directeur technique et ancien gardien du club Monchi fait preuve de malice et arrive à trouver les joueurs parfait pour son club. On peut dire sans trembler du menton que Monchi est le meilleur directeur sportif actuellement, n’en déplaise aux Parisiens avec Letang, et les Juventini avec Marotta, le plus fort, c’est Monchi. Le directeur sportif, associé à un grand nombre de recruteurs, ont une ligne directrice qu’ils se doivent de suivre à la lettre concernant le recrutement. On veut des joueurs selon des critères précis qui prennent aussi en compte l’extra-sporfif. Un cahier des charges fourni qui se base sur des crtieres parfaitement définis, permettant au club de ne se tromper que très rarement. Il faut ajouter à cela une cellule de recrutement présente aux quatre coins de l’Europe ainsi qu’au cœur de l’Amérique du Sud.

Capable d’aller dénicher des perles Sud Américaines comme Dani Alves, Julio Baptista ou Renato, comme de signer un Seydou Keita, un Maresca ou d’aller chercher Trochowski ou Rakitic voire relancer un Banega, la cellule de recrutement ne laisse rien aux hasard. Malgré un trou d’air de 2010 à 2013, le club n’a cessé d’être à un niveau respectable. Le club a vu passé quelques phénomènes au sein de la maison Sévillane, de Dario Silva, aux pépite locales José Antonio Reyes, Jésus Navas, aux doublettes Kanouté – Luis Fabiano, Escudé – Squillaci ou l’ancien milieu droit Daniel Alves à l’époque et même Geoffrey Kondogbia. Le Sanchez Pizjuan a vu des joueurs se battre pour la cause du club, l’amenant vers les sommets. Et cela dure depuis 15 ans, des joueurs qui sont unanimes sur une chose :  « Quand tu joues au FC Séville, tu deviens amoureux du club et de l’institution ».

Ce qu’il y a de plus remarquable dans ce club, c’est de voir tout ces joueurs aussi talentueux comme ils pouvaient l’être se mettre minable pour le collectif et le club, malgré des statuts de stars en puissance comme ce fut le cas pour Alves, Navas ou Luis Fabiano. Ces joueurs ont toujours su donner corps & âme pour le club, et l’équipe actuelle ne déroge pas à cette règle. Moins de noms ronflants certes mais un collectif toujours aussi soudé et fort. La doublette Gameiro/Bacca est symptomatique de cette union. Bacca est le titulaire indiscutable, Gameiro sa doublure sur le papier et pourtant, rien ne le prouve sur le terrain. Gameiro s’est mis au service du collectif, aucun état d’âme, quelques 15 minutes par ci, quelques 30 par la, Gam-Gam ne se plaint pas et à chaque opportunité plante son but comme face au Zénith lorsqu’il qualifie le club pour la 1/2 finale d’Europa League. Sous la houlette de l’incroyable Unai Emery qui a remis le club sur de bons rails après quelques années compliqués, le coach Espagnol aux airs de Luca Banti et Gad Elmaleh ne cesse d’impressionner par son coaching parfait. Que ce soit au niveau humain, au niveau tactique avec son 4-2-3-1 qu’il n’hésite pas à troquer pour un 4-3-3 ou un 4-4-2, il est dorénavant une référence et bénéficie enfin de la médiatisation qu’il a toujours mérité malgré le manque de reconnaissance dont il a été victime à Valence. Mercredi, Aleix Vidal, Vitolo, Banega, Iborra, Krycho, Bacca, Kolo et autres Beto vont peut être rentrer dans l’histoire, et on sera tous derrière eux. Parce que le foot Ukrainien ne vous intéresse pas, mais surtout parce que Séville est un club exceptionnel. Vamos Mi Sevilla.

Alba