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L’adage dit « derrière chaque grand homme, il y’a une femme ». Usuellement il s’agit de l’épouse, la mère des enfants. Derrière chaque grand joueur se cachent des histoires sentimentales, des femmes, qui à un moment ou à un autre vont influer sur la carrière de leur conjoint. A contrario, l’absence de relation stable peut se révéler être un facteur perturbateur. Ronaldo, Ronaldinho et leurs vies privées agitées en sont les meilleurs exemples. Une hygiène de vie aussi explosive ressurgit toujours sur les performances, là ou des Messi ou encore Zidane n’ont jamais eu à fréquenter les boites de nuit, parcourant le chemin de la vie avec la même personne à leurs côtés, en gage de stabilité.

Mais avant « LA » femme, il y’a toujours une personne qui passe en priorité: la mère, evidemment. Tu peux choisir la femme avec qui tu partageras ta vie -ou du moins une partie- mais les liens du sang eux, te sont imposés.

 La Mère des Souffrances

 La mère, cette femme dont tu partageras le sang et l’histoire pour l’éternité. Un héritage. Plus qu’un héritage, la mère est celle qui va façonner ta vie, ton existence par son rapport envers toi. Un rapport le plus fréquemment heureux, affectueux, mais qui peut aussi être malheureux et lourd à porter. Demandez à Eminem s’il n’a jamais rêvé d’une autre existence que de la sienne. La reconnaissance, la popularité, l’argent et sa trace dans l’histoire de sa discipline n’effaceront jamais les cicatrices d’une enfance compliquée et d’une relation tumultueuse avec sa mère. Le manque d’affection de la mère pour son enfant ne sera jamais comblé. Et ça Abdoulaye Diarra, poète au nom de footballeur nous l’avait expliqué sur une douce mélodie…

« Vu que les conneries de gosses des rues couvrent souvent un jeune qui souffre d’un gros gouffre affectif

Grandir sans père c’est dur, même si la mère persévère ça sert, mais pas à trouver ses repères c’est sur

Perdre sa mere c’est pire, demande a Pit j’t’assure t’as pas saisi ? Enlève la mer de la Cote d’Azur »

 Ce manque d’affection, cette absence, certains joueurs l’ont ressenti… Parmi eux Carlos Tevez, orphelin. Un père assassiné et une mère qui l’abandonne, Carlos était destiné à passer difficilement la trentaine d’années. Comment gagner une partie de Poker quand ta main est un 2.7 (2.7) dépareillé ? Cette absence aurait pu l’abattre, le condamner à une existence chaotique. Mais celle-ci l’a finalement forgé… Des entrailles de Fuerte Apache, Tevez s’est fait tout seul, un manque affectif on cherche toujours à le combler. Et Tevez le comble à travers le foot, le but, la victoire. Une faim incommensurable dans l’espoir de panser les plaies d’une enfance qui lui a laissé des cicatrices physiques et psychologiques.

 Être ou ne pas être. Exister. Ou même pas. Si la mère de Cristiano Ronaldo ne savait pas que s’ingurgiter des 1886 bouillantes revenait à boire de l’eau chaude mélangée à la farine et avait opté pour des culs secs de Javel Mir lavande, Cristiano ne serait pas là pour courir derrière Messi. Car oui, résumer le(s) malheur(s) de Cristiano par sa quête du trône du football mondial est bien simpliste et idéalise grandement la vie de Cristiano. Car quoiqu’il arrive dans sa carrière Cristiano a déjà surmonté le plus dur. Un père alcoolique (jusque là rien de terrible dans la mesure ou c’est le cas pour des millions de britaniques) mais surtout une arrivée au monde contre laquelle sa mère a essayé d’oeuvrer. Une grossesse et une naissance non-souhaitées. Et vous vous demandez encore où Cristiano arrive à puiser sa rage, son envie de réussir ? Même parmi les siens Cristiano a du naître, vivre et grandir.

11287407_844171405632482_429464559_n« Allez Mama, sors le pack on va décapsuler quelques 18′ » Cristiano pas rancunier

Cette souffrance peut-être que Cristiano l’a partagée et en a conté deux mots à Emmanuel Adebayor lors de son passage au Real Madrid. Adebayor comprendrait peut être la peine de Cristiano. Plus dur que la cocotte minute du Britannia Stadium, Adebayor a d’autres démons à chasser. Parmi eux, Emmanuel doit chasser ceux de sa mère, qui depuis le Togo envoie des sorts contre son fils, et profère des incantations dans le but qu’il lui arrive du mal. Là encore derrière les millions d’euros, les somptueuses maisons et voitures, se cache la souffrance. Et derrière cette souffrance il est encore question de la mère. Une souffrance qui a poussé Adebayor à penser, de ses propres aveux, au suicide.

La mère peut malheureusement être un fardeau. Un poids. Demandez à Adrien Rabiot quand Veronique se ridiculise aux yeux de toute la France du football. Sa côte de popularité chez les supporters parisiens est quasiment aussi élevée que celle de Germain le Lynx. Plus que ça, ça ressurgit evidemment sur Adrien, persuadé d’être un crack incroyable et de mériter une place de titulaire au PSG. Nous pourrions aussi parler de madame Ben Arfa qui harcelait Paul le Guen et l’OL pour que son petit protégé Hatem soit titulaire à l’OL. Et l’OL de l’époque ce n’était pas Tolisso, Njié et Ferri, mais le grand OL de Juninho, Essien, Govou, Wiltord etc… Peut-être que Nanard Lacombe avait une pensée pour elle quand il a demandé aux femmes de s’en tenir aux casseroles. Mais terminons-en avec ces tristes histoires et passons à des histoires plus réjouissantes.

Ma mère, ma bataille

 Alexis Sanchez a lui aussi connu le ghetto. Dans son malheur Alexis avait une seule branche à laquelle se raccrocher : sa mère. Une mère seule, qui a su protéger son fils -et ses enfants- des maux d’un quartier perdu de la cambrousse chilienne : Tocopilla. L’amour d’une mère envers et contre tout pour son fils. L’amour d’une mère qui rend invincible. C’est surement l’une des forces, si ce n’est LA source d’où El Nino Maravilla puise son chakra.

11287392_844171432299146_629986352_nTop model du lundi au dimanche dans son lit, mais Alexis n’a qu’un seul amour

La mère comme force. Comment ne pas parler de Jesus Navas ? Jesus Navas a eu plus de mal à quitter les jupes de sa mère que de lacher le ballon. Et c’est pourtant pas une mince affaire. Viscéralement attaché à sa mère et à sa mère patrie l’Andalousie, le petit Jesus était angoissé à l’idée de les quitter, même pour un simple match à l’extérieur.  Des crises d’angoisses qui l’ont amené à refuser des convocations et des stages avec La Furia Roja. Jesus Navas a du soigné son hyper-dépendance à sa mère. A côté de lui, Oedipe est un jeune parfaitement équilibré.

 On en parlait plus tôt, Ronaldinho a vu défiler des centaines de femmes dans son lit. Il n’a jamais trouvé la bonne avec laquelle s’établir. Peut être tout simplement parce qu’il n’y a qu’une seule femme dans son cœur. Celle avec qui il a choisi de soulever son premier et unique ballon d’or. A vrai dire il est toujours compliqué de trouver une princesse lorsque tu as été élevé par une Reine.

11272215_844171398965816_1559857375_nViva la madre que te pario Ronaldinho

Avec Ronaldinho, il partage le fait d’avoir marqué au Camp Nou, d’être un magicien et de vouer un culte à sa maman. Javier Pastore a eu du mal à s’adapter à sa vie parisienne, loin de son argentine natale et surtout loin de sa maman Patricia. Les dirigeants ont été obligés à de nombreuses reprises de faire venir son père et sa mère pour offrir la meilleure intégration possible à Javier et le supplément d’affection dont il avait besoin. Car ils le savent bien, Javier n’est jamais aussi bon que lorsque sa maman est dans les tribunes. Le numéro 27 préféré d’Île de France -numéro qu’il a choisi pour la simple et bonne raison que c’est le numéro fétiche de Patricia- est comme tous les latins, il ne peut vivre sans savoir, sentir, la présence de la femme de sa vie autour de lui. La religion – Maman – le football. Dans cet ordre.

Elles ont changé l’histoire

 Outre des histoires de sang, des relations fusionnelles ou conflictuelles, les mères c’est aussi une influence directe sur la carrière de leurs bambins. Et lorsque ces mêmes bambins sont destinés à écrire l’histoire de ce sport, les conséquences peuvent être gigantesques. C’est le cas de deux mamma italiennes qui ont bousculés le destin du football italien : Bruna Del Piero et Fiorella Totti.

Lorsque le grand Milan AC est venu offrir à Francesco une place à l’académie, un contrat, une maison, Fiorella s’est fermement interposé : « Francesco ne bougera pas d’un poil de Rome » La suite de l’histoire on la connait. Francesco est devenu le plus grand joueur de l’histoire de la Ville Eternelle, certainement au détriment d’une carrière bien plus glorieuse chez les rossoneri. Mais l’Italie c’est une romance, une histoire d’amour et de passion. Loin de tout autre discernement.

Del Piero aime raconter les histoires de son enfance et sa relation avec sa mamma Bruna. Lorsqu’il n’était pas encore Il Pinturicchio, le petit Alessandro, gringalet, aimait régaler les terrains du village de San Vendemiano. En dépit des remontrances de sa mamma toujours effrayée à l’idée de le voir seul dehors, jamais à l’abri d’attraper un rhume ou un vilain virus à la tombée de la nuit. Alors vous imaginez bien que quand le Torino FC est venu proposer un contrat à Alessandro, Bruna s’est clairement opposée à son départ. Le fils à sa maman ne devait pas la quitter et partir « si loin », à 448 kilomètres exactement. Alessandro allait connaître Torino, mais jamais « le » Torino. Un passage à Padova d’abord, à 91 kilomètres de sa maman chérie. Alessandro y grandira, deviendra un homme, et partira ensuite dans le club de Torino, la grande Juve. Le temps pour Alessandro de quitter sa Mamma pour la Signora.

Qui peut un temps soit-il imaginer aujourd’hui l’histoire du Calcio sans Del Piero à la Juve et Totti à la Roma ? Décidément en Italie il est toujours question d’une histoire de femmes…

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Enfin, comment terminer cet article sans évoquer l’histoire de l’Ultimo Diez, Roman Riquelme ? En 2006, à l’âge de 28 ans, le Maestro argentin décide d’arrêter sa carrière internationale. Pourquoi ? Pour sa mère. Après « l’échec » de la sélection argentine, éliminée en quarts de finale contre l’Allemagne, Roman essuie de nombreuses critiques de la part des médias argentins. Roman a toujours déchainé les opinions et les critiques. De par son statut, son jeu, sa façon de se comporter sur et en dehors des terrains, il n’a jamais fait l’unanimité. Les nombreuses critiques dont il a été l’objet, il a toujours su les surmonter, de toute façon sa vie n’est que « Futbol et Asado » . Mais sa vie c’est aussi et surtout sa mère. Et celle-ci n’a pas le flegme de son fils, alors quand les médias aiguisent leurs plumes sur l’Ultimo Diez, sa mère ne le supporte pas. Comment supporter les critiques dont ton rejeton est victime ? La décision de Roman est alors claire et nette :

« Ce fut une décision facile. Depuis que je suis rentré du Mondial, ma maman a été hospitalisée deux fois, et pour moi les choses sont claires : avant le football il y a ma famille. Et ma maman est la chose la plus importante que j’ai. Et je n’ai pas le droit de la faire souffrir. Si un jour on parle mal de mes enfants, je vais souffrir. Chacun est libre de penser et dire ce qu’il veut. Ma famille passe avant tout et ça ne changera pas.  Ca me fait mal au cœur de ne plus pouvoir enfiler le maillot de mon pays, mais avant le football il y a ma maman. Et je ferai toujours ce dont elle a besoin.»

Bien sur, ne plus voir Riquelme en sélection, ne pas l’avoir vraiment pu évoluer avec Leo Messi sous le même maillot est un « drame » pour le football. Mais comment lui en tenir rigueur dans ces conditions ? On dit souvent que le football n’est pas une question de vie ou de mort mais que c’est bien plus que ça. Surement. Mais ce ne sera jamais plus que l’amour d’une mère pour son fils et d’un fils pour sa mère.

Une pensée à ceux qui ont perdu la leur, à ceux qui souffrent d’un manque affectif. Pour les chanceux, rappelez à la vôtre que vous l’aimez. Bonne fête Maman.

 Edu