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Samedi soir à Berlin, dans le lieu qui a vu Zinédine Zidane asséner son fameux coup de tête à l’encontre de la cage thoracique de Marco Materazzi, là où l’Italie de Gianluigi Buffon et Andrea Pirlo a soulevé la Coupe du Monde 2006, s’achèvera la saison européenne. Le FC Barcelone aura l’occasion de s’octroyer sa cinquième Ligue des Champions, quatre ans après la victoire incontestable face au Manchester United de Sir Alex Ferguson à Wembley (3-1).

Dans cette optique, les catalans disposeront d’une valeur ajoutée inestimable : la présence de Lionel Messi, évoluant à un niveau paroxystique depuis le début de l’année.

Une Ambition retrouvée

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Après le sacre de l’Allemagne lors du dernier Mondial face à l’Albiceleste de la Pulga (1-0), beaucoup se demandaient, à raison, si Messi n’avait pas entamé un déclin irréversible. A la suite de ce revers contre les coéquipiers de Thomas Muller, l’Argentin a amorcé sa conversion – qui n’est en rien stochastique – en bénéficiant notamment de l’aide plus cadencée d’une diététicienne italienne de renom, Silvia Tremoleda. Messi a ainsi vu sa masse graisseuse altérée d’environ 3,5 kilos par rapport à la saison dernière selon Mundo Deportivo.

Moins replet, le leader technique du club catalan ne cesse de surprendre eu égard à sa capacité à se réinventer, d’abord en ce qui concerne son physique. Journaliste du quotidien ibérique, Joan Josep Pallas a confirmé la métamorphose du natif de Rosario :

« Ses indices de masse graisseuse sont quasiment invisibles. Ses fibres musculaires sont presque les mêmes que celles d’un cycliste professionnel », a-t-il argué.

Dans une récente interview accordée à Squawka, Messi a confirmé que cette Coupe du Monde perdue face à l’Allemagne était l’élément déclencheur de ses nouvelles aspirations, traduisant son appétence de reconquérir le sommet du football mondial.

“Si tu es sur le terrain et que tu rates une occasion, tu ne peux pas t’attarder dessus – tu dois penser que tu va mettre la prochaine. Donc oui, perdre la coupe du Monde t’incite à faire mieux, et tu t’appuies sur l’ambition et ta déception  comme motivation.”

 Nonobstant les nombreux doutes à son sujet, Messi a également pris la décision d’être présent de façon résolument plus assidue au gymnase de la cité sportive Joan Gamper, même lors de ses jours de repos, mobilisant ainsi toutes les ressources à sa disposition afin de maximiser son rendement sur le terrain.

Cette saison, énumérer les prestations mirifiques de l’astre argentin relève du casse-tête tant il a su se hisser à la hauteur des événements, transportant les téléspectateurs dans un bonheur extatique. A ce titre, les rencontres face au PSG dès septembre en phase de poule de la Ligue des Champions, Manchester City, le Bayern Munich ou encore l’Athletic Bilbao plus récemment constituent des exemples prégnants : même dans les espaces les plus exigus, le numéro 10, lorsqu’il le décide, parvient à fomenter des différences, ériger des parades à ses opposants les plus valeureux, à l’instar de ses plus belles heures sous la houlette de Pep Guardiola.

La Vieille Dame et Maradona

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Messi va donc tenter d’offrir la coupe aux grandes oreilles au club catalan contre la Juventus Turin, club face auquel il s’est révélé au monde le 24 août 2005 à l’occasion du trophée Joan Gamper au Camp Nou (2-2; 2-4 t.a.b). A cette époque, déjà, les prémices d’un futur radieux  avaient  convaincu Fabio Capello, alors entraîneur de la Vielle Dame, de tenter d’acquérir le numéro 30 catalan.

« J’ai été voir Rijkaard et je lui ai fait une offre. Je lui ai dit qu’il ne pouvait pas mettre Messi sur le terrain car il avait déjà trois joueurs étrangers. Ensuite, je lui ai demandé pourquoi il ne laissera pas la Juventus l’avoir en prêt durant un an avant de retourner au Barça » avait-il clamé à la Cadena Ser, avant d’adjoindre : « Il a répondu que la situation allait se résoudre dans les trois ou quatre prochains mois donc il était incapable de faire faire ça. »

Massimiliano Allegri est lui conscient de l’immense défi qui attend ses hommes à Berlin et ne compte pas suivre la méthode employée par Ernesto Valverde lors de la finale de la Copa del Rey – un marquage individuel – afin d’élaguer l’influence de Messi :

« Le marquage individuel sur Messi alors qu’il est en mouvement est pratiquement impossible. On doit avoir de la conviction et anticiper ses déplacements. »

Cette saison, outre la multitude de différences engendrées, le fait d’arme le plus éloquent de Messi est sans doute d’avoir su valoriser certains éléments du collectif de Luis Enrique par le biais de son altérité comme le synthétise Abel Rojas, rédacteur du site espagnol Ecos del Balon, au travers d’une analogie éculée :

« La saison 2014/15 de Messi est maradonesque en terme d’impact sur ses coéquipiers. Il a décuplé le niveau de tout le monde. Pour moi, les plus grandes preuves en sont Alba et Rakitic. Ils sont arrivés jusqu’à la dernière marche dans la peau de joueurs qui ont dérouté le Bayern Munich ou l’Atlético Madrid. Et sincèrement, je ne crois pas qu’ils ressembleraient à ça s’ils ne jouaient pas aux côtés de Lionel. »

@LePhilosophe_B, merci à Guillaume Gautier pour les traductions