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C’est quasiment acquis. Le président de l’OGC Nice, Jean-Pierre Rivère l’a annoncé en conférence de presse : Grégoire Puel et le Gym, c’est bel et bien fini. Son absence à Toulouse lors de la dernière journée du championnat le laissait présager. Le latéral droit quittera la ville qui l’a vu naître 23 ans plus tôt au prochain mercato, au grand dam des supporters niçois, qui entretenaient avec le numéro 15 rouge et noir une sorte d’amour-haine, “je t’aime moi non plus”.

Greg est donc sur le marché, mais à quelques jours de l’ouverture du mercato d’été, les candidats ne semblent pas se bousculer pour l’enrôler. Quelques performances en demi-teinte, une réputation de “pistonné” et de “fils à papa”, une campagne de dénigrement honteuse de la part de la presse locale … autant d’obstacles à l’évolution de la carrière d’un joueur pourtant pétri de qualités, sur et en dehors du terrain.

Vous l’aurez compris, cet article est un véritable manifeste destiné aux recruteurs des clubs professionnels : si certains d’entre eux ont encore des doutes  quant au choix de recruter Grégoire Puel, voici quelques bonnes raisons qui devraient les faire changer d’avis.

Formé à Lille puis à Lyon

Après avoir débuté le football à l’AS Monaco, Grégoire Puel rejoint Lille en 2002. Coïncidence, le club est alors entraîné par un certain … Claude Puel. En 2010, Grégoire, âgé de 18 ans décide de franchir un cap. Il rejoint alors “l’école des champions”, le centre de formation de l’Olympique Lyonnais, où il côtoiera les Fekir, Tolisso, Njie, Umtiti, Ghezzal et compagnie. Ironie du sort, le club est une nouvelle fois entraîné par son père, Claude !

Grégoire Puel, époque lyonnaise

Une ascension fulgurante

Blacklisté à Lyon, victime de l’acharnement du club et des supporters envers la famille Puel, Grégoire, qui avait pourtant toutes les qualités pour évoluer en équipe première, se retrouve mis sur le banc en CFA, avant de tout simplement être prié de quitter le club qui l’a vu grandir et s’aguerrir.

Sans club, au fond du trou, il tentera tant bien que mal de trouver un point de chute. Des essais à droite à gauche, en Ligue 2, en Espagne, en Suisse ou dans d’autres championnats un peu plus exotiques, mais rien n’y fait. Grégoire, tel le vilain petit canard, est rejeté partout où il passe, son seul tort étant de porter le patronyme d’une légende du championnat de France ayant disputé plus de 600 matchs pour le club de la Principauté.

Mais le destin finira par lui sourire au moment où il s’y attendra le moins : janvier 2013, sa vie bascule sur un coup de téléphone. Au bout du fil, devinez qui ? L’entraîneur de l’OGCNice … Claude Puel ! La proposition semble toutefois peu alléchante : un contrat amateur pour jouer avec l’équipe réserve alors en CFA2, et qui plus est un repositionnement au poste de latéral droit, lui l’attaquant de formation. Mais Greg n’a plus de temps à perdre.

Dès lors, tout s’enchaîne : les premiers matchs en équipe réserve, les blessures de Palun et Genevois, une première convocation dans le groupe pro, les premières minutes en Ligue 1 avec son maillot floqué 33, des performances convaincantes, un premier contrat professionnel quelques mois plus tard, la lutte pour l’Europe et enfin une quatrième place inespérée au terme de la saison.

1432993337-greg-niang“Essaie de me rattraper en Ferrari”

Un latéral qui sait se muer en buteur

À l’instar de son pendant côté droit, Jordan Amavi, auteur de 4 buts cette saison, Grégoire a également été formé au poste d’attaquant. Une qualité de finition que l’on retrouve dans ses statistiques. Il présente un bilan honorable de 2 buts marqués en 69 rencontres. Mais quels buts !

Le premier a été inscrit lors d’un match de Coupe de France totalement fou entre l’Olympique de Marseille et l’OGCNice (4-5). Parti de son propre camp, il enchaîne un grand pont sur Mendy, un crochet qui fait glisser Diawara jusqu’aux Baumettes et une frappe à l’entrée de la surface, Mandanda ne peut rien faire.

Le deuxième est tout aussi beau, et comme un symbole, c’est contre son ancien club, l’Olympique Lyonnais, qu’il scorera. Sur un coup franc de Bauthéac, Bedimo se loupe complètement. Resté à l’affût, Grégoire déclenche une frappe limpide qui finira sa course sous la barre d’Anthony Lopes. L’Allianz Riviera explose et acclame son héros, qui d’ailleurs ne sera pas loin d’inscrire un doublé ce soir là sur un retourné. Sorti sur blessure, Nice sombre et encaissera 3 buts.

Des couilles de rhinocéros

On décrit souvent Grégoire comme ce joueur pistonné, couvé par son papa, sous prétexte que ce dernier aurait fait le forcing pour faire jouer son fils partout où il est passé. À titre d’exemple, Mathieu Bodmer n’a-t-il pas lui aussi évolué sous les ordres de Puel dans 3 clubs différents ? Comment un coach aussi respecté que Claude Puel pourrait-il imposer un joueur envers et contre tout si celui-ci ne possédait pas un minimum les exigences du haut niveau ?

S’il en est arrivé où il en est aujourd’hui, c’est simplement grâce à son talent et sa détermination. Souvent critiqué, décrié par la presse et une partie du public, sans doute jaloux de sa réussite, il a su faire bloc et répondre sur le terrain de la plus belle des manières. Aucun joueur de son âge n’a eu à affronter un tel acharnement. Il en est ressorti plus fort.

Car Grégoire n’est plus ce joueur timide et réservé que l’on présentait autrefois. Au fil des matchs, il a appris à s’affirmer, en témoignent ses nombreuses prises de bec avec ses adversaires, et en tant que bon niçois de naissance, son expulsion face à Bastia cette saison. Oui, Grégoire est devenu un homme, un vrai.

730Grégoire Puel, remercié par M. Jaffredo d’avoir remis cette petite merde de Cavalli à sa place

Une expérience internationale

Fort de 3 saisons en professionnel, Grégoire n’est pas seulement un joueur cantonné à notre bonne vieille Ligue 1. Non, Grégoire est bien plus que ça.

Puel, c’est 2 sélections en Équipe de France U20 lors du Tournoi de Toulon 2013, et c’est également 1 match de Coupe d’Europe (tour préliminaire retour de l’Europa League 2013 face à l’Apollon Limassol). Mais ce n’est pas tout ! Greg est également un des parrains de “La Selecioun”, cette sélection des meilleurs joueurs nés dans l’historique Comté de Nice, qui a remporté la Coupe du Monde de la ConIFA 2014, la confédération des pays et nations non-affiliés à la FIFA, face à l’Île de Man à Östersund, en Suède. Ça vous en bouche un coin, hein ? 😉

1432993051-greg-seleciounGrégoire Puel, en compagnie d’un autre pistonné, Gauthier Lloris

Alors messieurs les recruteurs, si vous souhaitez dénicher la perle rare durant le mercato, vous savez désormais vers qui vous tourner.

@Terroriste