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C’était dans les tuyaux depuis quelques temps, c’est désormais officiel. Georges-Kévin N’Koudou vient d’être transféré à l’Olympique de Marseille pour un montant estimé aux alentours de 1,5 millions d’euros. Un transfert qui conclue la première saison (presque) complète du jeune nantais. Mais qui se cache derrière ce prénom mi-vieux mi-fan de tuning ? Ses qualités, ses défauts ? Ses chances de réussir ? Mais où est donc Ornicar ? Tentative de réponses.

En voilà un pour qui l’interdiction de recruter du FC Nantes aura été profitable. Georges-Kévin N’Koudou, GK pour les intimes, encore inconnu il y a un an, vient de parapher un contrat le liant désormais à l’Olympique de Marseille. Il vient s’ajouter à la liste des joueurs olympiens gérés par Meissa Ndiaye, devenu l’un des agents préférés de Vincent Labrune*. Recruté pour environ 1,5 million d’euros, le natif de Versailles, à qui il ne restait qu’un an de contrat du côté de la Beaujoire, arrive donc à la Commanderie, sur la pointe des pieds, en qualité de remplaçant. Une belle revanche pour celui qui a vu une carrière professionnelle mise entre parenthèses à la suite de son départ du centre de préformation du PSG en 2010. Repéré par le LOSC et le FCNA l’année suivante, c’est bien chez les canaris qu’il s’installera en 2011, d’abord comme aspirant, puis comme professionnel deux ans plus tard.

Pourtant, difficile de nier que Geogeo-Kéké n’a pas franchement le profil du joueur « à la nantaise ». Alors que ses illustres prédécesseurs nantais ont fait d’un jeu de conservation et de redoublement de passes une marque déposée, GK est lui tout en percussion et en vitesse. Ce sont ces deux qualités qui ont fait craquer à l’époque Samuel Fenillat, directeur du centre de formation nantais. Ce dernier décrivait alors son joueur dans des termes toujours proches de la réalité du terrain :

« On avait décelé chez lui de grosses qualités de vitesse, de percussion. Une capacité à répéter les efforts. Bien sûr, il a encore quelques manques tactiques dans le jeu. Il restait encore quelques petits doutes par rapport à cela. Ce n’est pas le genre de profils qu’on recrute habituellement au FC Nantes mais, à l’époque, on s’était dit qu’il était important d’avoir des joueurs différents avec de grosses qualités de vitesse. ».

Bien lui en a pris tant cet ailier virevoltant a apporté de la fraîcheur à cette équipe nantaise.

Capable de jouer à droite comme à gauche, c’est en position d’ailier gauche que GKN s’est imposé progressivement comme un titulaire en puissance aux yeux de Der Zakarian. C’est dans cette position qu’il a ouvert son compteur but en professionnel, contre Guingamp, lors de la 9ème journée.

Lors de l’automne dernier N’Koudou s’est révélé aux yeux de tous. Auteur d’un très bon match contre Paris (Verratti s’en souvient) et globalement d’une première partie de saison encourageante, il a tapé dans l’œil de scouts français comme étrangers (on parle de Porto, du Milan, de Tottenham ou encore de Liverpool). Le Versaillais d’origine a, par contre, vécu une deuxième partie de saison plus quelconque, la faute à une blessure aux adducteurs dont il ne s’est jamais vraiment remis.

Alors me direz vous, pourquoi s’intéresser à N’Koudou ? C’est vrai, il est très jeune, n’a qu’une demi saison de bonne figure dans les jambes, ne semble pas (encore) avoir la carrure pour l’OM et pêche sur des aspects tactiques primordiaux. Oui mais. Il y a des mais. Il y a des lueurs d’espoirs, des facteurs nous faisant penser qu’il ne sera pas un nouveau Raspentino, bien que la marche entre le FC Nantes et l’OM soit élevée. Tout d’abord, c’est un joueur brut, à polir, et ça, c’est une tâche pour Marcelo Bielsa et son staff. C’est d’ailleurs ce même staff qui a validé son nom sur une liste qu’avait écrite Vincent Labrune depuis quelques mois (liste sur laquelle figure également N’golo Kanté). De plus le rapport potentiel/prix d’achat laisse penser là qu’il s’agit d’un pari à coût relatif, dans la lignée du projet Dortmund amorcé depuis quelques temps.

On résume, niveau qualités, la percussion, la vitesse, des qualités non négligeables pour un ailier, qui plus est remplaçant, afin de tout dynamiter dans la dernière demi-heure. Niveau défauts, GKN doit prendre en épaisseur, en constance. S’il est capable de percuter balle au pied, le repli défensif, une des bases du système Bielsa, ne semble pas être son fort. Sur ce point, Florian Thauvin, qui a lourdement travaillé dans ce sens toute cette saison, pourra certainement lui filer quelques conseils.
N’oublions pas qu’il s’agit là d’un joueur de 19 ans et l’on peut constater les progrès sur un an d’un joueur comme Benjamin Mendy, aux côtés de Bielsa. De bon augure …

Encore frêle physiquement, sans expérience du très haut niveau, il n’a pour le moment pas l’étoffe d’un titulaire en puissance dans un club comme l’Olympique de Marseille. Mais sa marge de progression technico-tactique liée à l’apport que pourrait avoir un entraîneur post-formateur tel que Marcelo Bielsa, laisse présager un possible bel avenir au néo Espoir. Appelé pour la 1ère fois par Pierre Mankowski au printemps dernier, Nkoudou pourrait bien passer un cap à l’Olympique de Marseille. Reste à savoir si son temps de jeu, dans un secteur amené à être bouleversé entre départs et arrivées, lui permettra de progresser assez pour entrevoir une trajectoire à la Paul-Georges N’Tep. C’est en tout cas tout ce que l’on souhaite au sosie français de Raheem Sterling.

*Benjamin Mendy et Michy Batshuayi sont les deux autres joueurs de l’effectif olympien liés à Meissa Ndiaye, (qui possède également en son sein Wissam Ben Yedder, suivez mon regard …)

Max.