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Coincé entre Ronaldo et Ronaldinho, Rivaldo Vitor Borba Ferreira dit Rivaldo a éclairé le monde à coups de feintes chaloupées et de frappes lumineuses du pied gauche.

Retour sur une carrière construite dans la douleur et l’adversité.

1991-1996 : Des débuts difficiles

Tout commence à l’ombre d’un bidonville de la ville de Paulista,Rivaldo a pendant longtemps dû faire face à une malnutrition chronique et des problèmes économiques persistants touchant sa famille.Pour y remédier le jeune Rivaldo enchaîne les petits boulots comme laveur de voitures ou encore vendeur itinérant sur les plages dorées du coin. Pour autant le futur ballon d’or 1999 n’oublie sa première passion : le football.

Quand il n’est pas en train de vendre quelques babioles sur les plages locales ou de laver  des voitures, le jeune homme tente sa chance dans des clubs du coin pour essayer d’assouvir sa passion. Malheureusement Rivaldo ne voit aucun club lui accorder une chance.  La raison ? Son physique atypique. Ses jambes arquées et son gabarit frêle freinent les éventuels intéressés. Finalement un club lui ouvrira ses portes en 1991 : le Santa Cruz FC, un club situé à une quinzaine de kilomètres de la favela. Rivaldo effleure du bout des crampons son rêve : devenir footballeur professionnel. Une joie qui vient éclairer une vie auparavant ternie par la mort de son père écrasé par un camion.

Pour autant Rivaldo ne prend pas pour acquis sa signature au Santa Cruz FC et continue son chemin.Il se voit alors offrir un contrat par Mogi Mirim (club dont il est l’actuel président) l’année suivante. Ce contrat fait office de véritable bouée de sauvetage pour le jeune Rivaldo. Ce contrat permet au jeune homme de nourrir sa famille dont il est devenu le chef et de se consacrer pleinement à sa passion.

En poussant la porte de Mogi Mirim, Rivaldo s’ouvre au football brésilien. Son passage au Mogi Mirim attire l’oeil des Corinthians grand et éternel club brésilien. Cependant ce passage chez le Timao sera très bref en raison de son entraîneur de l’époque qui lui avait imposé trop de tâches défensives. Car Rivaldo est avant tout un artiste, et les artistes ne sont pas là pour défendre.Il trouve alors refuge à Palmeiras un autre monstre sacré du football brésilien.

Là bas sous la houlette de Wanderlei Luxemburgo et aux côtés de Roberto Carlos, Cesar Sampaio et Edmundo, l’enfant de Paulista s’éclate et amasse ses premiers titres : 1 Série A et deux championnats paulistas. Deux très bonnes saisons qui lui ouvrent les portes de la Seleçao et des JO 1996 au pays de Coca Cola et de Bill Clinton.

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La convocation de l’enfant aux jambes tordues crée moults remous au pays de la Samba et du futebol arte. Mais Mario Zagallo sera intransigeant et fera la sourde oreille. Il insiste et convoque Rivaldo dans le but de gagner le seul titre manquant au pays du Roi Pelé.

Malheureusement, malgré une kyrielle de joueurs prometteurs comme Bebeto Roberto Carlos, Dida ou encore Aldair, le Brésil n’atteindra pas le Saint Graal et sera éliminé par la bande de Jay-Jay Okocha en demi finale du tournoi olympique…sur une perte de balle de Rivaldo en prolongations. Les brésiliens ont la dent dure et Rivaldo est alors pointé du doigt par la plèbe, désigné comme le responsable numéro 1 de l’élimination de son pays. Il décide alors de quitter sa terre natale pour oublier le traitement infligé par ses compatriotes et pose ses valises de l’autre côté de la Méditerranée, direction l’Espagne.

1996-2002 : L’explosion

Après avoir subit les foudres de la presse et de la plébe Rivaldo décide donc de faire le grand saut de l’autre côté de l’Atlantique.Il atterrit dans la sainte ville de Saint Jacques de Compostelle et troque les couleurs vertes de Palmeiras pour le bleu et blanc du Deportivo La Corogne. A La Corogne Rivaldo rejoint son compatriote Mauro Silva et à pour mission de combler le vide laissé par Bebeto parti juste avant son arrivée.

Rivaldo réalise une saison pleine (21 en buts en championnat) et guide le Depor à la troisième place de la Liga derrière les intouchables Real Madrid et Barcelone.

Une saison suffit à Rivaldo pour se faire un nom sur la scéne nationale. Cette saison lui permet de signer à Barcelone qui, soucieux de remplacer le génial Ronaldo parti en terre transalpine, voit en Rivaldo le remplacant idéal.

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Rivaldo devient alors, pour la première fois de sa carrière, la star de son équipe et pas n’importe laquelle ! Malgré ses relations mi-figue mi raisin avec Louis Van Gaal et quelques excès d’égoïsme sur le terrain,  l’enfant aux jambes arquées atteint son zénith. Un zénith qu’il atteindra également en équipe nationale où il sera pardonné deux ans après sa terrible perte de balle aux JO. Lors du mondial organisé en France, Rivaldo marque trois buts dont un superbe doublé contre le Danemark. L’année suivante c’est la Copa America que Rivaldo éclabousse de son talent. Le barcelonais mène le Brésil au titre aprés une compétition XXL de sa part (5 buts dont un doublé en finale). Ce succès en équipe nationale, combiné à une trés bonne saison en club (champion d’Espagne avec les Blaugranas ) lui font atteindre le rêve de tout footballeur : le Ballon d’Or. Nous sommes en 1999, Rivaldo a 27 ans et règne au sommet de son sport.

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Mais comment aborder son passage à Barcelone sans évoquer ce moment de légende, cette dernière journée de Liga 2000-2001 ? Un triplé retentissant contre Valencia, avec un enchaînement contrôle poitrine – retourné acrobatique enchaîné pour offrir la qualification en Ligue des Champions aux blaugranas dans les ultimes minutes de la rencontre, face à un Santiago Canizares médusé. Malheureusement ce sera le dernier moment de gloire de Rivaldo en Catalogne.

Rivaldo rejoint alors la Selecao avec un but précis : décrocher la Coupe du Monde.

Accompagné de ses deux compères Ronaldo et le jeune Ronaldinho, Rivaldo réalise une coupe du monde 2002 immense où il sera impliqué dans quasi chaque victoire de son pays à travers de superbes buts (comme celui face à la Belgique ou l’Angleterre) et des passes décisives de qualités (but de Ronaldo en finale). Sa performance sublime en finale contre la Manschaft viendra couronner une CDM de très haut niveau

2002-2014 : Un vagabond en déclin

Le retour de Louis Van Gaal sau Barça avec lequel les relations étaient orageuses pousse Rivaldo vers la sortie après 5 saisons au Camp Nou. Rivaldo ne manquera pas de rendre public son différend avec le batave via son site web après que ce dernier l’ait ouvertement critiqué sur sa baisse de niveau : «Van Gaal me fait pitié. Il m’envie parce que j’ai gagné une Coupe du Monde à laquelle il n’a même pas pu se qualifier alors qu’il avait l’une des meilleures sélections de la phase de qualification. » avant de terminer définitivement le coach néerlandais : « Moi aussi je voudrais voir le Van Gaal d’avant mon prix, celui qui fut champion d’Europe et de plusieurs championnats, et non pas celui qui est incapable de qualifier les Pays-Bas pour le mondial. »

Crochet saignant en interview comme sur le terrain.

Rivaldo rebondit alors au Milan AC club et annonce dans une vision quasi prophétique « Avec l’aide de mes coéquipiers, j’espère que le Milan AC va remporter le championnat et la Ligue des Champions pour ma première saison en Italie ». Malgré les titres amassés sous le maillot rossonero lors de cette saison, Rivaldo n’a plus le coffre pour faire la différence contre les rugueux défenseurs du calcio. Il ne jouera que très peu et partira pour le Brésil à Cruzeiro où il gagnera un championnat régional avant de revenir en Europe, au sommet de l’Olympe, sous les couleurs rouges et blanches de l’Olympiakos.

Il glane là bas sous la tunique des Kokkinis 5 titres et marque 43 buts en 81 matchs dont un coup franc magique contre Liverpool.

Mais là encore la belle histoire d’amour se terminera à cause d’un différend. Cette fois-ci avec son président qui refuse de lui renouveler son contrat. Rivaldo signe alors pour l’AEK Athènes pour une saison avant de rejoindre un championnat pour le moins exotique : l’Ouzbékistan.

En signant un contrat faramineux pour son âge, Rivaldo fait office de précurseur dans le domaine des pré-retraites dorées. Cependant cela ne l’empêche pas de contribuer à la naissance continentale de Bunyodkor avec qui il atteint les demis finales de la Ligue des champions d’Asie et glane 3 championnats nationaux.

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Une pige exotique, comme celle en Angola dans le club du controversé Bento Kagamba, Kabuscorp où il marquera 11 buts en 21 matchs à 40 ans. Mais l’heure est venue pour Rivaldo qui aprés cette autre pige dorée retourne au Brésil à Sao Caetano et  finira comme un symbole dans le club qui l’a révélé Mogi Mirim.

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Rivaldo aura eu donc une carriére à l’image de sa vie : difficile, mouvementée mais saupoudrée d’une grosse cuillére de génie.

@OluwadaLotfi