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1ère photo

T’as cru que t’étais chaud ?

 Tu crois que des Pepe ou des Rooney sont des caïds ?

Quand Materazzi faisait office de méchant à l’Inter, un type à sa gauche mettait des mecs à l’amende qui lui rendaient 30 cm.

T’es trop jeune pour savoir de qui je parle ?

Et oui le football c’était mieux avant, mais pas le football romantique qu’on te rabâche tout le temps, non, moi je te parle de celui des belles histoires ; celui des mecs avec des têtes de vendeurs de crack au feu, tu crois que ces footballeurs sudam’ qui ressemblent à des maghrébins ça date d’aujourd’hui ?

2ème photo

« Premier boloss de la journée ça c’est pas Ghetto Youth, c’est bingo, qué pasa gringo »

Ivan Cordoba est là pour te l’apprendre, ou te le rappeler.

Le bougre a débuté à RioNegro en Segunda Divisioncolombienne en 1993 (un nom de club que Booba pourrait répéter en boucle), il y a joué à tous les postes, milieu, latéral et même attaquant (il finit même meilleur buteur d’un tournoi national de jeunes). Le jeune Ivan avait des qualités physiques hors norme, plus rapide que la normale, capable de combler 3 mètres de retard à un nigérian, il était multitâche dans son club natal.

Ne reculant devant aucun défi, c’est au poste de défenseur central qu’il allait briller. Du haut de ses 1m73 il s’attacherait désormais à défier les géants adverses qui s’opposeraient à lui.

Alors toi qui lis ces lignes, pose toi 2 minutes et imagine Yoyo Cabaye aux côtés de Thiago Silva, Modric aux côtés de Sergio Ramos (bon c’est foutu à la base de toutes façons), Lahm aux côtés de Boateng, Morel aux côtés de N’Koulou…wait…

Ivan serait-il un précurseur ? Bielsa avait-il raison ?

Là n’est pas la question.

Ivan Cordon Bleu

Ivan défiait tous les week-ends des morts de faim sudams. Après 2 saisons et demies passées à RioNegro, il était transféré vers le grand club de Medellin (eh ouais on n’est pas à Bougival ou Louveciennes là), à l’AtleticoNacional. Malgré sa hargne et ses qualités physiques, le jeune Ivan n’arrivait pas à percer au niveau national. Sous ses airs de voleur de vélos au Parc de la Courneuve, ce dernier suivait en parallèle des études pour passer son concours d’Ingénieur Forestier, l’un de ses rêves, il devait passer son examen final début Mai 97.

Alors là encore, je te demande de te poser 5min, t’as un faciès dans la fine lignée d’un Talal El Karkouri, et on t’annonce que le type veut être ingénieur… C’est comme si on apprenait que Gignac avait fait « Centrale » pendant sa scolarité. (si tu comprends pas ces lignes tu vas rester longtemps sur Twitter).

Néanmoins, à la surprise générale, quatre jours plus tard, le sélectionneur de la « Tricolor » Hernan Dario Gomez fit appel à lui pour la Copa America en Bolivie.

La Colombie97’ était attendue pour offrir de la fraicheur à la génération précédente tant adorée des Valderrama, Herrera, Higuita, Rincon ou encore Asprilla.

Dès le second match,le jeune Ivan était aligné face au Costa Rica, quelques jours après avoir eu la tête à ses rêves scolaires, Ivan Ramiro Cordoba Sepulveda arborait le mythique et funeste numéro 2 de feu « Andrès Escobar » , à 21 ans l’hommage et le risque étaient lourds. (Donc arrête tout de suite tes embrouilles à 2 balles sur Twitter Daniel Riolo !).

La Colombie tenta d’exister dans une poule relevée et en sortira comme meilleur 3ème.

 En quarts de finale, los Cafeteros sortiront face aux hôtes de cette édition, la Bolivie. Les Colombiens ne retiendront que peu de choses de cette édition, mais un titulaire était né en défense, un futur cadre prenait ses marques dans cette équipe.

Capitàn

A la suite de cette exposition nationale, Cordoba est transféré à San Lorenzo, sous les ordres d’Oscar Ruggeri, il affinera la compréhension de son poste, défenseur central gauche, il travaillera en Argentine son placement auprès d’un des plus grands défenseurs des années 80.

Après une Coupe du Monde 98’ insipide pour les Colombiens (faire 1-1 contre la Tunisie et perdre contre les Roumains, oui on peut appeler ça « insipide »), la Copa America 99’ s’annonçait comme un cap à franchir pour eux. Après des matchs survolés par les Tricolor en poules (et une gifle infligée aux Argentins), ils décevront en quarts de finale face à un autre Ivan, mais cette fois-ci chilien (alors là si tu ne piges pas c’est que t’as pas ta place à lire cet article).

La Copa America 2001 s’annonçait comme l’événement majeur pour l’histoire du peuple du soleil, la réception de cet événement prépondérant en Amérique du Sud allait être la consécration pour la sélection nationale.

Le capitaine je te laisse le deviner, « el numero dos » avait pris le brassard et ne comptait pas le lâcher. Affilié à son fidèle lieutenant, « Super Mario » Yepes en défense centrale, les deux compères vont réaliser une compétition de haute volée. Vierges de succès internationaux dans leur histoire, la défense colombienne comptait bien marquer l’Histoire. La CopaAmerica allait se souvenir du passage de la Tricolor dans son histoire (tel Schillinger qui est passé sur Beecher lors de la Saison 1 de Oz), sous les ordres du grand Francisco Maturanalos Cafeteros vont réaliser l’exploit de remporter la compétition sans encaisser un seul but. Le trio magique Cordoba (Oscar) – Cordoba – Yepes a verrouillé les portes de ses cages à la manière d’un convoi normand traversant le 93.

3ème photo

« Le Roi et la Main du Roi »

 A l’avant du camion, on soulignera l’énorme performance d’Aristizàbal (légende colombienne) qui finira meilleur buteur du tournoi, sauf (et ouais y’a toujours un sauf) qu’en finale c’est pas un attaquant qui planta le but qui marqua a jamais les esprits, c’est le mec d’1m73 reconverti en défenseur centrale qui s’en chargea. Signe du destin, le buteur le plus important de l’histoire du football colombien aura été un défenseur.

Doble Leyenda

Entre temps Cordoba signa en 1999 au « prestigieux » club de l’Internazionale à Milan, il a côtoyé à ses côtés des monstres (dans tous les sens du terme pour certains) comme Cannavaro, Samuel, Laurent Blanc (et ouais le même qu’à Paname mais la touillette en moins), Chivu, Materazzi et quelques autres trublions tels que Coco, Burdisso, Favalli ou encore Cyril Domoraud.

Il y remportera quelques Calcio mais surtout plusieurs Falcio, il inscrira tout de même son nom à la prestigieuse Ligue des Champions en 2010, bien qu’il n’y participa pas activement (Lucio – Samuel avait la préférence du Mou’) on retiendra surtout du côté de San Siro que dans l’ombre du légendaire Javier Zanetti, Cordoba s’y tenait fièrement depuis 13 années. Le vice-capitaine a toujours tenu son rang et gardé sa grintasudamericana à chacun de ses matchs.

4ème photo

« Superman et son côté Dark »

Légende dans l’ombre à Milan, le plus important résidait en son pays, cette légendaire Copa America qu’il avait ramené à son peuple 12ans avant d’avoir raccroché les crampons en Indonésie.

Alors toi qui prenais l’Inter Milan dans PES 3 pour les frappes d’Adriano et de Batistuta, on sait que tu mettais des buts sur coups de pieds arrêtés avec Cordoba. Tu te souviendras désormais qu’il l’a fait en vrai, devant 47 000 personnes à Bogota !

@Yamabawss