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Nous y sommes, nous avons enfin notre finale de Copa. Chili Argentine, une finale plus ou moins attendue en voyant le tableau des deux équipes. L’Argentine, finaliste de la dernière coupe du monde part légèrement favorite face aux coéquipiers de Alexis qui se doivent de vaincre enfin dans une Copa América, SA Copa América. Au pays des Lamas, de O’Higgins et autre Zamorano, le niveau de la Copa n’a pas été au rendez-vous mais cette finale est capable de tout rattraper.

Et si finalement la montagne n’avait pas accouché d’une souris?

Le principal ressenti qui sortira de cette Copa América est le niveau général qui fut assez médiocre. Entre une Colombie mauvaise, une Uruguay orpheline de Luis Suarez malgré sa défense incroyable, un Brésil qui avait rendez-vous en terre inconnu et un Mexique venu s’amuser. Les équipes n’ont guère montré un spectacle retentissant. Mais est-ce une véritable surprise? La plupart de ces joueurs sortent de saison bien garnies ou sont clairement en manque de rythme après une saison compliquée. Hormis les deux finalistes et un Pérou stupéfiant, aucune équipe ne semblait partir avec des certitudes au début de ce rendez-vous. Comment régler l’absence de Luis Suarez? Mettre Falcao ou faire confiance à Bacca ou Martinez? Les victoires du Brésil durant les amicaux sont t-elles un gage de confiance? Beaucoup de questions et trop peu de temps pour y répondre. Sans compter les joueurs qui arrivent au rassemblement à une semaine de la compétition ou les blessés de dernière minute, cette Copa ressemblait à une Can mal embarquée.

Mais loin de tout ce ramassis d’idées saugrenues, la réalité est autre part. Les équipes n’en ont un peu rien à faire de cette Copa América, pour eux, c’est juste une préparation pour la vraie Copa América du Centenario qui aura lieu aux Etats-Unis l’an prochain. Cette Copa qui fêtera les 100 ans de la COMNEBOL est l’objectif final pour toutes les équipes. Une ligue Pokémon grandeur nature, l’équipe qui la remporte aura droit au respect absolu en Amérique du Sud comme étant l’équipe qui a remporté la Copa du Centenario, dans le continent Américain, une telle revendication en jette. La coupe au Chili en devient même secondaire, au final, elle devient la Copa de préparation, la Copa des incertitudes, la Copa avant la vraie Copa. Avec du recul, on pouvait s’attendre à une compétition d’un niveau médiocre, mais avons-nous du recul nous? Nous sommes les premiers à s’extasier devant des louches, des tacles salvateurs, sur des Cano et autre numéro 10 tout lent qui ont jamais mis les pieds en Europe, nous étions obligés de tomber dans le piège de la propagande Beinspiro – Parisienno – Qatarienne pour combler notre soif de Football. Mais rien est terminé pour autant, cette finale peut tout rattraper et terminer cette copa sur une très bonne note.

valdivia

Une finale tant attendue

La vérité est la, et elle ne bougera pas quelque soit l’avis des pisse froids dominicaux, Argentine – Chili, c’est la finale entre deux coachs qui ont pris Bielsa comme source d’inspiration, à des degrés différents. Jorge « Papi » Sampaoli et Gerardo « Tata » Martino livrent une réel admiration, a défaut de porter des surnoms commodes, chez celui qui crée la divergence auprès de nos fabuleux consultants. Pour Sampaoli, on peut parler de Bielsa dépendance, tout y est, du Bielsa tout craché. Marquage individuel, pressing tout terrain, trois axiaux quand l’adversaire à deux pointes et deux quand il n’y a qu’une pointe en face, l’envie d’aller de l’avant et vite, l’importance des cotés, les 100 pas sur le banc de touche. Sampaoli s’identifie à Bielsa et essaye d’être dans la continuité de l’ancien entraîneur du Chili. Comme Tata, Papi est issu de la grande institution qu’est Newell’s, pas besoin de vous dire ce que représente Newell’s en Argentine et qui est l’icône absolue à Newell’s. Quand à Tata, il n’est pas autant dépendant, mais rêve d’une chose, avoir l’aspect humain de Bielsa. Savoir transformer ses joueurs en chien assoiffés de sang et capable d’avaler le venin quand ça ne va pas. Peut-être que si Tata avait la facilité de Bielsa à motiver ses troupes, jamais le Barça n’aurait fait une saison blanche et aura mis toute la presse catalane dans sa poche. Même que Messi et Angel Di Maria ne se seraient pas moqué de leur sélectionneur à la sortie du tunnel lors de Argentine – Paraguay.

Mais avec des Si, Valdivia aurait réussi en Europe, Thiago Silva n’aurait pas mis la main entre autres, on connaît la chanson. En attendant, Martino a réussi à rendre l’Argentine encore plus forte que celle de Sabella. Biglia est définitivement installé au milieu, Demichelis laisse sa place au phénoménal Otamendi et Pastore devient le nouveau facteur X de cette équipe. L’Argentine est mieux, l’Argentine tente, Messi s’y retrouve, Pastore semble enfin être à sa place comme à Paris et joue juste, Otamendi – Garay semble aussi fort que Ayala – Samuel et Di Maria continue son cirque habituel mais on ne lui reprochera pas. On a comme l’impression que rien ne peut arriver à cette équipe, elle transpire la sérénité et la maîtrise, elle fait ce qu’elle veut et semble ne même pas être à 100% vu le niveau abominable de Di Maria et Aguero durant la compétition. Coté Chili, on joue, on joue, on joue, ça ne réussit pas tout le temps. Par moment, il faut forcer un peu le destin, par les ailes, par le vice, par Valdivia mais le Chili est arrivé en finale de sa compétition. On parle la d’une équipe, qui n’a jamais remporté la Copa América, qui joue à domicile et qui n’est pas taillé pour le haut gratin, ses idées de jeu sont louables quand on sait la pression qui existe derrière cette équipe.

RIO DE JANEIRO, BRAZIL - JUNE 15:  Lionel Messi of Argentina celebrates after scoring his team's second goal during the 2014 FIFA World Cup Brazil Group F match between Argentina and Bosnia-Herzegovina at Maracana on June 15, 2014 in Rio de Janeiro, Brazil.  (Photo by Matthias Hangst/Getty Images)

Senores, faites-nous plaisir

On le sait, les Chiliens veulent la victoire impérativement et les joueurs veulent tout faire pour leur rendre cela. L’équipe de Papi est en mission et pourtant, elle aurait pu tomber dans un piège dans lequel le Brésil est tombé lamentablement, celui de décevoir le peuple. On s’y perd dans le jeu, on marque et on sait plus si on doit défendre le 1-0 ou mettre le deuxième et au final on fait de la merde. Quand on a le cul entre deux chaises, on finit le cul par terre plein de merde. Le Chili est arrivé en finale avec des idées claires de jeu du début à la fin malgré des défauts notoires. Juste cela est une victoire en soi pour les coéquipiers de Bravo. Nous aurons droit à une opposition de style entre deux équipes joueuses aux idées différentes. A voir comment Sampaoli compte mettre en place son marquage individuel? Comment gérer les cas Pastore et Messi tant leur liberté sur le terrain est compliqué à cerner? Il ne serait même pas surprenant de voir Sampaoli s’inspirer de ce qu’a fait Bielsa face au PSG pour espérer gêner l’Argentine.

La clé de ce match sera sûrement dans la maîtrise de Messi et Pastore sans créer de déséquilibre, la base du jeu de Sampaoli est dans le fait d’annihiler l’adversaire de trouver les mots pour galvaniser ses joueurs, ou bien pour rappeler à Alexis qu’il peut rattraper une compétition complètement foirée en un match et rentrer dans la légende. Si l’Argentine se décide à jouer, on se demande comment la victoire finale peut leur échapper? Le Football réserve son lot de surprises, on n’est pas à l’abri d’une Zambrano de la part de Otamendi, de vomissement de Messi ou de Pastore qui retourne dans ses travers. Au pire, on peut toujours espérer une erreur d’arbitrage hein. Lors de cette finale, plus que jamais, la vision de Sampaoli prendra du sens, « Le Football c’est la guerre ». On aura droit au dernier frisson de la saison à Santiago, quelque soit le résultat, c’est le Football qui sera le grand vainqueur, à notre plus grande satisfaction.

Alba