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Si sa vie devait être résumée en trois films, ils seraient sans doute « Scarface », « Goal, la naissance d’un prodige » et « La Cambrioleuse ». Faustino Asprilla, gamin de Tulua, a vécu pour plusieurs vies. A vrai dire, il a plutôt pleinement vécu la sienne. Comme beaucoup de sud-am sortis de nulle part, Tino n’a pas forcément eu la carrière qu’il aurait pu avoir. Et comme beaucoup de sud-am sortis de nulle part, il en est presque l’unique responsable. Passé pro à 18 ans, dans le club de Cúcuta Deportivo, Asprilla crève vite l’écran. A l’époque, au début des années 90, la Colombie vit sa première vague de grands talents footballistiques. Leonel Alvarez, Luis Carlos Perea, René Higuita ou encore le grand Carlos Valderrama composent cette meute de jeunes prodiges, prête à envahir le monde du foot. Asprilla les rejoindra 4 ans après la signature de son premier contrat, et suite à un précoce mais fructueux transfert de Cucuta à l’Atletico Nacional où il cotoie le fantasque gardien René Higuita. En 1992, les deux compères en club décident de partir ensemble en Europe, mais se séparent finalement tel un couple Erasmus. Higuita partira à Valladolid, Asprilla ira lui conquérir l’Italie, à Parme. Le début des montagnes russes.

L’Europe, de VIP à RIP

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Auréolé de son statut de jeune pépite sud-am, Tino débarque à Parme, dans l’équipe de Claudio Taffarel. Pour sa première saison, il ne parvient pas à dynamiter l’attaque parmesane qui terminera la saison avec 32 petits buts inscrits, dont 7 par Asprilla. La deuxième saison est un poil plus prolixe pour l’enfant de Tulua, mais elle reste en deça des attentes placés en lui du côté de Parme. Malgré tout, c’est lui qui inscrira le seul et unique but de la rencontre face à l’AC Milan, but rompant la “strike” de victoires des Rossoneri.

Second coup d’éclat, il sera l’homme fort de la qualification en finale de Coupe des vainquers de coupe, venant à bout, presque à lui seul, de l’Atletico Madrid de Luis Aragones ; une coupe des vainquers de coupe que remportera le club parmesan 3-1 face à Antwerp. Homme de coupe, Asprilla réitérera ses exploits deux ans plus tard, lors de la victoire de Parme en coupe de l’UEFA, où il tiendra un rôle prépondérant en scorant 3 fois face à Leverkusen en demi finale.

Et c’est à peu près tout … L’idole colombienne ne parviendra pas à faire beaucoup plus, et n’entrera progressivement plus dans les plans des coachs parmesans. S’en suit alors un transfert à Newcastle, qui devait relancer sa carrière européenne. Sans succès … Il ne marquera que 16 buts en 3 saisons sous les couleurs des Magpies, souffrant des concurrences d’Alan Shearer et de Les Ferdinand. Progressivement écarté du poste de titulaire, son rôle de joker ne lui octroit qu’un temps de jeu réduit, durant lequel il ne saura permettre à son club de terminer devant le rival Manchester United. Son départ acté et inéluctable l’emmènera sur son continent, au Brésil. Le début d’un énorme fiasco et du début de sa seconde carrière.

Quant à sa carrière internationale, elle non plus, n’a pas été à la hauteur de ce qu’elle aurait pu être. Auteur de 20 buts en 57 sélections, Faustino ne réalisera aucune véritable performance dans les grandes compétitions auxquels il participera. Pire, il n’inscrira que trois buts en compétition internationale, deux durant la Copa America 1995 (un contre le Pérou, un contre les USA) et un en Gold Cup 2000 face à ces mêmes américains. Pour le reste, quelques buts en qualifications et surtout en amical. Pourtant considéré comme un outsider au titre de meilleur joueur de la Coupe du Monde 1994, Asprilla ne fera rien. Aujourd’hui encore, le crew Colombia 94′ regrette amèrement cette compétition, qui se solda par l’assasinat d’Andres Escobar coupable d’un CSC. Propulsé outsider après un fringant succès face à l’Argentine quelques mois plus tôt, la Colombie terminera bonne dernière de son groupe. Attendu comme revanchard quatre ans plus tard en France, ce même groupe ne fera pas mieux. Pour Asprilla, la compétition tournera même au mélodrame après avoir publiquement critiqué les décisions du coach de l’époque, Hernan Dario Gomez.

Un homme de frasques

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(So foot)

Comme tout Sud-Am qui se respecte, Asprilla a ce petit côté gangsta qui fait le bonheur des médias. Celui qui n’a jamais réellement mitraillé les filets européens fut à deux reprises arrêté pour possession illégale d’armes à feu, en 1995 mais également en 2008 pour avoir tiré à 29 reprises sur un poste de sécurité, à la suite d’une échauffourée avec un garde. En homme couillu, sa ligne de défense durant sa première arrestation fut “les seuls pistolets que j’ai en ma possession sont des pistolets à eau”. Grosses gonades. Mais Tino, ce n’est pas qu’un homme qui se la joue Scarface, c’est également une sorte de Sébastien Barrio colombien. Connu pour être chaud comme un barbecue, Tino n’hésita pas à poser nu en une d’un magazine colombien. Une photo qui nous rappelle étrangement la pochette de l’album Noir Désir de Youssoupha.

pic1_faustino_asprilla_naked_001 Depuis, les propositions à caractère pornographique ne manquent pour Tino. Une célèbre firm de production de films X lui a même écrit une lettre ouverte afin que “le Poulpe” vienne montrer sa tentacule dans quelques superproductions. Il y a un an, c’est une marque de préservatif qui a fait d’Asprilla son égérie. A peine lancé dans le business, Faustino déclarera qu’il donnait de son image pour préserver les jeunes du SIDA et des grossesses précoces. L’originalité ? Il s’agit là de condoms parfumés, gout goyave, le fruit préféré de Fausti. Fin gourmet. Pour finir sur une note plus tragique, un cartel lui a récemment déclaré la guerre. Suite à de nombreuses menaces reposant sur la santé de sa petite famille, Asprilla décida de quitter Tulua, sa ville natale. Mais en Colombie, on ne touche pas à Tino. Peu après son départ, la police locale a ouvert une véritable chasse à l’homme pour retrouver l’homme se cachant derrière cette extorsion de fonds. Une cagnotte de 115M de pesos (40000€) a même été proposée à celui qui attraperait l’homme coupable du départ d’Asprilla. Depuis, la police a démêlé tout le cartel, et le présumé coupable, Oscar Dario Restropo a été arrêté.

Max