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C’était dans les tuyaux depuis plusieurs mois, c’est désormais (quasi) officiel. Yohan Cabaye quitte le Paris Saint Germain après une année et demi de galère dans la capitale. Celui qui ne s’est jamais imposé repart de l’autre côté de la Manche, à Crystal Palace, pour une quinzaine de millions d’euros. Un échec qui soulève pas mal de questions. Retour sur une histoire d’amour qui n’aura jamais fonctionné.

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Si on devait résumer le passage de Cabaye à Paris en un chiffre, ce serait sans doute le nombre 4. Quatre, comme son numéro. Quatre, comme son nombre de buts toutes compétitions confondues. Quatre, comme son nombre de passes décisives en championnat et en Ligue des Champions. Enfin, quatre, comme le nombre de supporters qui regretteront celui qui était arrivé comme le fils de Laurent Blanc en janvier 2014. En un an et demi, Yohan a perdu beaucoup. Souvent remplaçant quand il n’était pas blessé, Cabaye ne s’est jamais imposé comme un titulaire en puissance au sein d’un milieu parisien fourni tant en qualité qu’en quantité. Yoyo quitte donc le PSG par la petite porte, pour poser ses valises à Crystal Palace, club dans lequel il retrouvera son ancien coach, Alan Pardew. Mais avant d’évoquer son futur, retour sur les raisons de son échec parisien.

Arrivé via la volonté de Laurent Blanc, Yohan Cabaye représentait aux yeux des dirigeants du PSG, une caution « France » importante. Comprendre, les meilleurs joueurs français doivent venir dans le meilleur club de France. Sur le principe, l’idée est bonne, Cabaye ayant réussi son pari « tremplin » à Newcastle. Le problème, c’est que Cabaye est intrinsèquement moins fort que la triplette Motta-Matuidi-Verratti actuellement mise en place au PSG. Pire, comblant numériquement les absences de ces trois joueurs, Cabaye ne sortira aucune performance capable de faire germer l’idée d’une évolution dans la hiérarchie parisienne.

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On pourrait argumenter sur les causes de ces performances, remettre en cause son positionnement sur le terrain (Blanc l’utilisant généralement devant la défense, alors qu’il s’éclatait en 8/10 à Newcastle), son temps de jeu relatif, que ses qualités premières ne semblaient pas en adéquation avec le style parisien, mais la question de ses capacités techniques et mentales se doit d’être posée. Yohan Cabaye a t-il les arguments pour être titulaire indiscutable dans un top club, un club souhaitant jouer les premiers rôles en Ligue 1, mais surtout en Ligue des Champions ? La réponse semble être négative.

Le problème pour Cabaye, c’est que ses performances en Equipe de France n’ont pas fait reluire un tableau qui s’est obscurcit jour après jour. A quand remonte le dernier vrai match de Cabaye en Equipe de France ? France-Ukraine ? Suisse-France ? Deux matchs qui ne sont pas représentatifs du niveau de jeu moyen des Bleus. Toujours titulaire indiscutable aux yeux de Didier Deschamps, son crédit a malgré tout chuté, au point d’être aujourd’hui contesté en sélection. Là encore, utilisé en sentinelle devant la défense, Cabaye peine à retrouver l’influence qui était la sienne dans le milieu de terrain des Magpies. A l’époque, l’ancien lillois tenait les rênes d’un milieu composé de Gutierrez, Tioté et Ben Arfa, derrière les pointes Demba Ba et Papiss Cissé. Délesté d’une part des tâches défensives, Cabaye dictait le tempo de son époque, entre ouvertures millimétrées, et cacahuètes en lucarne. Depuis son départ d’Angleterre, c’est sa confiance en lui qui a pris une balle perdue, lui qui se déclarait même résigné sur sa situation parisienne il y a quelques semaines.

Aujourd’hui, Yohan Cabaye est à la croisée des chemins. Alors qu’il semblait courtisé par les clubs du Big Four il y a peu, Cabaye rentre « chez lui », en Angleterre, par la petite porte. Comme un jeune adulte qui s’est brûlé les ailes et qui rentre au bercail, retrouver son « papa anglais » en la personne d’Alan Pardew. Dans une équipe joueuse, au potentiel offensif sympatoche, Cabaye devrait retrouver une position de pointe haute, qui sied plus à ses qualités balle au pied. Surtout, il va retrouver du temps de jeu, une place de titulaire, de la confiance, et de la liberté sur le terrain. Tout ce qui lui manquait (et/ou qu’il n’a pas réussi à mériter) à Paris.

A un an de l’Euro, alors que sa stature, son niveau et sa côte de popularité sont remises en cause, Cabaye choisit la facilité, en repartant « de zéro » auprès d’un coach qu’il connait et par lequel il est apprécié. Un aveu de faiblesse pour celui qui déclarait vouloir s’imposer et gagner des titres dans un grand club à son arrivée à Paris, oui mais également un signe d’intelligence. Quoi de mieux qu’un retour aux sources pour retrouver son modjo ? Cabaye va désormais devoir rattraper le temps perdu, car il sera scruté de tous, et surtout de Didier Deschamps. On sait le natif de Bayonne attaché à ses choix et aux automatismes, mais contraint par la populasse, il pourrait revoir ses plans, avec l’avènement de Gonalons ou de Schneiderlin. Mais avant de penser à l’Euro, Cabaye lui, pense à retrouver du plaisir. Une chose est sûre, le cas Cabaye confirme que nul n’est prophète en son pays, surtout pas quand on tente de concurrencer Verratti, Motta ou Matuidi.

Max