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Marseille 8 août 2015, 20h45. Marseille et la cité phocéenne tremble d’excitation à l’orée d’une nouvelle saison de Ligue 1. Une saison symbolisée par les venues de Diaby et Diarra, entre promesses et incertitudes. Des incertitudes certes, mais largement nuancées la semaine dernière par un Marcelo Bielsa enthousiaste ; exprimant d’une part sa grattitude envers Vincent Labrune -qui se démène depuis le début du mercato pour satisfaire les demandes du technicien argentin- et d’autre part sa confiance, plus globale, dans ce qui fut appelé « le Projet Dortmund » avec une future prolongation de contrat sur le point d’être finalisée. Caen, à qui Marcelo Bielsa ne manque pas de rendre hommage dans sa conférence de presse de Vendredi, est donc un premier test parfait pour cet Olympique de Marseille version 2015-2016. Test, pour confirmer les très belles choses entrevues face à la Juventus une semaine auparavant, mais aussi pour effacer définitivement les stygmates de la défaite olympienne au Vélodrome face à ces mêmes Caennais, au cours d’un scénario rocambolesque.

Marseille 8 aoüt 2015, 3 heures plus tard. Marseille et la cité phocéenne est sous le choc. En s’inclinant sur sa pelouse face à Caen, le peuple marseillais ne pensait pas pouvoir vivre soirée plus compliquée. Jusqu’à la conférence de presse d’après match. Marcelo Bielsa, quelques feuilles sous le bras, s’assoit et annonce sans trembler du menton qu’il démissionne de son poste d’entraîneur de l’Olympique de Marseille, invoquant une «confiance rompue » avec la direction. Une direction, personnifiée par Vincent Labrune, qu’il n’avait pourtant pas manqué de complimenter quelques jours auparavant. Incompréhensible. Marseille pique sa crise dès le mois d’août, histoire de nous rappeler que ce club n’a définitivement pas son pareil dans l’hexagone.

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Il paraît aujourd’hui bien trop précipité de se prononcer sur la responsabilité de chacun des acteurs olympiens, de Bielsa à Labrune, en passant par MLD, dans ce premier mélodrame de la saison de Ligue 1. Les circonstances de cette crise sont, pour l’heure, trop floues, et un jugement n’en serait que trop hâtif. Cependant, des certitudes existent. Présenté comme fou à son arrivée, Marcelo Bielsa n’aura pas manqué à sa réputation. Qu’elle soit positive ou négative, il aura laissé une trace indélébile dans l’histoire de cette Ligue 1. Mais que retenir de lui ? Sa philosophie de jeu ultra-offensive, la grandeur du personnage dans chacune de ses interventions médiatiques, sa faculté à transcender des joueurs au potentiel pourtant limité (Payet, Morel) ou bien son incapacité à remotiver ses troupes lors de la phase retour catastrophique de l’OM, sa saison blanche passée ou encore cette démission à l’entame de la saison, qui, quoique l’on en dise, frôle le manque de respect à l’égard de tout un club, et de supporters qui le portaient en très haute estime.

Dans la victoire comme dans la défaite, il n’y aura jamais eu de nuance avec Marcelo Bielsa, des succès extraordinaires comme à Reims ou Toulouse, tout comme des parodies de match contre Lorient ou Caen.

 A l’heure où les réquisitoires cinglants ou les courageuses plaidoiries pour Maitre Bielsa vont se succéder, la problématique actuelle dépasse le simple cadre de l’homme, de l’entraîneur. Elle vient quasiment condamner tout un projet sportif. Un projet sportif qui devait être lancé par l’argentin, comme ce fut le cas au Chili. Un OM bielsista ; de véritables préceptes de jeu offensif, une philosophie unique, dont les enseignements nécessitent parfois des sacrifices comme Florian Thauvin la saison passée ou bien encore des matchs « sans », dans le but de poser des bases tactiques, quasi-philosophiques qui s’inscriraient dans la durée et surtout, serviraient aux successeurs de Bielsa.

Mais après seulement une saison, peut-on considérer la tâche de Bielsa réussie ? Une saison paraît non seulement bien trop courte pour dispenser tous les enseignements de la philosophie bielsista mais surtout pour l’intégrer chez les joueurs. De plus, qui pour reprendre le flambeau et continuer le travail de Bielsa, à l’heure où les coachs susceptibles de pouvoir reprendre le travail bielsista (Sampaoli, Jemez, Pocchetino etc…) sont sous contrat et vraisemblablement impossibles à s’offrir compte tenu de l’ouverture imminente des championnats.

 Au vu des circonstances, il paraît probable que l’OM s’oriente vers un coach avec de nouvelles idées et une philosophie différente de l’idole du Vélodrome. Le plus triste dans tout ça, c’est que cette démission, dans ces conditions pour le moins obscures, met un voile avant tout sur les qualités humaines de Bielsa et ne manquera pas d’apporter de l’eau au moulin de ses détracteurs. Des détracteurs qui eux, n’apporteront jamais autant à notre championnat de France. Entre grandeur et décadence, Bielsa n’aura pas lancé de nouvelle ère sur la cannebière, mais aura offert une parenthèse dorée, pleine d’amour et de football, à un peuple qui en manquait cruellement, et ce, depuis des années. Malheureusement, cela n’aura été, qu’une parenthèse.

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