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Les transferts PSG-OM ou OM-PSG sont rarement bien accueillis par les supporters des deux camps. Fabrice Fiorèse l’a appris à ses dépens lorsqu’il a décidé de quitter le Paris Saint Germain pour l’Olympique de Marseille lors de la dernière journée du mercato estival en 2004.

Fabrice Fiorèse avait commis un crime de lèse-majesté, une trahison. Quitter le Paris Saint Germain pour l’OM dans ces conditions rocambolesques a fait de lui l’ennemi public numéro 1. Retour sur l’une des plus grosses trahisons du football français.

La moitié d’un pote c’est la moitié d’un traître

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Il était l’un, si ce n’est le chouchou du Parc des Princes. Le Parc l’avait pris sous son aile. Pourtant ce n’était pas le meilleur des footballeurs. Bien que buteur et passeur, Fabrice Fiorèse se démarquait avant tout par sa combativité et sa hargne sur le terrain et son couloir droit. Cependant il était devenu l’une des risées du championnat de France pour ses simulations et la commission de discipline n’avait pas manqué de le suspendre pour celles-ci. Le Parc l’aimait, et le club l’avait bien sûr protégé lors de cette histoire de suspension pour simulation. Idolâtré au Parc, haï en dehors. Telle était le statut hexagonal de Fiorèse à cette époque. Et Fabrice avait bien rendu cet amour au Parc un soir de Clasico au Vélodrome. Cette nuit là, Fabrice Fiorèse crucifiait le Vélodrome lors d’une victoire à la « Coach Vahid » sur un but de raccroc à la 90ème.  Un hold-up  et un but qui ne faisait qu’accentuer l’amour des supporters parisien envers le milieu droit français. Lors de cette victoire, il s’était même permis de cracher vers les supporters marseillais, un geste aujourd’hui légendaire chez les ultras parisiens… Bien loins de se douter que, quelques mois plus tard, Fiorèse les trahiraient pour rejoindre l’ennemi juré. De héros à zéros, Fiorèse devient un pestiféré, détesté par tout le peuple parisien.

Un transfert aussi rocambolesque qu’inattendu

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A l’issue d’une belle saison lors de laquelle le PSG fini dauphin de l’ogre lyonnais, Fabrice Fiorèse est nommé vice-capitaine du club par Coach Vahid. C’est donc avec stupeur que le club prend connaissance de la demande du joueur de quitter le club pour « raisons personnelles » (ainsi que des critiques du joueur envers le technicien bosniaque) . Après avoir été absent lors d’une séance d’entraînement, Fiorèse est mis à pied et placé sur la liste des transferts par le club.  A l’issue de cette mise à pied, alors que les choses semblent rentrer dans l’ordre entre les parties, -le joueur est même réintégré dans le groupe à la demande de Pedro Miguel Pauleta et Pierre-Fanfan- L’agent de Double-F qui affirme que le joueur restera au club, finalise en secret les termes de son contrat avec l’OM.

Ce n’est que lors du dernier jour du mercato que l’OM contacte officiellement le Paris Saint Germain. Le PSG n’a pas le choix et se résout à vendre Fabrice Fiorèse pour 3,5 millions. Un accord trouvé à 15 minutes de la clôture de la période des transferts.

Du coté du club il n’y a pas de doute, tout a été planifié par Fiorèse et son agent. Quelques années plus tard l’intéressé nie les faits.

« Le problème, c’est qu’on a fait croire que c’était prémédité, alors que pas du tout. Dans l’intérêt du club, il valait mieux dire que Fiorèse partait comme un voleur. Vahid a très bien joué le coup. »

A Marseille il retrouve Frédéric Dehu, ancien capitaine du PSG parti lui aussi rejoindre l’ennemi marseillais.

Les premiers mots de Fiorèse assomment définitivement les supporters parisiens, jugez plutôt :

« L’OM a toujours été le club de mes rêves » « J’ai l’impression de passer de la prison à la liberté »

Des mots que ne manqueront pas de lui rappeler les supporters et ultras parisien lors de son retour au Parc Des Princes…

« Le calvaire de Fiorèse »

« Le calvaire de Fiorèse ». Tel était le titre du quotidien l’Equipe le lendemain du retour de Fabrice Fiorèse au Parc Des Princes. Un retour dont il se souviendra sans doute toute sa vie. Alors oui, ce soir là il n’était pas le seul à revenir puisque Frédéric Déhu effectuait lui aussi son retour, mais il avait déjà était victime des ultras parisiens quelques mois auparavant lorsque le PSG remportait la Coupe de France face à Châteauroux. De ce fait, Fiorèse était LA cible des ultras du Parc. L’homme à abattre.
Les supporters parisiens étaient prêts à faire vivre l’enfer au néo-marseillais. Des banderoles à son encontre (et celle de Déhu) ornaient les tribunes du Parc des Princes. Des banderoles au nombre de 13, comme un symbole.

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« Fiorèse si le PSG était une prison rends nous la savonnette » : un autre exemple d’une des banderoles, en réponse bien sûr aux premiers mots prononcés par le joueur en arrivant à l’OM.

Dès l’échauffement, le joueur est pris en grippe, les « Fiorèse est une sal*pe » fusent mais ce n’est que le début d’une soirée noire pour le joueur. Le match commence et, évidemment, chaque touche de balle de Fiorèse est accompagnée d’une énorme bronca. Le joueur doit tirer les corners, mais il est arrosé de projectiles en tout genre obligeant les CRS à venir le protéger pour qu’il puisse y parvenir.

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Mais un homme allait rentrer dans les cœurs des supporters parisiens ce soir la : Sylvain Armand. A la 20éme minute, le joueur assène un tacle par derrière, assassin, à Fabrice Fiorèse. Armand est expulsé. Mais par ce tacle sur « LE TRAÎTRE », il rentre dans le cœur des supporters parisiens, et ce, par la grande porte. La suite du Clasico fut tout aussi dure pour Fiorèse qui réalise une performance quelconque face à son ancien club. On retiendra de ce match la victoire du PSG à 10 contre 11 grâce à deux buts exceptionnels de Pauleta et Edouard Cissé.

Sans le vouloir Fiorèse avait ruiné sa carrière en signant à Marseille, « Seuls les rats quittent le navire » disait une banderole dans les travées du Parc ce soir là. Et le rat s’est noyé. Il était détesté par les supporters parisiens et n’a jamais réussi à se faire aimer par les supporters marseillais. Un transfert complètement raté qui sonna comme une fin de carrière pour le joueur. 

« L’OM a flingué ma carrière. » disait il. Non Fabrice tu l’as flinguée tout seul.