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Pendant ce mercato 2015, Ultimo Diez, a envoyé son représentant Maitre Youda enquêter sur les coulisses du mercato de l’Olympique de Marseille. Aussi mouvementé qu’une shnek de Thaï, cet été marseillais nous a réservé de nombreuses surprises, que nous vous racontons en exclusivité. Vous n’êtes pas au bout de vos surprises sur cette chronique dont voici le second opus.

EPISODE 2 : COUP DE POKER

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Marseille – Centre d’entraînement Robert Louis-Dreyfus, Vendredi 22 juillet 2015 :

« Milton Casco? Mais c’est quoi ce mec? T’es sur qu’il joue au foot? On dirait le nom d’un acteur moyen des Telenovelas qui passent sur France O bordel… bon ok je m’en occupe. » Vincent Labrune était en pleine discussion avec Jean-Phi Durand (ndlr, Jean-Philippe Durand, responsable de la cellule de recrutement) quand il nous ouvre ses portes en ce chaud mois de juillet : « Ca va les rigolos? Putain il me fait chier Marcelo à nous ramener tous ses chicanos, déjà qu’il vient de m’obliger à claquer cinq briques sur Ocampos, merde, il est fini Lucas, tu as vu les poumons de sa femme? Il va sombrer, c’est la théorie Peter Crouch, plus ta femme a une grosse poitrine, plus ta carriere est courte, j’invente rien, regarde Ronaldo, le vrai hein… Pas pour rien que Messi a choisi un bon petit 95B… Ça m’étonnerait pas d’apprendre que Zanetti chope Alizée Cornet, tiens… »

45 jours après notre premier rendez-vous, Labrune n’a toujours pas perdu son verbe acerbe et son sens aiguisé de la punchline, tel un Pascal Trésor Azusimba des grands jours, il distille, et nous n’avons qu’à hocher la tête… Au loin, par la fenêtre, nous apercevons un petit homme de couleur sombre accompagné de son agent, nous pensons de suite a N’golo Kanté, souvent envoyé à l’OM ces derniers jours, mais à peine ayant eu le temps de laisser la vision du pygmée caennais sous le maillot olympien nous effleurer l’esprit que notre hôte nous coupe :

« Cette histoire des milieux me les brise vous imaginez même pas… Et tout ça à cause de ces niaks qui sont plus d’un milliard a regarder ce championnat de merde… Je fais deux belles offres pour Gueye et Kante, deux clubs de Premier League qui moisissent dans le ventre mou viennent surenchérir au-delà des dix millions, mais t’y crois à ça? J’ai l’air malin moi avec mes twix en guise de prime à la signature… Mais bon heureusement que j’ai plus d’un tour dans mon sac, ce matin on vient juste de finir de négocier avec un interna… » Quelqu’un toque à la porte et rentre :

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« Salam wa aleykoum » s’exclame le nouvel entrant, nous levons les yeux (bon pas trop quand même), nous voilà devant Lassana Diarra. Nous nous empressons de le bombarder de formules de sympathie, un processus qui a bien du durer une bonne dizaine de minutes , l’échange est amical, le plaisir est mutuel, nous avons l’impression d’être dans une conversation Tinder de @zoninoz. Il a l’air ravi qu’on lui rappe la dernière dédicace de Lacrim à son encontre, « Un vrai bonhomme Karim, pas comme Younes… » nous confie-t-il. Il salue chaleureusement le président, assis derrière le bureau : « J’ai bien cru que t’allais jamais m’appeler Vincent, en plus tu m’as nargué à pister mes sombres copies alors que j’étais disponible, tu m’as fait peur, mais voilà que tout… »

Des cris retentissent plus bas, non loin des terrains d’entraînement: « Ouais c’est baaaaan Michy, t’as vu comment j’ai squashé Steve sur la frappe à la fin ? ».Il s’agit de Dimsou Mendy. Lass regarde la scène, un peu interloqué : « Vincent, je crois pas qu’on ait signé pour ça… C’est quoi le deal? Si c’est pour faire le grand frère je retourne a Belleville. Déjà que tout à l’heure dans les vestiaires Bouna Sarr a voulu prendre un « snap » avec moi, et m’a demandé de l’ajouter sur instagram, j’etais à deux doigts de le BOIRE Vincent, à deux doigts… Tu penses qu’ils ont l’islam ces petits Vincent? Oh quand Abou va voir ça il va serrer.»

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Un peu gênés que Lass nous dévoile sa surprise, Vincent prend tout de même la parole : « Bon, Youss je compte sur toi pour ne pas trop ébruiter la rumeur, donc tes top tweets sur Abou tu te les gardes, tu restes subtil. » Le téléphone sonne, Philippe Perez est à l’autre bout du fil, le visage du président vire instantanément au rouge, il déboutonne tout doucement les premiers boutons de sa chemise dont la teinte laisse penser qu’elle a été achetée pour moins d’une vingtaine d’euros chez un dégriffeur de banlieue, pose difficilement son coude sur son bureau et crache, la voix rauque : « Comment ça il ne veut plus négocier? » …