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Finalement. La page Brendan Rodgers s’est définitivement tournée à Liverpool, après trois saisons et deux mois pour ouvrir celle de Jürgen Klopp. Un ouf de soulagement poussé par tous les Reds autour du monde, venant terminer un cauchemar qui n’aurait jamais du passer l’été de sa troisième année. Seulement, FSG, fond d’investissement propriétaire de Liverpool, étant un employeur que chacun rêverait d’avoir, le nord-irlandais était parti pour une quatrième année de bonheur avec un recrutement 100% décidé par ce dernier (avec Benteke acheté pour 46 millions d’euros, toujours bon à rappeler), au grand dam des supporters qui frôlaient de plus en plus la rupture d’anévrisme…

Bien heureusement comme chacun le sait, un match nul (tant par le résultat que le contenu) contre le voisin presque-ami d’Everton a scellé le destin du technicien, évitant un massacre qui se profilait à vue d’oeil.

Nombre de reproches pourront être faites à Rodgers, notamment son désintérêt à la limite du choquant pour les coupes d’Europe jouées par le club (Ligue des Champions puis Europa League en 2014/2015 et Europa League 2015/2016) mais un remerciement reste à faire : merci d’avoir insufflé à cette équipe un changement de cycle complet, rayant l’effectif à l’agonie hérité de Hodgson et Dalglish, et insufflant une identité de jeu basée sur la possession, et le jeu vers l’avant. Pour le meilleur et pour le pire, malheureusement uniquement pour le pire depuis le départ de Lu Shwareh.

MAIS MAINTENANT C’EST FINI TOUT ÇA C’EST JÜRGEN KLOPP TIME

Oh la libération. Oh le coup de maître. Oh génie. Si vous voulez tout savoir je me sens mal en ce moment pour les clubs qui ne sont pas entraînés par Jurgen Klopp : L’allemand de 48 ans a accepté de sortir de son année sabbatique pour venir sauver le bateau rouge et quelle merveilleuse nouvelle que celle-ci. Les promesses se multiplient alors pour le futur de Liverpool : jeu offensif façon heavy metal, gegenpressing (comptez pas sur moi pour vous google ça), et recrutement 5 étoiles d’allemands qui jouent au foot (et les allemands sont forts au foot, donc c’est bien).

<blockquote class= »twitter-tweet » lang= »fr »><p lang= »en » dir= »ltr »>Scenes when Sakho is so fired up he starts geigenpressing Lloris and Lloris volleys it into his own net as an act of submission</p>&mdash; Jack (@JackR_88) <a href= »https://twitter.com/JackR_88/status/652120444741550080″>8 Octobre 2015</a></blockquote>
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Plus sérieusement, la signature de Jurgen Klopp (qui était le premier choix de la direction loin devant Ancelotti) sonne comme une évidence pour les fans du club, moins pour les autres, mais heureusement le plus important : elle a sonné comme une évidence pour Jurgen Klopp lui même. Un entraîneur qui se plaît dans le rôle de l’outsider, qui relancerait un grand club en perdition, qui ferait progresser un effectif jeune, en rendant fière une ville et un stade qui ne vivent que pour leur club rouge. L’arrivée de l’Allemand n’a pas déçu et a été fêtée comme un anniversaire de sa majesté la Reine sur les bords de la Mersey, avec des milliers de Scousers venus accueillir l’Allemand à l’aéroport John Lennon, dans une liesse qui n’avait pas connu son pareil depuis la finale de la Ligue des Champions 2005.

Klopp arrive dans un état de grâce invraisemblable qui traduit aussi l’état de frustration dans lequel se trouvaient les supporters de Liverpool depuis plus d’un an et demi…

Il paraît difficile de s’imaginer autre chose qu’une révolution à tous les étages du club grâce à un coach de ce calibre mais ne soyons pas dupes : le travail est fastidieux, long et la transition ne sera probablement pas immédiate. Il faudra laisser du temps à Klopp pour travailler en paix, et surmonter la ferveur démesurée que son arrivée en grande pompe a suscité.

C’est d’ailleurs dans ce sens que s’est déroulé sa conférence de presse, voulant calmer le jeu et la tension en raisonnant tout le monde sur le long chemin qui attend Liverpool. Pendant cette conférence, l’allemand a parlé de son attachement de longue date au club, s’est présenté comme le Normal One (word to Mourinho), et a promis de gagner le championnat sous quatre ans. Ironiquement ou non, l’heure est à l’apaisement après une semaine de négociations et d’attente complètement folle. Toutefois, il est encore trop tôt pour parler de terrain ou de composition. Jurgen Klopp veut passer en revue tout son effectif, qu’il pense pouvoir faire progresser dès cette saison.

Challenge fou pour entraîneur givré

Parti du principe que Klopp fait partie des tout-meilleurs entraineurs au monde, le défi qu’il relève montre une détermination hors-normes de sa part. Accepter de prendre ce Liverpool, au fond du trou dans ce qu’il montre sur le terrain cette saison, regorgeant de joueurs moyens à chaque ligne, en plein mois d’octobre, donc sans pré-saison ni mercato pour insuffler sereinement les bases de son travail, et encore en convalescence des pertes de Luis Suarez, Steven Gerrard et Raheem Sterling, mérite de lui tirer très bas notre chapeau. Après tout, il aurait été tellement plus facile de récupérer le Bayern cet été, se trouvant à une galaxie d’avance de Liverpool… Mais Klopp n’a pas l’air d’être de cette trempe-ci et accepte de triompher avec un défi qui lui ressemble.

J’écrivais, dans ma réaction au départ de Raheem Sterling, que ce dernier avait choisi la facilité des trophées quasi-systématiques à Manchester City. Bien heureusement pour le Liverpool FC, Klopp, lui, préfère visiblement remporter un titre avec Liverpool à la sueur de son front et au mérite de son travail de reconstruction. Quel homme fantastique.

« Je suis un type normal, je ne me compare pas avec les géniaux entraîneurs qui ont fait l’histoire de Liverpool. Ce n’est vraiment pas important, c’est cool que vous soyez tous prêts à nous voir travailler, mais ce n’est pas mon rôle de penser à cela. J’ai simplement à travailler. Pas un seul de mes grands prédécesseurs ici n’a dit « « Je veux devenir une légende pendant ma période ici « . » 

Jurgen Klopp, à propos de devenir une légende de Liverpool.