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Samedi 7 novembre, une quinzaine de degrés en Lorraine. Les vieux sont déboussolés, ils n’ont pas mémoire d’un temps aussi clément en cette période de l’année.  Une opportunité fabuleuse pour ne pas sortir, ne pas bouger du canapé et parier. Quinze balles sont en jeu, c’est peu mais ça permet de « rêver » : « 5 paris réussis de suite et c’est 500 euros dans la poche ». Histoire de mettre du beurre dans les épinards. Pour cela, trois matchs, trois H : Leicester, Ostende, Reims. Tous joués en solo, avec une sorte de montante. Chaque victoire entraîne un tapis. C’est ainsi qu’après un partidazo de « N’Glouglou Kanté » (malgré un péno concédé), un duel Didier Ovono – Rudy Riou joué sous une pluie d’erreurs défensives, 40 € sont posés sur le Stade de Reims. Sur le papier ; le « Gaz » est dans une bonne dynamique, mais se présente avec une équipe très amoindrie :  six titulaires absents, dont Greg Pujol, le Ronaldo de Champagnole. Quant à Reims, après quatre défaites consécutives, ponctuées par aucun but marqué, l’occasion était trop belle pour se réveiller…

Plus crémant que champagne, la Marne n’est plus une terre de football flamboyant. Pourtant suite à une visite sur un forum, on semble l’oublier rapidement. A peine cinq pages sur un avant match bidon, les vieux ressortent leurs mouchoirs. : « Ah Reims c’était propre, quelle époque, on savait jouer au foot, on était clean, chez nous il n’y avait pas de collection H&M / Balmain, Hitler ne nous a pas battu en un jour, il n’y avait pas d’arabe kinkinkin ». On en oublierait presque les De Preville, Franck Signorino et Tony  » Fake Hipster, fake player » Devaux souillent leurs saintes tuniques.

reims bouffon
Cinq défaites peut être, mais on a eu Just Fontaine !

Les rémois dominent timidement le début de match. Entreprenant mais pas trop, ils se procurent malgré tout, deux trois occaz’, dont un but hors-jeu de NDP. La hype du début de saison Hamari Traoré lâche une galette pour Diego, le crack brésilien du mois de mai 2013, qui envoie une tête qui finit sur le poteau. Les joueurs de l’entraineur qui ressemble à un vendeur de cuisines Mobalpa sont pas loin de trouver la faille, et ainsi mettre fin à une longue disette devant les buts.

Puis vient le drame. Un long ballon dans le dos de la défense. Boutaib, d’une course anodine, se retrouve en face à face avec Agassa, qui d’une sortie sans viagra, se fait logiquement battre. Les joueurs crient au hors-jeu, les supporters crient tout court. Les sifflets tombent des tribunes de Delaunes. Le but est ridicule, le bloc est dépassé. Le match est plié.

La suite ? Quasi aucune occasion. Les rémois sont mous, sans imaginations, sans impacts… sans rien, nul. Pourtant ils touchent deux fois les montants. Et sur l’un d’eux, se prennent un but sur un contre joué au culot. Zoua (qui n’a rien d’un zouave), envoie une pépite à trente mètres du but qui finit dans le petit filet d’Agassa. Le calice jusqu’à la lie, et c’est mérité. Ajaccio avait jusque-là marqué une fois à l’extérieur, se retrouve à mener de deux buts à 1000 bornes de sa base. Le but rémois, suite à une erreur de Martinez, rappelle à la L1 que le Gazelec est avec Troyes, l’équipe la plus faible sur le papier en L1. Pourtant, durant le match, le rapport de force fut l’inverse.

Une fois le deuil des 40 boules fait, le temps est de se poser des questions. La première est de savoir comment un esprit « sain » peut mettre deux billets de 20 sur le Stade de Reims ? La seconde est : comment la L1 en est arrivée là ? La manière dont joue Reims n’est pas un cas isolé. À regarder de plus près, beaucoup de clubs pratiquent un football soporifique, de « couilles molles » : Lyon, Lille, Bordeaux, Monaco, Toulouse, Montpellier pour ne citer qu’eux. Le manque d’ambitions des clubs pèsent de plus en plus sur la L1.

Durant la semaine écoulée, le monde du football français s’est vu tarir d’éloge un Paris Saint Germain ultra dominateur, mais défait contre un Madrid très diminué. Il fut un temps ce genre de remarques fut réservé à l’OL :  » certes ils ont été éliminé mais il y avait penalty sur Nilmar ! ». Bielsa, Ancelotti ont réussi durant leurs brefs passages dans l’hexagone a redonner du « peps », de la joie aux supporters. Leurs départs ont été préjudiciable, puisque l’illusion qu’ils entretenaient, celle de la victoire et de l’ambition alliées à l’esthétisme, s’est en allée avec eux. Aujourd’hui, le rêve est devenu rare en L1. Seuls quelques éclairs de Ben Arfa, Verratti, Lass ou encore Juju Feret font rêver les minots que la plupart d’entre nous étions. Nombreux sont les footeux, rare sont les artistes.

Bref, j’ai perdu 40 balles et j’ai eu le seum.