0

Mönchengladbach, ville de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, ville de l’autre Borussia, et accessoirement d’un certain Jupp Heynckes. Grande et agréable ville d’Allemagne où le sport, élément majeur de la vie là-bas encore une fois, s’emmêle avec une culture et une histoire très riche. Mais ici n’est pas le sujet, ce qui nous intéresse c’est un club de légende qui y réside, le Borussia VfL 1900 Mönchengladbach e.V.

Facile comme nom n’est-ce pas ? Et bien c’est seulement parce qu’il faut bien ça pour accompagner l’une des vielles dames de cette terre de Fussball.

Gloire et histoire

551014409
Fussball, Bundesliga, 1974/1975, Stadion am Boekelberg, Borussia Moenchengladbach gegen MSV Duisburg 4:1, Jupp Heynckes (MG) jubelt nach seinem Kopfballtor zum 4:1, Torwart Dietmar Linders (MSV) ist geschlagen, football, Bundesliga, 1974/1975, Stadium am Boekelberg, Borussia Moenchengladbach versus MSV Duisburg 4:1, Jupp Heynckes (MG) rejoicing at his header goal to 4:1, keeper Dietmar Linders (MSV) is beaten *** Local Caption *** football, Bundesliga, 1974/1975, Stadium am Boekelberg, Borussia Moenchengladbach versus MSV Duisburg 4:1, Jupp Heynckes (MG) rejoicing at his header goal to 4:1, keeper Dietmar Linders (MSV) is beaten

Fondé en 1900, le club fait partie des meubles en Bundesliga comme bien d’autres dans ce grand championnat. Jusqu’en 1945, le Borussia connait plusieurs fusions et séparations avec d’autres entités de la ville, et même une dissolution mais cette dernière ne va durer que peu de temps. Durant ces 45 premières années l’histoire ne fait que s’écrire, sans véritable éclat ou fait retentissant. En effet, il faut attendre les années 70 pour que les Fohlenelf (terme issu de Folhen, surnom du club et de ses joueurs) commencent à gagner leurs lettres de noblesse. Emmenés par Berti Vogts et Günter Netzer notamment, le Bayern Munich de Franz Beckenbauer ne les effraie pas et ils remportent le Meistershall en 1970 et 1971, et deviennent ainsi la première équipe à réaliser cette performance jusqu’à ce que les Bavarois…. Voilà quoi. Ainsi en 10 ans le club va conquérir les 5 titres de champion d’Allemagne, deux des 3 DFB Pokal et ces 2 coupes de l’UEFA qu’il a aujourd’hui à son actif. Le succès de 1975 en coupe d’Europe va d’ailleurs être marqué par un triplé du grand Jupp Heynckes en finale face à Twente.  Car oui en plus d’être un club majeur du paysage allemand, les Borussens ont eu (et ont encore) dans leurs rangs de véritables monuments et personnages clés du football tel que Lothar Matthäus ou Stefan Effenberg. Enfin le plus connu est sans aucun doute ce grand joueur et grand coach au palmarès stratosphérique  : Jupp Heynckes.  Que ce soit avec son club de cœur, en tant que joueur, ou sur le banc ce grand monsieur à tout gagné, du titre de champion d’Allemagne en passant par la Ligue des Champions et jusqu’à la Coupe du Monde avec la RFA. Il peut même se targuer d’être le troisième meilleur buteur de l’histoire nationale derrière Gerd Müller et Klaus Fischer avec ces 220 buts en 385 rencontres. Respkt. Mais revenons à l’essentiel, après cette période fastueuse, le club connait d’avantages de difficultés sportives avec des relégations, mais également des apparitions dans les premières places du classement mais rien d’aussi grandiose. Malgré tout l’espoir et la lumière vont finir par réapparaître.

Les légendes ne meurent jamais

csm_34413-Borussia-Europapokal_56532cef5a

Les gloires passées ont toujours tendance à resurgir et c’est le cas de M’Gladbach et de son président (depuis 2004), homme du pays, Rolf Königs, qui ont décidé de ne pas se laisser faire. Suite à leur retour dans l’élite à l’issue de la saison 2007-2008 après avoir goûté à la 2.Bundesliga (où s’illustre actuellement le grand Vincenzo Grifo), le club de la Rhénanie, fait son retour. Mais les choses ne sont pas faciles à se mettre en place et les coaches finissent donc par s’enchaîner jusqu’à ce que le dénommé Lucien Favre arrive en février 2011, au début du Rückrunde (seconde partie de saison). Ce dernier récupère alors une équipe en mauvaise posture qui va devoir vaincre le VfL Bochum en barrages après la saison régulière pour rester en première division. Suite à cette première étape réussie non pas sans difficulté, Favre parvient en quelques saisons seulement à bâtir une équipe solide et redoutable avec des joueurs de qualités.

En 4 ans à peine, le club passe du bord de la catastrophe au sommet du classement à force de travail et d’acharnement sous les ordres d’un homme au caractère bien trempé. Avec un effectif talentueux où jeunesse et expérience s’entremêlent, l’équipe s’aguerrie doucement. Des joueurs se révèlent et explosent à la face de l’Allemagne match après match tel que Marco Reus, Marc-André Ter Stegen, Granit Xhaka, Patrick Herrmann ou encore Christoph Kramer prêté par Leverkusen, pour ne citer qu’eux. De cette manière l’excellent Lucien Favre fait de son équipe une bête redoutable à l’assise défensif solide. Il en va de même pour l’attaque qui se révèle être très efficace, rapide, avec des latéraux très actifs.

La première saison complète du coach suisse se conclut d’ailleurs par une qualification en Ligue des Champions. La saison suivante la gestion des 2 compétitions s’avère difficile pour le groupe qui a du mal à tout enchaîner, ainsi les Folhenelf quittent l’Europe après une défaite en 32ème de finale de l’Europa League face à la Lazio. Mais personne n’a envie d’abandonner ces grands rendez-vous. Et malgré les pertes de joueurs clés comme Dante (oui enfin perte c’est vite dit…), Marco Reus et Ter Stegen le retour est explosif, surtout en Bundesliga où ils commencent à susciter la peur.  Ceci se fait d’ailleurs avec l’aide de recrues de qualités, mais aussi des jeunes du centre de formation, venant renforcer les rangs de cette équipe déjà pleine de talent.

2dd0489c-7fe6-11e5-acef-f80f41fc6a62

La campagne 2014-2015 est alors excellente, conclue sur une troisième place, marquée notamment par quelques succès éclatants notamment en seconde partie de saison. Sans aucune pitié, les verts et blancs battent tour à tour Schalke 04, Leverkusen, Wolfsburg, Dortmund (ok c’était facile l’année dernière) mais surtout le Bayern Munich chez lui. Ils sont devenus irrésistibles et ce match du mois de mars a marqué les esprits et a permis aux hommes de la Rhénanie de s’affirmer encore un peu plus. Les performances de haut vol de suivent, toutes plus convaincantes les unes que les autres. Tout le monde voyait ce collectif parfaitement huilé et amené par Favre continuer sur cette voie cette saison.

Mais… Mais non. Cette énième année de football débute désastreusement pour cette équipe à qui semblait tout sourire l’année dernière. Après la claque reçue au Westfalenstadion par Dortmund, les défaites se suivent et ont tendance à se ressembler. La défense, l’une des plus grandes forces de M’Gladbach, est aussi fragile qu’un morceau de cristal, les penalties concédés pleuvent et les blessures des cadres n’arrangent rien. Ceci oblige Favre à lancer des jeunes dans le grand bain rendant l’équilibre de l’équipe que plus précaire. En un été, cette valeur sûre du championnat a été transfiguré jusqu’à être méconnaissable et embourbé en bas du classement.

C’est après une dizaine de matchs dans le brouillard le plus complet que la décision tombe à la grande surprise de tout le monde, ou presque.  Lucien Favre, l’homme qui a construit cette machine sulfureuse promise au succès quitte le navire… Sa dureté a probablement eu raison de lui. Triste fin pour ce personnage qui a sans doute marqué l’histoire du club au vu de l’excellent travail réalisé en si peu de temps. Alors que tout le monde pensait qu’il serait difficile de trouver le remplaçant parfait et bien c’était sans compter sur André Schubert d’abord intérimaire fin septembre puis entraîneur officiel dès mi-novembre. Cette concrétisation c’est fait à la suite d’une série impressionnante. Effectivement dès l’arrivée de ce nouvel entraîneur, les lacunes ont commencé à disparaitre et l’équipe a pu retrouver le succès. En l’espace de quelques semaines ce que l’on pensait enraillé et assuré de passer une année très compliquée n’a pas laissé de place au doute. Fort de 12 matchs sans défaite, le mois de septembre n’est désormais qu’un lointain souvenir et cet homme aussi surprenant que méconnu en est pour beaucoup. Le Gladbach des 2 saisons précédentes a donc signé son  retour sans perdre de temps et ne compte pas se laisser marcher sur les pieds par ses adversaires allemands ou européens. Vous devrez donc compter sur cette belle formation une fois de plus cette saison mais surtout n’oubliez pas d’observer quelques formidables joueurs qu’elle a en sa possession avec Mahmoud Dahoud, jeune milieu germano-syrien, qui du haut de ses 19 ans s’affirme match après match ou encore Thorgan Hazard. Il en va de même pour Andreas Christensen, Nico Schulz ou Nico Elvedi, jeunes centraux fort talentueux. Un conseil : retenez bien ces noms. Le futur est donc partiellement assuré avec ça et la poursuite du parcours européen, il faudra encore compter sur eux dans les années à venir.

Avec ses armes le Borussia Mönchengladbach va continuer à lutter, amené par le Borussia-Park et sa fabuleuse Nordkurve qui n’a pas fini de vibrer avec cette belle équipe qui a soif d’Europe et de succès pour continuer à écrire les lettres d’or de ce club majestueux d’Allemagne.