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Samedi 10 Août 2013, Lyon reçoit Nice pour la 1ére journée de L1 et l’emporte 4-0 avec une équipe très jeune et le doublé d’un certain Alexandre Lacazette repositionné dans l’axe, lui qui a très souvent joué côté droit jusque là. Et pour cause, l’attaquant référence de l’OL depuis 4 ans vient de dire au revoir à Gerland ce jour même. Sous les yeux et applaudissements faux-cul d’un Gomis qui fera tout pour partir libre et par la petite porte, les larmes aux yeux « Licha » Lisandro Lopez fait ses adieux à un stade de Gerland avec lequel il aura eu une relation particulière tout au long de sa carrière lyonnaise. Se sentant usé physiquement et ne pouvant apporter ce qu’il veut apporter au club, il décide de s’en aller et de permettre à son club de toucher une indemnité.

Un lourd fardeau pour son arrivée

Tout commence le 7 juillet 2009. enfin, tout commence plutôt fin juin lorsque l’enfant du club, Karim Benzema, est cédé pour 40M au Real Madrid. Un départ plutôt brusque qui inquiète énormément les supporters lyonnais, au point d’envahir le siège de l’OL pour le faire savoir. Benzema était le symbole de la ville et le fer de lance d’une attaque lyonnaise qui souffre de plus en plus des schémas stéréotypés de Claude Puel.
Ce fameux 7 juillet 2009 donc, l’accord entre l’OL et Porto est annoncé, pour 24 +4 M d’euros de bonus, l’OL obtient l’accord de Pinto Da Costa pour Lisandro Lopez. Ainsi, outre la pression quant au remplacement de Benzema, Lisandro a celle du prix du joueur le plus cher de l’histoire de l’OL à l’instant.

La pression, Lisandro ? Mouai t’as pas mieux ?

C’est quand même mal connaître l’argentin d’imaginer que la pression va l’inhiber. Ses débuts seront tonitruants avec une égalisation à la 90ème sur coup franc au Mans, et cette fameuse célébration qu’il fera pour la première fois et le rendra célèbre, le doigt sur la tempe, comme pour annoncer qu’il entrera dans les têtes de ses adversaires et ne lâchera jamais rien.
Parce que Lisandro ne va pas se contenter de bons débuts sportifs mais d’une immense impression générale auprès des supporters lyonnais et des suiveurs de la L1. Un homme à la barbe de Leonidas et au regard inspirant rappelant celui d’Eric Cantona. L’argentin est un taiseux, ne parle pas beaucoup dans le groupe et encore moins dans les médias, mais avec lui pas besoin de parler dans les médias, tout passe par le regard, le charisme même. Un anti Bafé Gomis en somme. (Bon ok, j’arrête)

Finesse, grinta et barbecue

Le profil du joueur, battant, acharné au pressing mais capable d’être très fin dans son jeu et ses finitions lui permettra de fasciner la L1.
Côté terrain, Licha aura donc terrorisé pas mal de défense. Les confrontations face à Anderlecht seront le premier gros coup sportif de son aventure lyonnaise. En tour préliminaire de Champions League, et vu les investissements effectués, l’OL est obligé de l’emporter. Au match aller Lisandro (auteur d’un but et d’une passe dec.) fera une prestation incroyable de puissance, de technique et laisse une impression quasi bestiale, comme sur ce pénalty obtenu au bout d’une lutte avec le défenseur sur une dizaine de mètres. Au match retour (et au contraire du match aller où il est aligné côté gauche) il inscrira un triplé en étant aligné en pointe. 3 buts montrant toute sa panoplie, du but du renard a la frappe chirurgicale en lucarne en passant par le lob tout en finesse en rodant et profitant des erreurs.
Tout au long de sa première saison il sera plutôt injouable pour les défenses adverses, Adil Rami ne vous dira pas le contraire, son anus encore souillé par le triplé de Lisandro en une mi temps à Lille. Match au cours duquel l’OL réussira à perdre 4-3 tout de même, symbole des problèmes collectifs d’un OL irrégulier dans le jeu et qui empêchera Lisandro d’amener un titre de champion à l’OL durant son passage chez les gones. Sa première saison sera quand même réussi avec une deuxième place en L1, un titre de meilleur joueur d’une L1 qu’il aura émerveillée et surtout une demie finale de LDC où il quittera le terrain en larmes sur le banc. Des larmes de tristesse de ne pas avoir pu amener l’OL jusqu’en finale comme il en rêvait. Après seulement un an, ses larmes valident une chose : la relation entre l’OL et Lisandro sera affective et faite de sueurs et de larmes. (Mais aussi de joies, ne vous inquiétez pas)

Des problèmes physiques et une lassitude

Les deux saisons suivantes de Lisandro seront également de très bonne facture individuellement et statistiquement. Avec plus de buts dés la deuxième saison tout en jouant moins. Il est gêné par des pépins physiques, notamment au tendon d’achille au début de la saison 2010-2011. Néanmoins il revient fort et réussit à aider l’OL à finir sur le podium lors d’une saison extrêmement usante et très peu souvent plaisante pour les supporters de l’OL et ses joueurs. Pour un joueur respirant le plaisir de jouer comme Lisandro, le climat pesant autour de la situation de Claude Puel (coach avec lequel il a des relations froides, comme tout joueur normalement constitué) prendra beaucoup d’énergie au joueur. Tout comme ses positionnements côté gauche qui continueront sous Rémi Garde. Ça ne l’empêchera d’étaler toute sa volonté de gagner AVEC LES COUILLES chaque weekend.

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Il jouera deux saisons sous les ordres de Rémi Garde, avec lequel il aura des relations beaucoup plus chaleureuses qu’avec son prédécesseur. Souvent aligné en 4-4-2 accompagné de Gomis, Lisandro restera décisif mais se montrera beaucoup plus à l’aise dans le jeu lorsqu’il est aligné avec un certain Alexandre Lacazette. Leur association en duo de pointes donnera quelques mouvements très intéressant dans le jeu, contre Lille notamment (où les deux marqueront) mais aussi à Saint Etienne lors du derby. Les deux sentent le foot et le profil juvénile et plein d’énergie de Lacazette plaira énormément à un Lisandro Lopez en perte de vitesse physiquement. Malheureusement ce duo ne sera pas reconduit souvent par un Rémi Garde ayant peur de fragiliser son vestiaire avec les états d’âmes d’un joueur confirmé comme Gomis. L’OL finira 4ème cette saison mais l’important n’est pas là. Après 3 années de Puelisme sans titre, Lyon qui avait pris l’habitude de gagner chaque année va goûter à nouveau à un titre. Equipe de coupe cette saison là, l’OL va échouer en finale de coupe de la ligue mais réussir en finale de coupe de France lors d’une victoire 1-0 face à Quevilly. Et il était écrit que ce but devait venir de sa star, de celui qui voulait offrir un titre à l’OL. Lisandro marque et Lisandro délivre le peuple lyonnais.
Sa dernière saison à l’OL sera plus pénible, en perte de vitesse dans le jeu, souvent blessé et relégué en 1ére partie de saison derrière un Gomis très performant, il fini tout de même avec 11 buts en Ligue 1 et le dernier match de la saison sonne comme un adieu au stade Gerland. Là encore des larmes lors de sa sortie, persuadé que cela sera sa dernière en match officiel.

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Des moments légendaires pour un joueur entré dans l’histoire du club

Tout n’a pas été rose pour Licha à l’OL, mais tout a été si dur que chaque moment de délivrance qu’il nous a offert inspire aujourd’hui un sentiment de joie lorsqu’on repense à tous ces moments forts. Son triplé contre Anderlecht, son but à la 90ème contre Liverpool, son doublé contre Bordeaux, ses larmes contre Munich, le but en finale de coupe de France etc. Lisandro aura surtout marqué un des épisodes les plus glorieux de l’histoire de l’OL. Ce huitième de finale à Bernabeu où l’OL effectue l’exploit de sortir les galactiques de Cristiano Ronaldo. Auteur de la passe décisive pour le génial Pjanic sur le but de la qualification, Lisandro le taiseux aura surtout pesé de toute son aura auprès du groupe par un simple message avant le match, relayé par Cris « Ce soir, c’est à la vie, à la mort. On ne peut pas quitter ce stade sans avoir tout donné. N’ayez aucun regret. Bonne chance à tous. – signé Licha. » Tout comme celui qu’il aura placardé dans le vestiaire avant le trophée des champions face à Montpellier:

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Tout le symbole d’un garçon qui parlait peu mais toujours écouté dans le vestiaire.

L’histoire d’amour entre l’OL et Lisandro prendra fin le 10 Août 2014 lors de la 1ére journée de L1 face à Nice. Lisandro effectuera ses adieux auprès du public lyonnais avant le match. « Vous m’avez fait vivre les 4 années les plus belles de ma carrière. » déclare t’il au micro au stade Gerland. Je t’offre pour ma part mon modeste merci pour m’avoir fait rêver durant ces 4 années au cours desquelles tu auras embellie certaines périodes peu facile et rendu tellement merveilleux des moments de joies et d’allégresses naissant de ta sueur, tes cojones, ta hargne et ton talent. Une chose est sûr ton « doigt sur la tempe » restera dans nos mémoires. Merci pour tout Licha !