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UN WEEK END À TURIN

Les voyages forment la jeunesse paraît-il. Alors le temps d’un week-end j’ai quitté la France. J’ai quitté Sylvain Chantôme, les duels Morel-Nkoudou et la vista du goleador troyen Jimmy Cabot…

Direction Torino, les Alpes, les belles brunes italiennes, les spaghetti « alla vongole » les pizza qui fondent sous la langue et au bout du voyage, un Juve-Roma dans son magnifique écrin du Juventus Stadium.

Découvrir Torino c’est comprendre la Juve. La Vieille Dame est un pur produit de sa ville.

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Torino est une ville froide. Aux pieds des Alpes, la fraîcheur nous glace le sang. Le sang-froid, c’est sûrement le meilleur terme pour définir les bianconeri. Ce sang-froid de Pogba pour servir « à l’aveugle » Paolini Dybala dans le dernier quart d’heure du match, ce sang-froid de la Joya pour tromper Szczesny et envoyer la balle, d’un plat du pied gauche, mourir dans le petit filet de la Curva Nord, ce sang-froid de Marchisio face au pressing de Nainggolan….

La Juve ne panique pas, la Juve ne panique jamais, même quand l’issue du match paraît incertaine. Et c’est une fois de plus ce qui a fait la différence ce week-end. Cette sérénité, cette confiance en soi.

Torino, entre vieilles bâtisses et nouveaux bâtiments. Torino c’est aussi et avant tout, une très belle ville. De la Piazza Castello à la Piazza Vittorio, en passant par la Mole et le Palazzo Reale, Torino nous rappelle qu’elle est une ville historique et chargée d’histoire. Malgré tout, au milieu de ces monuments s’élèvent (avec plus ou moins de goût) quelques tours, quelques bâtiments récents. Ce savant mélange entre l’historique et le futur c’est l’image de cette nouvelle Juve. Les monuments de la Vieille Dame comme Buffon, Chiellini ou Marchisio ont su accueillir et intégrer les plus jeunes, ces Dybala, Pogba, Morata qui incarnent le futur du club. Cette jeunesse dont la Juve a parfois manqué par le passé, notamment sous l’ère Conte, cette fougue, cette folie, qui font basculer des matchs, gagner des rencontres.

Torino, ville polluée. Car oui, tout n’est pas parfait. Torino reste une terre industrielle, et la « brume de pollution » nous le rappelle rapidement une fois que nous avons passé la frontière transalpine. Ce nuage de pollution assombrit malheureusement le ciel et la ville de Torino.

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A la Juve, ce nuage de fumée s’appelle Mario Mandzukic. Ce nuage de fumée, infâme, enfume ton âme. Car Mandzukic nous a trop souvent ralenti, perverti nos pensées ou ramolli l’esprit. Et je prie pour que nous petits frères n’en soient jamais épris… Je prie que ma vie s’éloigne à jamais de ce vice.

« Un Nuage de fumée » de Kery James, ou comment définir l’apport de Mandzukic à cette Juventus en quelques notes de musique. Jeu sans ballon se rapprochant plus d’une version footballistique de « cache-cache », et si son jeu avec ballon était une voiture, ce serait surement une Fiat Panda qui ne passe pas le contrôle technique.

Trêve de plaisanteries, chaque spectateur a été témoin de la faiblesse du croate, et la belle ovation réservée à l’entrée d’Alvarito Morata en est le meilleur symbole.

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Ah la Juventus… Club définitivement unique. Et son musée chargé d’histoire est là pour le rappeler à ceux qui ont la mémoire courte. Juventus Fino Alla Fine. Les trophées de Ligue des Champions cohabitent avec les Scudetti et autres Copa Italia, laissant aussi la part belle à la Coupe Intercontinentale.

On y retrouve également les maillots historique des bianconeri, de Del Piero à Gaetano Scirea, en passant par Bettega ou encore Boniperti, le musée de la Juventus est un voyage à travers l’histoire. La Juve, Torino, au final c’est une aventure intemporelle où chaque génération trouve sa place pour construire la légende de cette ville et de ce club. Et toutes ces générations se retrouvent le week-end dans un même lieu, le Juventus Stadium. Parents, enfants, couples, vieillards, tout le monde s’y rassemble. Dans un stade dernier cri formidable, véritable caisse de résonnance où chaque spectateur peut se sentir encore mieux qu’à la maison. Confort, vue imprenable sur le terrain quelle que soit la place dans le stade et vraie ambiance « ultra » grâce à des tribunes qui ont su garder la part belle aux tifosi juventini.

Dans l’absolu, lors de ce genre de voyage, le déroulement et le résultat du match sont anecdotiques, tant l’important est ailleurs. Quand bien même, le match fut à la hauteur. Claudio Marchisio nous a rappelé une fois de plus, que les cheveux gras, les dents tartrées et la dégaine d’agent municipal sont les seules choses qui séparent Sergio Busquets d’Il Principino. Patrice Evra a bien pris soin du petit Mohammed Salah qui grâce à l’association « Make a Wish » a pu vivre pendant 90 minutes dans la peau d’un joueur de football professionnel. Et Giorgione Chiellini, dont les montées balle au pied ne manquaient pas de faire décocher quelques rictus en tribunes, est toujours l’animal le plus dangereux de la savane turinoise.

Ah… Quel voyage… Le retour est toujours difficile. Mais je ne sais pas ce qui me rend le plus triste aujourd’hui. Avoir laissé toutes ces belles brunes de l’autre côté des Alpes ? Ou bien ne plus sentir le parfum de la Vieille Dame ? J’ai peur que ce soit cette dernière qui me manque le plus…

Quelle vie…