0

Voilà maintenant quatre ans que l’OM n’a pas remporté le moindre titre. Toutefois, la cité phocéenne a déjà connu des périodes de disette bien plus longues et le problème ne se cache pas derrière quelques saisons blanches. En effet, hormis la saison dernière sous Bielsa, véritable parenthèse dorée, l’OM ne cesse de régresser, tombant inexorablement dans l’anonymat. Les joueurs avec l’amour du maillot disparaissent, finies les grandes ambiances, finie la coupe d’Europe et un grand bonjour à la médiocrité avec une direction en carton et un stade vide. L’OM est devenu un enjeu pour les acteurs qui gravitent autour, quitte à faire passer le sportif au second plan. Plusieurs acteurs sont responsables de cette déchéance et Vincent Labrune en est sûrement le premier fautif.


Communication, double discours, omerta, bienvenue au royaume de Vincent


Qu’on soit clair, on n’enlèvera jamais à Labrune la signature de Bielsa et le « miracle » de la venue de Lass, jamais. Mais la vérité est ailleurs…

Depuis son arrivée au club, Vince’ a le bilan le plus catastrophique de l’histoire de l’OM. Mais là encore, il n’est pas question uniquement de résultats sportifs… S’il était un mauvais président avec des circonstances atténuantes (contexte difficile, manque de moyens), on aurait été les premiers à ne pas lui en vouloir, mais à ce niveau, on est en passe de se demander s’il est incompétent ou bien en mission de destruction d’un des plus grands patrimoine du foot français.

Comment en seulement 4 ans, peut-on traîner autant de casseroles? Que ce soit par des décisions, des paroles, des projets, des actes (visibles ou invisibles), des transferts, des absences ou des discussions, Labrune a toujours réussi à faire parler de lui négativement.

Mais cette saison, les limites du raisonnable semblent définitivement dépassées. Inutile de revenir sur le cas Bielsa : c’est peine perdue et ce n’est que la pointe d’un bien colossal iceberg. Vincent Labrune semble avoir décidé de faire de l’OM son royaume. Un royaume dans lequel il serait un monarque aussi fourbe que Louis XIV. Dans ce royaume, la liberté d’expression n’existe plus. Soit on se range de son coté, soit on est contre lui et on devient un paria. Manuel Amoros en a récemment fait les frais, il est aujourd’hui interdit de Vélodrome depuis sa critique sur la gestion du cas Bielsa. Finalement, l’OM a décidé de faire un communiqué -après que la légende ait décidé de sortir de son silence- afin de lui expliquer qu’il était le bienvenu. Sacré coïncidence et timing de la part du Roi Vincent et de son homme à tout faire Laboz. Basile Boli, autre légende du club, a aussi préféré se ranger de son coté (malgré des paroles plus que déplacées à l’égard du Roi Vincent I).

Cette règle marche aussi pour les joueurs : il ne faut pas être dupe, l’apparition du fameux loft est bien une des pires aberrations qu’ait connu le club. Sous prétexte que certains joueurs ne rentrent plus dans la grille salariale et qu’ils ne veulent pas faire d’effort financier, on les boycotte ? Nullement question ici d’un joueur qui cherche à augmenter son salaire, mais bien d’un joueur qui veut continuer d’exercer son métier au salaire sur lequel il a signé son contrat. À quel genre de dictature avons-nous à faire ? Amalfitano disait que Vincent Ier agissait comme un traître. Malheureusement, ses déclarations n’ont eu aucune répercussions auprès des médias et encore moins chez les supporters (on se demande encore pourquoi)… Labrune n’a aucune reconnaissance envers les joueurs, ne voyant en eux que l’aspect financier à travers l’espoir d’une éventuelle revente.

Au lieu d’être un véritable président de club, Labrune agit comme un gestionnaire des finances. Et les joueurs semblent bien l’avoir assimilé. Que ce soit Fanni, Morel, Ayew ou Gignac, aucun n’a cru les paroles du président-roi-communiquant. En effet, tous ont refusé de prolonger, empêchant ainsi le club de toucher une quelconque indemnité de transfert. Et il en serait de même avec le clan Nkoulou qui serait dégouté de la tournure prise par les négociations avec Labrune. De l’autre coté, Vince’ réussit toujours à convaincre des joueurs de signer. Lass’ disait peu après son arrivée qu’il partirait en guerre pour un président comme Labrune, maintenant il en vient à se poser des questions sur le projet du club… Une nouvelle victime de la gestion du Roi. Un numéro de baratinage parfaitement rôdé pour amadouer suivi d’un coup de poignard de l’autre coté : Bielsa s’en rappelle encore.

Dernier exemple en date : Bilal Boutobba. Vous l’avez surement oublié vous aussi… Pourtant, on parle du plus jeune joueur à avoir porté le maillot de l’OM. Un joueur pétri de qualités. Mais le voilà disparu des radars. Pourquoi ? Inutile de viser Michel qui est un coach très enclin à lancer des jeunes. Boutobba est aujourd’hui blacklisté comme Benatia le fut à son époque. Et comme Benatia, les facteurs sont financiers avant d’être sportifs. Les contrats jeunes sont très compliqués à cerner et les agents se montrent de plus en plus gourmands. Est-ce pour autant une raison pour briser le rêve d’un minot qui souhaite seulement jouer pour le club de sa ville? On se le demande. En attendant, on ne serait pas surpris qu’il parte libre et explose au sein d’une équipe où il serait considéré à sa juste valeur.

Et si Labrune en plus d’être un roi autoritaire était doublé d’un manipulateur?

Quand un président, un dirigeant, un coach dérange à Marseille, le Vélodrome gronde. Bizarrement, le temple Marseillais ne fait que miauler quand il s’agit du natif d’Orléans. A se demander si il ne s’est pas mis certains groupes de supporters dans la poche. Il faut aussi savoir que toutes les banderoles anti-Labrune et anti-Margarita Louis-Dreyfus sont interdites dans le Vélodrome, sous peine de voir la sécurité débarquer et retirer l’objet du crime sur le champ. Les chants anti-Labrune quant à eux, sont de plus en plus timides. A contrario, on a pu voir de grandes manifestations anti-Anigo et même une pendaison sur la place publique de Valbuena… Bizarrement, tout cela n’a jamais dérangé la cour Royale de l’Olympique de Marseille. Labrune contrôle tout et a imposé sa loi pour que son assise au sein du Royaume perdure. Les supporters ne s’intéressent qu’au sportif, les plus véhéments sont encadrés pour qu’on ne les entende plus, et quand les supporters s’intéressent à ce qui se trame dans la Cour, on leur fait croire que le Roi et la Duchesse Suisse cherchent à laisser leur place. Ce petit manège dure depuis des années : et ça marche. Les supporters de l’OM ne sont plus les mêmes, ils sont devenu naïfs, influençables et ne comprennent pas la tournure des choses. Mais ça, c’est un autre problème.


Une Cour égocentrique


La politique de Labrune pour se mettre les supporters de l’OM dans la poche a toujours été très simple mais aussi très intelligente. À savoir leur vendre des projets ronflants pour les faire espérer. Projet Made in Marseille, projet Dortmund, projet Bielsa, projet NBA, tout ça en 4 ans, rien que ça ! Au final : une addition de fiasco… Mais cela a permis au grand monarque d’assurer sa tranquillité. Même quand cela semblait bien parti comme avec le projet de joueurs issus de la région, Vincent Ier trouve le moyen de dépenser (bien que le club était censé être en période d’austérité à ce moment là…) 40 millions d’euros ! Coup de poker raté, l’OM finira 6ème de Ligue 1 avec un honteux zéro pointé en Ligue des Champions, un licenciement de Elie Baup à l’hiver et de José Anigo en fin de saison. Pourtant, que ce soit chez les supporters ou les médias, c’est le calme plat. Enfin, lorsque la situation s’envenime -comme après le départ de Bielsa- le Roi dégaine sa fameuse carte joker : « la vente du club » ou encore l’éternelle « rencontres avec les supporters ». Un procédé dont on se lasse… Nous y avons encore eu droit après le match contre Lyon. Ces informations parues dans France Football ont rapidement fait oublier les échéances capitales qui arrivent pour l’OM et un mercato des plus insultants lorsqu’on connaît les manques, présents et futurs du club. Plus le temps passe, plus on a l’impression que Vincent 1er et sa Cour sont les seuls gouvernants de la cité phocéenne., avec pour seuls objectifs de protéger leurs intérêts au détriment du club et de l’aspect sportif.

Le sportif n’a jamais été vraiment une priorité que ce soit pour le roi Vincent ou pour la duchesse de Suisse Margarita et son marquis Russe Igor Levin. Comment un club qui se permet de perdre autant d’argent en si peu de temps ne peut voir sa direction remise en cause ? La valeur de l’OM est passé de 160 millions à environ 90 millions en partie à cause des 4 dernières années où les seuls moments forts ont été l’inauguration du nouveau Vélodrome et une défaite dans le meilleur Classique de ces 15 dernières années. Personne ne sait où va l’OM si ce n’est Droit au mur et cela ne semble pas déranger Labrune et MLD.

Les supporters, eux, se réveillent à peine, endormis par les multiples bobards du Roi. Joueurs et entraîneur(s) semblent s’apercevoir de la supercherie. Mais que faire? Les supporters vont bientôt se rendre compte qu’ils ont les mains liées et que la liberté pour laquelle ils se sont battus depuis des décennies n’existe plus. Les groupes de supporters ont une épée de Damoclès au dessus de leurs têtes devant le Roi Vincent qui n’attend qu’une chose : un ultime faux pas pour la faire tomber sur leurs nuques découvertes. On nage en plein cauchemar. Pourtant, c’est la réalité des supporters de l’OM aujourd’hui. Une réalité dictée par un président qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Mais gardons espoir, peut-être qu’un jour la vérité éclatera concernant le roi Vincent 1er et son désir de pouvoir absolu. En attendant, c’est pas demain la veille qu’on aura droit à une Révolution Marseillaise…