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Salam. Bien qu’ayant un accent chantant du Sahel, je suis né en France. Sur certains points, ça aide (j’ai mes papiers). Sur d’autres, un peu moins… Comme beaucoup d’entre vous, j’ai découvert le football au travers de la sélection nationale et du championnat français. Au début ça respirait la ferveur, j’étais insouciant, j’étais heureux. Puis un jour allez savoir pourquoi, moi le jeune grenoblois, j’ai décidé de supporter les Girondins de Bordeaux. Depuis ce jour, ma vie est une décadence perpétuelle. Je pense aujourd’hui avoir explorer toutes les facettes du mot «supporter». Et ça me fatigue…

Mais à qui la faute ?! Aux clubs en bois que je regarde chaque week-end (?) ou bien est-ce la mienne, lorsque dans un élan de passion et de fidélité, je décide de faire l’aller/retour Grenoble-Bordeaux en 22h de bus afin d’aller crier tout mon amour pour un club qui aligne une colonne vertébrale Sané-Yambéré-Chantôme… Qu’ai-je fait pour mériter ça ? Et à tous ceux qui penseraient qu’être bordelais est une fatalité, et bien non. Parce qu’aujourd’hui, pourtant ennemis de toujours, je partage le sentiment de milliers d’aficionados marseillais. Qui eux-mêmes partagent la frustration de la majorité des supporters lyonnais. Qui eux-mêmes… bref, on est tous totalement déconcertés.

Comme un hasard, à l’heure où je tape ces quelques lignes devant un best-of Youtube de Chamakh, Lyonnais et Marseillais se livrent une lutte acharnée pour le ventre mou (où Bordeaux peut retomber à tout moment) pendant que Nice, Caen et Angers se battent pour un ticket en Ligue des Champions, – Pause. Le temps de me mouiller la nuque et on reprend. – ou plutôt pour savoir qui ira concurrencer le LOSC et l’OM en obtenant autant de points en phase de groupes de LDC qu’il y a de joueurs de football à Saint-Étienne, comprenez 0. Fabuleux.

C’est donc ça la Ligue 1? Celle qui m’a toujours fait vibrer depuis ma plus tendre enfance ? Un championnat à sens unique, avec un PSG qui réussit à soulever les autres plus aisément que Giroud une fille sous GHB dans une boite londonienne et 19 clubs de copains qui se demandent s’ils pratiquent le même sport ? (Troyes excelle en twirling bâton, parait-il)

La domination parisienne est telle que le Qatar FC accumule à lui seul plus de points que le total du Sardines Olympique réuni avec celui du FC Lion… Derrière, c’est un bordel sans nom. Quoique l’équation est plutôt simple: Si t’es nul mais que t’es moins mauvais que l’équipe d’en face, tu gagnes. Facile me direz-vous ? Oui sauf que voilà, les différents acteurs de notre chère Ligain sont tous aussi nuls les uns que les autres… A cinq exceptions près, sauvons-les !

  • Paris : Encore plus d’emprise sur la L1 que Kim Jong-Un en a sur la Corée, c’est dire.
  • Nice : La preuve même qu’avec des idées, on peut faire de belles choses… Une harmonie politico-sportive toute trouvée, des Mercato bien pensés, un centre de formation de qualité et une identité de jeu affirmée sont autant de facteurs qui contribuent à la bonne forme de l’aigle niçois. Sur la cote, le vent semble souffler dans le même sens à tous les échelons et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas le cas partout…
  • Caen : Une identité de jeu résolument offensive, des joueurs expérimentés pour encadrer quelques jeunes doués balle au pied, une solidarité à toute épreuve et voilà un petit club de Normandie qui regarde les clubs ayant 3 fois son budget par dessus l’épaule. Mérité.
  • Angers : C’est moche, mais c’est efficace. Un peu comme vos femmes. Et là où les autres sont juste moches, ça suscite une certaine forme de respect… Les promus angevins ont fait de la rigueur une force, et dans une Ligue 1 aussi faible techniquement, la dimension tactique prédomine. Quelques bons joueurs se sont aussi révélés, mais l’important c’est l’équilibre collectif, vous l’avez bien compris.
  • Ajaccio : L’exemple même de l’équipe qui a compris que le Salut passerait par un jeu débridé et une approche plus ou moins audacieuse du football. Beaucoup de solidarité, une certaine quantité de combativité et un brin de la fameuse Grinta corse suffisent au petit poucet du championnat pour faire plus que survivre en L1.

Pour le reste, c’est catastrophique, n’ayons pas peur des mots.

Troyes a une organisation défensive aussi solide qu’une analyse footballistique de Christophe Dugarry au CFC. Toulouse joue encore en violet dans une ville rose, ce qui est fortement réprimé par la brigade du flow. Mais il paraît que c’est autorisé en Ligue 2… Montpellier, Reims, Guingamp et Bastia sont d’un niveau abyssal et doivent s’estimer heureux que les amis troyens aient déjà réservé une place pour la descente depuis bien longtemps. Le LOSC c’est nul comme c’est pas permis mais c’est capable de foutre 5 buts à Bordeaux – c’est dire – et Lorient et Nantes se distinguent plus par la couleur de leurs maillots que par leur capacité à jouer au football. On en vient au trio des grands branleurs que sont l’OL, l’OM et Bordeaux. Tous devraient se battre pour accompagner Paris en Champions League. Mais quand les clubs sont gérés par des gens qui n’ont pas plus d’ambition que ton pote Florian qui te dit qu’une femme moche est plus facile à emballer, tu te retrouves en milieu de tableau. Les Girondins semblent toutefois retrouver des couleurs et de l’ambition en 2016, qui sait. On inclura aussi les Verts de Saint-Étienne qui ne sont pas plus actifs que leur ville toute morne le week-end tout en précisant que l’Aulas FC devrait parvenir à se relever, bien que faire confiance à des coachs de DH et faire de Maxime Gonalons son capitaine freine une marge de progression pourtant toute tracée autour du Parc OL… Il nous reste les deux grands opportunistes de cet exercice 2015/2016, à savoir les Rennais et Monégasques. Les premiers ne sont sûrement pas à leur place, un peu comme les atouts de Salma, mais ont le mérite d’y être. Quant aux joueurs du Rocher, les supporters eux-mêmes se demandent comment ils en sont arrivés là. Jadis requin affamé, c’est aujourd’hui en docile dauphin que Monaco se distingue. A l’image d’une Ligue 1 qui perd peu à peu de son prestige…

Des stades tout neufs à moitié vides, des arbitres dépassés, des joueurs plus que moyens, des coachs sans idées et des dirigeants pas concernés… voilà le menu que nous sert la LFP depuis trop longtemps désormais. Sous l’hégémonie parisienne, tout semble joué d’avance et les clubs ne donnent même plus l’impression de vouloir bousculer quoi que ce soit. Chacun préfère se cantonner dans son petit confort et adopter une politique économique saine face aux dépenses fantaisistes des clubs de la Contrée d’Emma Watson, venus piller notre Ligue 1 tel un champ de ruines tout en profitant du chaos ambiant, dont les différents acteurs du championnat sont les premiers responsables.

Vous l’aurez compris, le football français a changé et la tendance est davantage au déclin. Les meilleurs joueurs du championnat, de plus en plus rares, s’empressent de prendre le premier train vers l’étranger dès que celui-ci de présente (Newcastle, Sunderland, Bournemouth ou destinations exotiques, comprenez paradis fiscaux…)

Avec tout ça, nous on fait quoi ? Et bien mes amis je terminerai en vous conseillant de privilégier votre épanouissement personnel à un Bordeaux-Lille. Et pour ceux qui comme moi sont bien trop amoureux de ce sport, allant jusqu’à accepter de souffrir avec lui, je vous témoigne tout mon soutient. Courage, on est ensemble. Qui sait, peut-être qu’un jour nous retrouverons notre Ligain bien aimée, celle qui a l’ambition de ses moyens et les moyens de ses ambitions…

Remerciements au Diezista @GAnnequin_

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  1. Mouais, article dans l’air du temps, exergue du nostalgisme. Mais nostalgique de quels temps ? Bien entendu le niveau a sacrément baissé mais comme depuis une bonne vingtaine d’années; les clubs de ligue 1 marchent par cycles. La conjoncture fait que cette année des équipes comme lyon,om,bordeaux,lille sont médiocres mais en remontant tout simplement à l’année dernière, on s’extasié du jeu de bielsa et des jeunes pousses lyonnais. Faire un papier c’est cool, seulement sortez de votre posture « d’ancien », « c’était mieux avant », surtout si c’est pour mettre en avant nice et son « super » travail alors qu’ils luttent pour le maintien depuis leur remontée. Ou bien pour parler du jeu « offensif » de caen, ah d’accord tu dois pas regarder leur match, jouer en contre (ils le font à merveille) n’est pas un jeu porté vers l’avant. Bref copie à revoir.

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