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Quel est le point commun entre Manuel Neuer, Mesut Özil, Benedikt Höwedes et Julian Draxler ? Tous sont champions du monde 2014 et tous ont effectué leurs premiers pas dans le monde du football professionnel du côté de Schalke 04. Suite au départ de Draxler pour Wolfsburg, seul le capitaine Höwedes demeure chez les Königsblauen, laissant à une nouvelle génération le champ libre pour régaler le public de la Veltins Arena. Gros plan sur les nouveaux prodiges de Gelsenkirchen.

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La hype de cette saison en Bundesliga est sans aucun doute Leroy Sané. Le dernier joyau issu de la Knappenschmiede (mot barbare donné à la cantera de Schalke) fait constamment le buzz, et ce bien au delà des frontières de son Allemagne natale. En effet, ses excellentes prestations en première partie de saison, de même que ses qualités innées ne semblent laisser personne insensible en Europe. Les rumeurs autour du fils de l’ancien international sénégalais Souleymane Sané ne cessent de se multiplier et risquent d’accompagner la saison du néo international allemand jusqu’au mercato estival.

L’équipe évoquait même un accord avec le FC Barcelone, se basant sur une prétendue clause à hauteur de 37 millions d’euros, inscrite dans son contrat. Un accord qui aura très vite été démenti par la direction du club de la Ruhr, assurant qu’aucune clause ne serait valable lors du prochain marché des transferts. Selon les rumeurs les plus récentes, une clause (de 40 millions d’euros) existerait bel et bien, mais ne s’activerait pas avant l’été 2017. De quoi laisser Schalke en position de force pour d’éventuelles négociations.

Cela ne devrait pour autant guère effrayer l’autre club qui aimerait s’assurer les services du virevoltant ailier. Les tabloïds britanniques affirment en effet que Manchester City serait disposé à investir plus de 50 millions d’euros pour signer Sané, une coquette somme qui pourrait bien faire flancher les responsables allemands, malgré leur volonté affichée de conserver le joueur. Cette piste semble bien plus crédible que celle de Barcelone au vu des sommes déboursées pour Raheem Sterling ou Kevin de Bruyne par le passé, et d’autant plus lorsque l’on connaît l’amour du futur entraîneur de City pour les ailiers techniques et déroutants. Pep Guardiola s’est d’ailleurs ouvertement déclaré fan de Sané, à propos de qui il disait: « c’est un grand talent, félicitations à l’Allemagne ».

Mais Guardiola est loin d’être le seul à se montrer élogieux envers la pépite schalkiste et impressionné par ses qualités. Car si Sané brille avant tout par sa vitesse vertigineuse, son potentiel technique (notamment sa qualité de dribble) et sa précision dans le dernier geste, il est également un élève appliqué et attentif, sans cesse désireux de s’améliorer. Un trait de caractère qui n’a d’ailleurs pas échappé à son entraîneur André Breitenreiter, enthousiaste quant au caractère du jeune joueur : « Leroy réagit immédiatement quand je lui dis quelque chose et montre par la suite de superbes performances à l’entraînement ». En conservant une telle attitude ce n’est plus qu’une question de temps jusqu’à ce qu’il gomme ses quelques défauts (insouciance, comportement défensif) et confirme les immenses espoirs placés en lui.

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Le buzz autour de Sané a également eu pour effet de faire de l’ombre à un autre grand talent de l’académie de Schalke 04, Max Meyer, qui a depuis quelques temps un peu disparu des projecteurs. Au club depuis 2009, Meyer a très tôt été considéré comme l’un des plus grands talents du football allemand. Convoqué en sélection depuis les U15, il s’est pour la première fois révélé au grand public en 2012, lors de l’Euro U17 en Slovénie. L’Allemagne s’est certes inclinée en finale face aux Pays-Bas (4-5 aux tirs au but), mais Meyer a tout de même fini meilleur buteur (avec 3 réalisations) et fait telle impression qu’il a été élu meilleur joueur du tournoi.

A cause de son petit gabarit (1,73m) et de son style de jeu, il a rapidement été comparé à Mario Götze ou même à Lionel Messi. Si la comparaison semble injuste et difficile à assumer pour un gamin de 17 ans, on ne pouvait s’empêcher de déceler des similitudes avec l’ancien numéro 10 de Dortmund. Interrogé à propos de ses qualités il répond : « une bonne maîtrise du ballon, une bonne vision du jeu, de bons dribbles ». Cette description assez simpliste résume pourtant bien le joueur qu’est Max Meyer. Ses qualités techniques développées entre autres au futsal en font un joueur très à l’aise dans les petits espaces, une qualité précieuse à laquelle s’ajoute une bonne compréhension du jeu.

Passé chez les pros sous Jens Keller en 2013, Meyer n’a pas toujours eu la vie facile du côté de Schalke. Les attentes étaient très tôt assez élevées et la concurrence au poste de meneur était rude. Julian Draxler comme Kevin-Prince Boateng (tous deux partis depuis) lorgnaient sur le poste dans l’axe du milieu. Et si Meyer a initialement réussi à s’imposer, les choses se sont compliquées avec l’arrivée de Roberto Di Matteo en octobre 2014. Le feu follet ne jouait d’un coup plus les premiers rôles et montrait des signes d’insatisfaction quant à son temps de jeu. Cela ne l’a cependant pas empêché de qualifier son club pour les huitièmes de finale de ligue des champions grâce à un but décisif contre le NK Maribor.

Les soucis de Meyer semblent être réglés depuis la prise de pouvoir d’André Breitenreiter. Max est presque toujours aligné d’entrée de jeu par l’ancien coach de Paderborn et alterne les matchs en meneur ou sur l’aile gauche. Quant aux rumeurs faisant part d’une irritation du joueur suite à une préparation hivernale non optimale et au recrutement de deux nouveaux milieux offensifs (Younes Belhanda et Alessandro Schöpf) elles ne semblent pas se vérifier. Auteur d’un but et d’une passe décisive lors de la victoire à Darmstadt pour le deuxième match de 2016, Meyer débute l’année dans d’excellentes conditions. Son entente avec Leroy Sané, notamment, semble meilleure que jamais et ne présage que du bon, que ce soit pour Schalke ou pour l’avenir de la Nationalmannschaft.

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Le futur de la sélection allemande c’est aussi Leon Goretzka. Tout comme ses compères Sané et Meyer, le natif de Bochum est un pur produit de la Ruhr et un talent précoce du football allemand. Appelé en sélection dès les U16, il était aux côtés de Meyer et capitaine de l’équipe lors de ce fameux Euro U17 perdu contre les bataves. A 18 ans et après seulement 3 sélections avec les U19, Horst Hrubesch le convoquait pour la première fois en sélection nationale espoir, en vue d’un match face aux Bleuets. Il a depuis également connu sa première sélection en A (toujours aux côtés de Meyer) et a été promu capitaine de l’équipe qui défendra les couleurs de l’Allemagne lors des jeux olympiques de Rio l’été prochain.

Rien d’étonnant pour un joueur que Peter Neururer, son entraîneur au VfL Bochum, décrivait comme Jahrhunderttalent (talent du siècle dans la langue de Goethe) et à propos duquel il disait : « Je n’ai jamais vu un joueur de 18 ans ne serait-ce que s’approchant de son potentiel ». Les louanges peuvent paraître exagérées mais les qualités intrinsèques du jeune homme expliquent cet engouement. En effet, Leon se distingue par des qualités techniques au dessus de la moyenne et un physique costaud, mais avant tout une science tactique et une capacité à lire le jeu remarquables. Le grand dadais qui se voit lui-même comme « une sorte de 8, un mélange entre meneur de jeu et récupérateur » est également très polyvalent et a été régulièrement utilisé sur l’aile par le passé.

Goretzka n’a pourtant ni la pointe de vitesse de Sané ni l’aisance technique de Meyer dans les petits espaces. Tout comme pour son modèle footballistique Toni Kroos (la version bavaroise qui piétinait l’Europe, pas son jumeau maléfique de Madrid) ses points forts se situent ailleurs. C’est grâce à sa présence, son volume de jeu et son intelligence que Leon domine sur le rectangle vert. En atteste le verdict de son entraîneur Breitenreiter qui voit en lui « un joueur formidable » avec un « gros volume de jeu » et qui « se projette bien ». Longtemps éloigné des terrains la saison passée, Goretzka a mis un certain temps avant de retrouver ses sensations. « Au début il était très réticent et n’avait plus confiance en son corps » dit son coach à ce sujet, avant d’ajouter que le métronome schalkiste a depuis énormément progressé dans les duels.

A 20 ans à peine, et malgré le recrutement d’un autre milieu de talent en la personne de Johannes Geis, le patron de l’entrejeu de Schalke 04 est sans conteste Leon Goretzka. Très tôt habitué à prendre ses responsabilités au travers de ses divers capitanats, Leon est un leader naturel, discret en dehors du terrain malgré un flow ravageur, mais montrant constamment l’exemple sur la pelouse. S’il continue cette progression vertigineuse et est épargné par les blessures à l’avenir, la Nationalmannschaft pourrait bien tenir en lui celui qui mènera les Sané, Meyer et toute la nouvelle génération de cracks allemands vers les sommets du football mondial.