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Durant quatre années il fut un joueur de la Roma, aujourd’hui Ricardo Faty nous parle la Roma d’aujourd’hui, d’hier, de Spalletti et même de contours.

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Dernièrement, Gervinho a déclaré que « le limogeage de Garcia était injuste« , qu’en penses-tu ?

Je ne pense pas que le limogeage était injuste. Il a fait trois saisons, il a beaucoup apporté à la Roma, globalement il a fait du bon travail mais il n’arrivait pas à remplir l’objectif principal, remporter le Scudetto.

Plutôt Spalletti ou Garcia ?

Je ne connais pas trop le fonctionnement de Garcia, donc Spalletti. Spalletti est un coach très porté sur la tactique, il aime quand tout se déroule comme il le souhaite. Puis il est énormément dans la gestuelle, il est très expressif.

Tu es arrivé très jeune à Rome, était-ce le bon choix ?

Je n’ai jamais eu la sensation que c’était un mauvais choix, que j’étais arrivé trop tôt. C’est jeune certes, mais je suis venu pour apprendre et faire de mon mieux, et c’est d’ailleurs ce que j’ai fait, j’ai beaucoup appris aux côtés de Luciano Spalletti. Malheureusement, dès la première saison je me suis blessé quelques mois et cela a été difficile. Je pense malgré tout que j’avais les qualités pour jouer à la Roma.

De qui étais-tu le plus proche à Rome ? 

J’étais très proche de Philippe Mexès, à l’époque il m’a très bien accueilli au club. Ensuite il y a eu Jeremy (Menez ndlr.), on venait du même coin de Paris, on avait le même âge, du coup on a tout de suite accroché. Sinon il y avait les brésiliens Julio Sergio et Rodrigo Taddei. Rodrigo c’est vraiment un mec bien, très classe. J’avais de bons rapports avec De Rossi également.

Que conseillerais-tu à un jeune français sollicité par la Roma ?

Je lui dirais d’y aller, surtout avec Spalletti qui est un très bon professeur. Puis la Roma est un bon club, sans être un top club européen, plutôt un sub-top, cela permet aux jeunes d’avoir leur chance. Par contre il y a une grosse atmosphère très pesante et les tifosi sont très exigeants ! Après, chaque cas est particulier. Regarde, Pogba est parti à Manchester United puis à la Juventus où il faut beaucoup travailler, cela devait-être très dur, mais il a réussi. Ousmane Dabo anciennement aussi a eu de la réussite.

Que penses-tu de l’affaire Spalletti/Totti ? 

Je pense que Spalletti a lui-même très bien résumé la chose quand il s’est expliqué. Totti n’est pas au top de sa forme, il est vieillissant donc c’est normal qu’il joue moins, malgré son statut. Je pense que Francesco a été maladroit dans sa sortie médiatique, il n’avait pas de mauvaises intentions. Spalletti l’a traité comme tous les autres joueurs.

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Peux-tu nous parler de l’importance du derby à Rome ?

C’est fou ! J’ai connu des derbys très chauds en Grèce, mais celui de Rome est un derby à part. Ce sont deux clubs qui gagnent peu de titres, du coup tous ces matchs sont abordés et joués comme des finales. C’est le match de la saison, celui qui est le plus important.

Que manque-t-il à la Roma pour remporter le Scudetto ? 

Je pense qu’en fait, lors de la première année de Garcia c’était l’année où ils étaient prêts à le remporter. Malheureusement, ils sont tombés sur une Juventus imbattable, qui est d’ailleurs réputée pour lâcher très peu de points en route. Battre la Juventus en confrontation directe est primordial. Les années suivantes, ils ont manqué de constance. Désormais, je pense qu’ils vont être en phase de transition avec plusieurs arrivées et départs cet été.

Quel est ton meilleur souvenir à Rome ?

La Coupe d’Italie que l’on remporte face à l’Inter en 2007 (6-2 puis 1-2 au retour.) Puis aussi ma première titularisation en Champions League avec la Roma, face à l’Olympiakos où nous avons gagné 1-0. C’est à ce moment là que j’ai compris ce que c’était que de jouer pour la Roma. C’était un kiff.

Tu as beaucoup voyagé durant ta carrière (France, Italie, Allemagne, Grèce, Belgique, Turquie ndlr.) Ça te brancherait de connaître la Premier League et la Liga ?

Oui franchement ! Je suis bien en Turquie, j’ai ma famille, je veux y faire au moins deux ou trois saisons car j’ai trouvé un bon projet et cela m’a amené de la stabilité, mais j’ai beaucoup bougé durant ma carrière, du coup je serais peut-être amené à bouger encore. Attention, je ne dis pas que je vais partir hein (rires). Par contre, ne pas connaître la Premier League serait un regret c’est vrai. Mais j’ai 29 ans, bientôt 30, j’ai encore un peu de temps devant moi. Je compte jouer encore longtemps vu que j’ai commencé à vraiment jouer assez tard, vers 22-23 ans. Je veux jouer encore dix ans si il le faut (rires).

Tu as côtoyé Montella et Panucci qui sont aujourd’hui devenus entraîneurs, devenir coach ça te dit ?

Après ma carrière je veux rester dans le monde du football, pourquoi pas monter quelque chose avec mon petit frère qui est dans le management sportif. Si je dois devenir entraîneur, je ne veux pas entraîner les professionnels, je me vois plutôt entraîner les jeunes, entre 13 et 18 ans. Je me vois plutôt dans le rôle d’éducateur en fait. Le mieux serait d’être éducateur à l’INF Clairefontaine. C’est là-bas que j’ai passé mes plus belles années de footballeur (jeune et professionnel confondus ndlr.)

Qui est le joueur qui t’a le plus impressionné ?

En excluant Totti je dirais Daniele De Rossi. A l’époque, quand je suis arrivé à Rome, je ne le connaissais pas beaucoup, il était encore jeune mais c’était une bête. Il avait tout, le pied droit, le gauche, il allait de l’avant. A l’époque il était moins défensif qu’aujourd’hui.

Florenzi est-il la nouvelle bandiera de la Roma ?

C’est l’impression qu’il me donne. Il montre toujours qu’il a  l’envie, de plus il est assez versatile, il peut jouer a beaucoup de postes. Il a une belle connexion avec la Roma et la tifoseria, et la Roma le lui rend bien. Oui je pense qu’il deviendra une bandiera.

Après la célèbre défaite 7-1 contre Manchester United que s’est-il passé ? 

C’est violent, ça fait mal, très mal. Je me souviens que nous étions trois jeunes assis sur le banc, Aleandro Rosi, Stefano Okaka et moi. Et là Spalletti s’est retourné vers nous et nous a envoyé à l’échauffement. Il nous a fait rentrer pour qu’on puisse « kiffer ».  Puis une fois dans le vestiaire, il y avait un grand froid. Alors Francesco Totti s’est levé et a dit: « Eh les gars, on est vraiment trop nuls » en rigolant, puis il est allé à la douche.

Qui est l’Ultimo Diez selon-toi ?

De ceux qui jouent encore ? Je dirais Özil. Certains diront qu’il est relayeur etc, mais c’est un 10, c’est un joueur qui cherche à faire marquer avant de marquer. Malheureusement, le 10 a peu à peu disparu à cause de certains schémas visant à contrer le 10, comme le 4-3-3 avec la sentinelle. Du coup aujourd’hui les 10 sont des sentinelles. Comme Pirlo ou Thiago Motta, des papys, mais des papys qui ont de très beaux pieds. (rires)

Pour finir, que penses-tu des contours de William Vainqueur ? 

Ah.. ils sont frais ! On dirait qu’il va chez le coiffeur tous les jours. D’ailleurs quand je suis arrivé au Standard, juste après son départ, le coiffeur du club m’a dit qu’il était casse pieds. Il venait tous les trois jours ou au moins une fois par semaine pour qu’on lui refasse les contours. Il veut tout le temps être frais. Mes contours par contre.. (il se met à rire) y a rien, je rafraîchis un peu des fois mais c’est tout

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